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Elodie Cingal/ 06.33.55.39.43

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  • : En tant que psychologue psychothérapeute (N° ADELI 75 93 4781 8), j’ai eu l’occasion de travailler sur différents problèmes et différentes pathologies. Capable de m’intéresser à beaucoup de domaines, j’ai voulu créer un petit blog qui parle de la psychologie en générale et des sujets qui me tiennent à cœur à un moment donné. Téléphone : 06 33 55 39 43
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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 08:18
Famille recomposée et modes de garde

Selon le mode de garde de l’enfant, les parents et l’enfant ne vont pas développer les mêmes forces et donc pouvoir aborder le nouvel amoureux de la même manière. La présentation sera différente et la perception de l’enfant plus ou moins sensible.

Le mode de garde n’est pas la cause unique d’une bonne perception de la relation. Beaucoup se cachent derrière le mode de garde pour justifier que l’enfant est heureux ou non. Ce qui est en jeu dans une séparation du point de vue de l’enfant, c’est la liberté et la spontanéité qu’il aura pour se balader entre les deux mondes. Nous savons tous que l’enfant préfère parfois maman, parfois papa. C’est ainsi que selon son âge, son développement, ses besoins il va chercher chez l’un et/ou l’autre cde qui est nécessaire à sa construction.

Résidence Alternée

La résidence Alternée est la solution la moins pire. Elle permet à l’enfant de se promener dans les deux mondes mais surtout de ne pas avoir le sentiment de léser un parent. L’enfant, grâce à ce mode de garde, a le sentiment de conserver une relation positive avec ses deux parents.

Mais surtout, la résidence alternée permet de rééquilibrer les relations de DEUX parents à l’enfant. Il n’est pas rare qu’un parent prenne plus de place dans l’éducation. Untel travaille plus, celui-ci est plus patient, celle-ci trop sévère. L’enfant, en fonction de ce qu’on lui offre, se sentira plus proche de l’un ou l’autre selon telle ou telle période. La résidence alternée permet au parent moins présent ou moins compétent durant l’union conjugale de se trouver une place et de s’améliorer s’il accepte de se questionner un peu.

L’autre avantage à la résidence alternée est le fait que lorsque les parents sont en guerre, ils ont moins besoin de communiquer. Chaque parent a accès à l’école, aux activités parascolaires, aux médecins, aux copains….etc. Les parents, même se détestant, parviennent à se faire des mails, des sms (froids et désagréables à la lecture) passant l’information. La résidence alternée permet également d’éviter que les parents se croisent devant l’enfant. Souvent l’enfant est déposé à l’école le matin et c’est l’autre qui vient le chercher le soir. L’enfant, ainsi, n’est pas témoin de la guerre parentale. Enfin, la résidence alternée oblige chaque parent à avoir ses propres affaires pour les enfants. Il n’y a donc plus de sac à se transmettre, souvent source de conflits. « Il ne m’a pas rendu les chaussures », « elle a fait exprès d’oublier de me mettre le carnet de correspondance »… Toutes ces petites excuses sont le moyen d’entretenir et de renforcer la guerre, avec… l’enfant au milieu.

Grace à la résidence alternée, l’enfant est mieux protégé de la guerre qui oppose ses parents. Bien sur, aucun mode de garde n’empêchera un parent de disqualifier l’autre et de tenter de saboter la relation enfant/parent. Le fait que la résidence alternée soit mise en place réduit les chances de la réussite du sabotage car l’enfant peut constater chaque semaine la qualité de son parent dénigré.

Enfin, durant sa période de garde, chaque parent dira et montrera bien à son enfant que la semaine sans lui est une semaine riche en activité et vie sociale. La résidence alternée a cet avantage de permettre à l’adulte de recréer une vie complète plus rapidement. En disant à l’enfant la vie sans lui, on le déresponsabilise quant à la qualité de notre vie, notre bien-être. L’enfant part alors chez l’autre parent libre de s’amuser. Parallèlement, on prépare l’enfant à l’arrivée d’une autre personne dans le foyer. L’enfant, en intégrant l’indépendance de son parent et le fait qu’il ne se définit pas que comme parent, entend progressivement la possibilité que son parent se remette en couple.

Droits de Visites et Hébergements chez le père

Je parlerai essentiellement du Droit de Visite et d’Hébergement chez le père. Encore aujourd’hui, même si le père demande une résidence alternée, si elle est refusée par la mère, seul 15% des pères l’obtiendront. Ce sont donc les mères qui, par le biais de la justice, décident du mode de garde.

Dans ce contexte, les conflits de loyauté se développent plus facilement et il est plus difficile pour un enfant d’accepter l’arrivée d’une nouvelle personne dans l’un des deux foyers car il :

  • sera plus réfractaire à l’arrivée d’un homme chez sa mère. Il aura peur que celui-ci ne veuille prendre la place de son père avec qui il a déjà si peu de contact ! Il aura même tendance à culpabiliser de l’apprécier et de prendre du plaisir à jouer ou faire des activités avec lui.
  • sera angoissé à l’arrivée d’une nouvelle femme chez son père. Va-t-elle prendre le peu de place qu’il aura réussi à conserver et à développer durant les 4 jours avec papa ? L’enfant a peur de disparaitre, de perdre de son importance. Il faudra donc le rassurer sur le fait qu’on attend toujours sa visite avec impatience. On la prépare en le projetant en permanence dans des activités avec lui, avec et sans la nouvelle compagne. Par exemple, on lui dit « quand tu reviendras dans 15 jours, nous irons tous les deux, ou tous les trois, au cirque, au ciné, on se fera une soirée foot… ». Bref, on lui dit qu’on a très hâte de le voir revenir, bien sur sans lui insuffler que la vie est dure sans lui. « je suis heureux avec ma nouvelle compagne quand tu n’es pas là, mais je parle beaucoup de toi et j’attend toujours avec impatience ton retour ». On préparera également cette nouvelle compagne au fait que parfois, elle ne sera pas conviée aux activités père/ enfant. Il est important que l’enfant sache qu’il a toujours son espace/temps privilégié avec son papa.
Absence du père

Lors d’une séparation, il arrive qu’un père abandonne son enfant soit par égoïsme soit parce que la situation de séparation/divorce l’a contraint à s’éloigner psychologiquement. J’ai rencontré (rarement) dans mon cabinet des papas qui souffrent tellement de ne pas pouvoir voir leur enfant et/ou d’être accusé à tord qu’ils ne trouvent pas d’autres solutions que de tout arrêter par l’abandon.

Quelque soit la raison de l’abandon, le père existe mais ne veut/peut plus voir l’enfant. Celui-ci croit le plus souvent que papa a choisi de ne pas l’aimer. Afin de se protéger psychiquement, il va développer ou bien une avidité à être aimé par n’importe quelle figure paternelle ou bien un rejet d’un autre du fait d’une idéalisation forte de son père.

Dans les deux cas, l’enfant développe une carence affective et dysfonctionnera dans ses relations présentes et futures. Afin de faciliter le développement de l’enfant et l’acceptation d’un homme dans sa vie, j’encourage toute maman dans cette situation à faire consulter son enfant pour faire effectuer un bilan psychologique.

Cette nouvelle figure paternelle déclenchera forcément de la souffrance, parfois très bien camouflée, et seule une évaluation psychologique et avec un projet thérapeutique (souvent court) permettra de rééduquer l’enfant dans son fonctionnement affectif.

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Published by Elodie CINGAL - dans Ma famille recomposée
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