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Elodie Cingal/ 06.33.55.39.43

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  • : En tant que psychologue psychothérapeute (N° ADELI 75 93 4781 8), j’ai eu l’occasion de travailler sur différents problèmes et différentes pathologies. Capable de m’intéresser à beaucoup de domaines, j’ai voulu créer un petit blog qui parle de la psychologie en générale et des sujets qui me tiennent à cœur à un moment donné. Téléphone : 06 33 55 39 43
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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 08:04
Le père dans l’histoire Versus la montée du féminisme

L'histoire du père est marquée par de nombreuses phases qui nous montrent sa disparition progressive :

L’histoire du père débute par le Code Civil romain avec le Paterfamilias. L’homme - le père - est doté de tous pouvoirs sur sa famille, dont celui de vie et de mort sur ses enfants.

A l’époque féodale, le paterfamilias va se fondre avec l’église. Le père devient encore plus puissant. Le père féodal devient une institution primordiale dans la société. Il est le socle de la société. L’institution de la paternité est encadrée par l’État et par l’Église.

Progressivement, le paterfamilias va diminuer et l’état va lui retirer des droits pour se les accaparer et en transférer à la mère.

Au 18e siècle, le juridique commence à regarder ce qu’il se passe dans le Paterfamilias et légifère de plus en plus :

1790 : abolitions des lettres de cachet qui permettaient aux pères de faire emprisonner son enfant. Institution d’un « tribunal de famille » pour les enfants difficiles. La famille n’est plus une institution sans droit. L’extérieur, le juridique pénètre la sphère intime. Et enfin, abolition de la puissance paternelle

De 1789 (la révolution) à 1801 : abolition du paterfamilias. Destituer le roi revenait à destituer le père.

1804 est l’année déterminante, celle qui définira les prémisses du père d’aujourd’hui. L’enfant ne dépend plus de son père et peut se développer économiquement. Le père ne peut plus déshériter son enfant et il ne peut plus pratiquer son droit d’Aînesse.

En 1889, une loi autorise la justice à « déchoir » de leurs droits les pères reconnus comme indignes.

La loi du 30 octobre 1935 abolit le droit de « correction paternelle ».

1938 : abolition de la « puissance maritale ».

C’est sous le régime de Vichy que s’est posée réellement la question de la paternité – non pas pour lui (re)donner une place mais pour restaurer la notion de la famille. Le père est pointé en tant que responsable des pertes du sens de la famille. Car, en effet, dans les années 50, les hommes protègent et contrôlent la vie familiale alors que les femmes sont à son service. Injustice, que la société va tenter de rééquilibrer de manière accélérée à partir des années 50 en parallèle de la destitution progressive des droits des pères.

1955 : introduction de l’analyse sérologique – pour preuve de non paternité. Le critère de « vérité biologique » entre dans le Droit.

1965 : réforme des régimes matrimoniaux

La loi de 1970 qui « dans le cas des familles naturelles, si l’un et l’autre parent ont reconnu l’enfant, l’autorité est exercée en entier par la mère. L’autorité paternelle devient l’autorité parentale.

La loi du 29 avril 1981 sur le nom des personnes proclame que la transmission du nom du père n’est plus une norme. Le nom de la mère peut suffire ou être associé à celui du père.

Auparavant, le père existait par l’importance accordée à l’institution du mariage. Les fonctions du père sont donc nouées à la personne du mari. Le mariage le désigne comme père. Et ce titre lui confère donc autorité et il devient le garant de l’ordre public et la société est alors patriarcale. C’est dans les années 70 qu’un profond bouleversement se saisit. Le nombre de mariage diminue et les divorces augmentent, entraînants avec eux l’abolition de la puissance paternelle au profit de l’autorité parentale. L’apparition de l’autorité parentale en 1970 rend la tache difficile pour les pères qui ne le sont plus par le lien du mariage. Pour devenir père, il s’agissait de faire une démarche supplémentaire s’ils désiraient la reconnaissance de l’autorité parentale. Beaucoup l’ignorait alors que la mère le faisait automatiquement car elle était informée à la maternité. Elles obtenaient alors d’emblée l’exercice de l’autorité parental. L’exclusion juridique des pères s’expliquent donc par leur méconnaissance de la loi et la lenteur de l’évolution des mentalités. Il aura fallu attendre plusieurs décennies avant que les pères intègrent la notion de reconnaissance de l’autorité parentale.
Si dans les textes, les pères perdent de leurs droits, dans les faits les hommes restent dominants dans toutes les sphères de la vie. De fait, un mouvement sociétal international se durcit, le Féminisme.

L’histoire du féminisme est divisée en trois vagues avec des revendications différentes :

La 1ère vague (du XIXe au début du XXe siècle) : les revendications se rapportent au droit de vote, aux conditions de travail et aux droits à l'éducation pour les femmes et les filles. Le droit de vote des femmes en France est accordé en 1944.

La 2ème vague (1960-1980) dénonce l'inégalité des lois, mais aussi les inégalités culturelles et questionne le rôle de la femme dans la société.

La 3ème vague (1990-2000) est un prolongement de la vague précédente mais elle s’inscrit plus dans une revendication où les femmes sont victimes des hommes.

Des institutions, des organismes nationaux et internationaux voient le jour, par exemple:

  • En 1991, Amnesty International sur les violations des droits fondamentaux des femmes

  • L’UNICEF avec la défense des droits des femmes

  • …etc

Il existe des RENDEZ-VOUS ANNUELS

      • 6 février : Journée internationale contre les mutilations génitales féminines et l’excision.

      • 8 mars : Journée internationale des droits de la femme.

      • 25 novembre : Journée internationale pour l’élimination de la violence à l'encontre des femmes.

En France,

  • En 1972, le Centre National d'Information sur les Droits des Femmes voit le jour

  • En 2007, création du numéro unique, le 3919, pour aider les femmes victimes de violence conjugale

  • En 2010, la prévention des violences faites aux femmes devient grande cause nationale avec des campagnes d’affichage massives dans tout le pays

  • Loi du 9 juillet 2010 relative aux violences faites spécifiquement aux femmes, aux violences au sein des couples et aux incidences de ces dernières sur les enfants

  • 2012 à aujourd’hui, sous le mandat de François Hollande, création du ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes avec une page internet dédiée aux femmes : http://femmes.gouv.fr/

Alors que les hommes perdaient progressivement de leur droit en tant que père, naissait parallèlement le féminisme et le combat, nécessaire, des violences faites aux femmes. On voit progressivement apparaître l’image de l’homme prédateur face à la femme fragile. Comme le disait Elisabeth Badiner dans « XY de l’identité masculine, l’homme est associé à « prendre, pénétrer, dominer et s’affirmer, si nécessaire par la force », et la femme est associée à « être possédée, docile, passive et soumise ».

De cet image de l’homme prédateur en découle une approche du père, père incompétent, voire défaillant si ce n’est néfaste ; mauvais père, père alcoolique père violent, père abandonnique, père incestueux,…

Elisabeth Badinter, interviewée dans le Marianne.net le 21 janvier 2016 au sujet de la réaction des féministes face aux femmes violées à Colonne insiste sur le fait « … que le féminisme, depuis une dizaine d'années, a pour principal objet, pour leitmotiv même, la lutte contre les violences faites aux femmes, ici, en France ». Ce nouveau féminisme induit donc l’idée que l’homme est la cause de la condition des femmes et donc de celle des enfants et des familles.

Les professionnels de l’enfance, déjà formés et marqués par des théories de la petite enfance qui « excluent le père », se voient prendre le relais sur le mauvais père.

Dans « l’amour en plus », E. Badiner nous montre comment les professionnels de l’enfance s’intéressent de plus en plus au père dès lors qu’il s’agit d’expliquer l’enfant délinquant, victime ou démuni. Au départ, les psychiatres, pédopsychiatres, assistantes sociales, éducateurs se focalisent sur l’absence du père puis de plus en plus sur l’idée que le père est nocif par sa violence.

On ne trouve pas dans les commissariats d’affiches de « violences intrafamiliales », ni de « violences faites aux hommes » alors qu’en 2013, 25 hommes mouraient sous les coups de leurs femmes. Une vidéo virale faite par l’association anglaise "Mankind Initiative" (https://www.youtube.com/watch?v=SzfLVyNHJgQ) montrait que lorsqu’une femme était agressée par son compagnon dans la rue, les passants intervenaient. Mais lorsqu’un homme se faisait agresser par sa femme, les passants souriaient, moqueur, ou s’éloignaient.

La violence n’est jamais présentée dans son intégralité. Elle est toujours amenée sous l’angle de la violence sur les femmes par les hommes. On méconnaît ou ignore la violence des femmes, des mères, des enfants, des personnes âgées, des handicapés. On ne parle que de celles des hommes.

En conclusion, l’homme n’a jamais pu être un père, soit despote au passé, soit maltraitant dans l’imaginaire d’aujourd’hui.

Nous continuons à percevoir les pères selon cette représentation et on en est à se questionner sur ce qu’est un père ? Un géniteur, un éducateur, un père légal ? La psychologie, principalement d'orientation psychanalytique n'aide pas les pères à trouver une place

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28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 11:19
Pourquoi parfois c’est si difficile d’aimer après une séparation /Divorce !!

En tant que psychologue spécialisée (entre autres) dans les séparations / divorces, j’ai la chance de voir des individus, au départ meurtris, retrouver du plaisir à la vie. Normalement, malgré la grande douleur qu’entraine une séparation, chacun s’en remet, plus ou moins vite, mais chacun s’en remet.

Cependant, j’ai constaté que redonner sa confiance à quelqu’un après une séparation est difficile. C’est le cas de cette femme très amoureuse qui après 15 ans de concubinage rencontre un homme et qui fait tout pour ne pas s’investir. Ou encore le cas de celle-ci qui a aimé les enfants de son ex pendant dix ans qui freine l’engagement parce que son nouveau a deux enfants. Et cet homme, en résidence alternée, bien qu’amoureux, qui ne veut pas aménager avec sa nouvelle. Il y a aussi celui qui consomme sur les sites mais qui ne revoit jamais ses conquêtes.

La peur d’aimer à nouveau peut prendre toutes les formes.

La première fois que l’on se met en couple - un couple qui s’installe dans l’engagement (mariage, PACS, enfants, aménagement commun, achat de logement…) - on est naïf. On pense avec des paillettes dans les yeux. Même si l’on sait avec sa tête que plus rien ne dure, même si on est cynique, on pense avec son cœur, avec l’espoir que l’on est mieux que les autres.
Alors, face à cette page blanche, on se lance sans parachute. Et la chute arrive !!

La chute est d’autant plus douloureuse qu’elle est proportionnelle à l’engagement émotionnel et psychique à l’autre. Dans cette chute, je réactive ou créer des angoisses : angoisse liée à l’intimité, angoisse d’abandon, angoisse de dévoration…

Alors, quand je rencontre à nouveau, je perçois la relation à travers ces angoisses. Je filtre, j’analyse, je scanne tout selon mes angoisses.

Prenons le cas de cette femme qui freine la relation avec son nouveau compagnon. Elle a été l’infirmière de son ex. Au moment de la rupture, elle a compris qu’elle s’était sacrifiée pour se mettre au service de son compagnon, incompétent en amour. Elle a peur aujourd’hui d’être à nouveau envahie. Elle regarde chaque signe qui pourrait lui indiquer qu’elle risque d’être « dévorée » par son nouveau compagnon. Elle ne regarde pas combien il est présent, aimant, autonome et indépendant. Elle voit les fois où il lui demande quelque chose, les fois où il n’arrive pas à accomplir une tache ou une qualité. Alors, elle le tient à distance. Elle se dit qu’elle va répéter l’histoire.

Ou cet homme qui ne veut pas vivre avec une femme à nouveau. Cet homme, ce père se cache souvent derrière sa paternité pour justifier ses réticences. Il explique à sa nouvelle compagne qu’il ne veut pas ajouter à la peine de son enfant qui a déjà vécu une séparation. En réalité, il s’agit plus d’un homme qui surinvestit sa relation à son enfant parce que cette relation est viable et pérenne quand celle à une femme est fragile. Il fait en réalité face à ses angoisses d’abandon.

Et enfin, celui-ci qui consomme n’est jamais face à ses angoisses liées à l’intimité. Il fait du sexe mais ne créer pas d’intimité psychique avec une autre. Ses angoisses ne sont pas activées.

Alors comment faire ? Simplement en luttant. Il faut commencer par identifier quel type d’angoisse on réactive/créé et trouver comment les contrer (avec un psychologue, c’est plus simple et plus rapide et il faut bien qu’on serve à de belles choses aussi J). L’angoisse est du chiendent, une sorte de substance psychique qui envahit tout et qui prend le contrôle sur les émotions mais aussi sur la capacité à analyser les situations. L’angoisse est autonome et se nourrit de tout et n’importe quoi. Seul un vrai travail avec une discipline peut la canaliser.

Il arrive, heureusement, qu’avec de la patience et une jolie bienveillance du nouveau partenaire, l’angoisse finisse par diminuer, voire disparaitre. Mais, cela prend du temps et met en danger cette nouvelle relation.

Cependant, quand on la dépasse dans une nouvelle relation, celle-ci est plus forte, plus sincère et plus pérenne !

Photo : http://onesttousdifferents.skyrock.com/3177028249-Avec-mon-copain-nous-formons-un-couple-mixte.html
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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 07:52

La jalousie est une émotion inévitable et ressentie par tous, sans exception et à n’importe quel moment de sa vie. La jalousie a très mauvaise presse, considérée comme un sentiment entrainant des comportements destructeurs et envahissants. La jalousie est une émotion qui donne honte à la personne qui la ressent et qui repousse la personne qui la subit.

Pourtant la jalousie peut avoir une fonction bénéfique, celle d’alerte. Parfois, la jalousie qui nait n’est pas infondée et vient soulever un problème qui nécessite d’être réglé. Un adultère réel, une insécurité profonde, une prise de distance de l’être aimé, un enfant qui se détache de soi et qui se rapproche de l’autre parent, un collaborateur qui rafle tous les contrats … Au fond, la jalousie peut permettre de comprendre quelque chose d’important si on s’en donne un peu les moyens.

Il existe selon moi deux types de jalousie, celle normale et celle pathologique, celle qui est fondée sur des faits objectifs et celle qui est « délirante ».

La jalousie consiste en des pensées et sentiments négatifs d'insécurité, de peur et d'anxiété concernant l’idée de perde quelque chose ou quelqu’un. Il s’agit bien de L’IDEE anticipée de perdre et non la perte elle-même. Or, cette idée que l’on va perdre peut être réellement fondée ou au contraire imaginée.

Par exemple, un patient me racontait que sa compagne lui avait fait une crise violente parce qu’un jour d’été il s’était promené, torse nu, avec elle dans un parc. Elle l’accusait de vouloir séduire des femmes pour pouvoir la quitter.

Autre exemple, une patiente s’inquiète de ne plus avoir de nouvelle de son compagnon avec qui elle sort depuis deux mois. Elle enquête en cherchant à savoir s’il a un problème et celui-ci se referme encore plus. Ce compagnon travaille avec une femme avec qui il a déjà eu des relations sexuelles deux mois auparavant.

Les deux individus de ces exemples vivent tous les deux un mélange d'émotions comme la peur, la colère, la tristesse, la frustration et le mépris. Chacun ressent sincèrement des angoisses. Cependant, l’un est pris par une jalousie pathologique et pas l’autre. Le 1er exemple est infondé. C’est le jaloux qui prête des intentions à son compagnon quand il retire son tee-shirt. Il s’imagine que celui-ci, en démontrant ses caractères attractifs, pourra lui échapper. Le second exemple est fondé car réellement l’autre a rompu avec les habitudes du couple (bien que jeune) et se referme quand elle demande une explication.

Les deux jalousies, normale et pathologique, nous alertent, nous permettent de comprendre que quelque chose cloche. La difficulté est de comprendre, mentaliser son origine. Cette origine est très importante car elle permet de préserver l’autre, celui qui la subit.

Le jaloux, pathologique ou non, tend à développer de la frustration qui se manifestera par de l’agressivité ou du repli, de la menace de retrait d’amour, du dégout…. Bref, le jaloux ne se montre pas agréable. Il fait payer à l’autre son sentiment négatif. Or, lorsque la jalousie est normale et donc un élément d’alerte, elle a du sens et cela peut permettre de soulever et régler un problème.

Mais lorsque la jalousie est pathologique, c’est-à-dire lorsqu’elle ne repose sur rien d’autre que ses propres peurs, ses propres fantasmes, elle devient nocive car irréaliste pour l’autre et pour la relation.

La jalousie est une problématique liée à l’attachement. La personne jalouse n’a pas de fondations sécures. Cette personne a appris à se méfier, à voir tous les dangers potentiels et à réagir en amont. Elle n’attend pas de vérifier pour ressentir la douleur liée à la peur d’être trahi ou de perdre l’autre. Elle ressent dans l’instant, dans sa chair, cette angoisse envahissante. Le jaloux est en douleur permanente et sans le vouloir réellement happe l’autre dans sa noirceur.

L’objet d’attachement du jaloux pathologique aura beau tenter de le rassurer, lui prouver son amour, il échouera. Le jaloux ne peut être rassuré par l’autre car ses angoisses ne lui permettent plus d’analyser les situations avec objectivité. Ses angoisses transforment sa perception et analyse des situations. La victime du jaloux est donc impuissante. Seule une thérapie individuelle basée sur les fondations insécures du jaloux lui permettra de se soigner.

Malheureusement (et heureusement car c’est une émotion nocive) la société juge durement les jaloux. De ce fait, les jaloux nient l’être et se privent alors de la possibilité de se soigner. Ils accusent avec force leur partenaire de les provoquer. C’est la spirale infernale.

Image : http://www.google.fr/imgres?imgurl=http%3A%2F%2Fwww.adoweb.be%2Fwp-content%2Fuploads%2F2012%2F08%2Fjalousie.jpg&imgrefurl=http%3A%2F%2Fwww.adoweb.be%2F%3Fpage_id%3D886&h=1065&w=1015&tbnid=f4cvoOst7jRUPM%3A&zoom=1&docid=EOKO1SM_t58LlM&hl=fr&ei=X1LXU7KGMuWd0QW5roFY&tbm=isch&iact=rc&uact=3&dur=8016&page=1&start=0&ndsp=40&ved=0CG4QrQMwFg​
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27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 09:21
L'adultère

Aujourd’hui, chacun peut composer sa vie amoureuse comme il l’entend. Se marier ou pas, se pacser ou pas, divorcer ou non, se recomposer, être exclusif ou non, être libertin, … plus personne n’est choqué par les décisions de chacun tant que cela est assumé dans le couple. Cependant, sous cette apparente ouverture d’esprit, la morale de la société se durcit. Nous l’avons vu à travers le débat sur le mariage pour tous et la nouvelle loi de la famille. Il est compliqué pour un couple de se trouver dans un climat contradictoire de permissivité individuelle et conjugale et de moralisation sociétale.

Le couple s’en trouve décontenancé et se perd de plus en plus dans ces méandres. Il rêve, s’imagine qu’avec la liberté de composer son couple comme il l’entend, il réussira forcément. Mais c’est sans compter sur la pression de la société, des tabous re-naissants, que ce couple va de plus en plus se complexifier. L’idéal conjugal est dorénavant constitué de normes complexes.

L’adultère, qui a toujours existé, et qui était dénoncé juridiquement par un divorce pour faute il y a des années, a toute liberté de s’exprimer aujourd’hui. Pour conséquence, une augmentation considérable de l’infidélité et majoritairement celle féminine.

Auparavant, on se battait et on restait ensemble au nom de l’institution du mariage et de la famille. Aujourd’hui, on est ensemble pour son épanouissement personnel. Il est donc facile d’être tenté et de succomber à toutes ses envies dont celle d’aller vers un (e) autre. La tentation est d’autant plus forte que l’on reste accroché au mythe de la rencontre, rencontre qui fait que l’amour est aveugle, et que l’on ne parvient pas à intégrer l’évolution normal du couple.

Qu’est ce que l’infidélité ?

Chacun ne se sent pas trompé de la même manière. Certains considèrent que penser à un(e) autre est déjà tromper, d’autre pense que seul le passage à l’acte compte.

De manière générale, les femmes considèrent que le passage à l’acte, soit un rapport sexuel, c’est tromper. Les hommes, de leur coté, sont plus sensibles et se sentent trompés dès que la femme regarde un autre homme ou pire flirte.

La perception de l’adultère est différente également selon qu’on est celui qui trompe que celui qui est trompé. On pense toujours que lorsque l’on est le responsable c’est moins grave. Le fait même de pouvoir identifier l’émotion liée à l’infidélité rend l’acte plus anodin. Or, celui qui le subit, y met des données imaginaires toujours plus dramatiques, des intentions plus amoureuses.

Pourquoi sommes-nous infidèles ?

Certains se laissent aller à leurs pulsions quand d’autres sont plus raisonnables et se posent la question de l’enjeu dans l’adultère. Pour faire simple, certains parviennent à prendre en compte ce qu’ils risquent de perdre en étant infidèle et d’autres pas.

Les amoureux de l’amour : Il est inévitable de voir la relation de couple évoluer. Au départ, fusionnelle et passionnelle, elle se transforme progressivement en un attachement fort et profond. Les émotions, pas forcément moins sincères, sont moins excitantes. La majorité des gens aiment cette transformation mais certains, plus amoureux du sentiment amoureux que de la personne le vivent comme une perte. Ces individus sont plus sujets à l’infidélité. Ils recherchent en permanence l’enthousiasme de la rencontre, l’adrénaline de la séduction. Ce sont aussi des sujets qui, faute de s’attacher, papillonnent et changent de partenaires très rapidement et régulièrement.

La routine amoureuse : Une fois que l’on se connait et que l’on a construit sa relation sexuelle, on tend à la recommencer de manière un peu répétitive. Malheureusement avec le temps, on peut avoir un sentiment d’ennui. On s’aime encore mais on ne sait plus comment se le dire autrement. On imagine même que si l’on pointe ce défaut d’excitation à l’autre, cela va le heurter. Alors on se tait et on se repli. On devient alors vulnérable. Le regard d’un autre peut prendre une intensité disproportionnée et on peut confondre attirance sexuelle avec désamour conjugal. Il arrive donc que l’usure sexuelle fasse passer à l’acte alors même que l’on aime encore son/sa partenaire.

La curiosité : Selon que l’on a eu plusieurs partenaires sexuels ou non, on peut avoir envie d’étancher sa curiosité. Même si l’on est satisfait de sa sexualité, on peut se demander si c’est mieux ailleurs ?

Les deux derniers points laissent souvent l’infidèle déçu et amer. Il réalise qu’il aime encore son/sa partenaire et se retrouve penaud et culpabilisé. L’idée, dans ces deux cas, est donc d’en tirer profit en renouant avec son amoureux(e) et en développant à nouveau une relation plus stimulante.

Le nouveau parent : contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas que les pères qui courent se réfugier dans les bras d’une autre pour compenser les conséquences de la parentalité. Les femmes aussi vont vérifier après leur grossesse et nouvelle maternité qu’elles sont toujours séduisantes en tant que femme. Dans la parentalité, on est débordé par ses émotions mais aussi dans sa disponibilité. Il n’est pas toujours facile pour un individu de comprendre qu’il est pendant un temps un parent avant d’être un individu sexué. Ces personnes fragilisées par la parentalité ont tendance à paniquer et à chercher rapidement une échappatoire. Malheureusement, beaucoup de couple se sépare à cause de cette panique et impatience.

L’accident : une belle soirée d’été alcoolisée, les tenues sont légères, l’ambiance électrique et le contexte le permet. Et hop, c’est le dérapage, l’accident. On pense tous que cela n’arrive qu’aux autres, que la ligne de conduite que l’on s’était fixée suffira à cadrer. Or, il n’en est rien. Le dérapage est humain.

Le gout de l’interdit : Quoi de mieux que d’avoir une relation adultère pour se sentir vivant. C’est justement dans les conduites à risque, la transgression que l’on se sent exister, vu. Certains ne trompent que pour l’interdit, que pour le plaisir de se dire capable de braver la loi. L’objet de désir n’est pas une personne mais l’adrénaline liée à la transgression.

La représaille que j’apparenterais à la bêtise humaine. Tu m’as fait mal alors je vais te le faire payer. Cela ne présage jamais rien de bon, uniquement un cercle vicieux de haine.

En conclusion, ce n’est pas forcément le couple qui est en cause dans l’adultère. Cela peut être un problème avec soi-même, avec l’idée que l’on a de l’amour, l’excitation sexuelle, une bouffée d’air frais par rapport à son quotidien….

Faut-il avouer l’adultère ?

Je dirai que chacun doit faire en fonction de sa personnalité et des enjeux de son histoire. Il s’agit de se poser les bonnes questions.

  • Quel type d’adultère ? Une relation longue et installée avec un(e) personne que j’aime ou c’était un accident ?
  • Quelle a été l’investissement amoureux ?
  • Qu’ai-je à perdre ? Un(e) partenaire que j’aime toujours ?
  • Est-ce approprié de partager ma culpabilité avec l’autre ? Qu’est ce que cela impactera sur lui / elle ?
  • Quel effet aura mon aveu ? Quel risque sur notre relation au quotidien ?

Si la décision est faite de dévoiler l’adultère et qu’elle ne donne pas lieu à une rupture, on peut tenter de voir cet acte douloureux comme un moyen de se rapprocher. L’adultère donnera lieu à une crise qui, si elle est surmontée, pourra enrichir la relation. L’infidèle et sa victime vont se parler et exprimer leur doute, leur rancune, leur ras le bol…. Et cela aura pour effet de remettre à zéro tout ce qui a été refoulé. De nouvelles règles naissent, plus matures, plus adaptées aux contraintes de la vie de couple.

Un adultère ne doit donc pas être forcément un motif de rupture mais une occasion de savoir ce que l’on veut faire de ce couple. Pour cela, il faut évidement mettre de coté son orgueil, sa honte et toutes les émotions passionnées qui apparaissent immédiatement après l’annonce.

Il ne faut donc jamais prendre de décision immédiatement mais se laisser le temps de digérer, comprendre.

Image : http://www.toutlecine.com/film/0037/00376894-adultere-mode-d-emploi.html
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19 juin 2014 4 19 /06 /juin /2014 09:09
Etre parent solo et refaire sa vie quand l’autre parent est décédé!

Etre parent solo est déjà une épreuve en soi ! Mais l’être alors que l’autre parent est décédé devient insoutenable. Le décès de l’autre parent est évidement subi et plonge les enfants et soi-même dans une forme de sidération et d’effroi.

Malgré le temps qui passe, la blessure qui diminue, certaines angoisses demeurent et l’organisation de sa vie devient compliquée.

Etre parent solo suite au décès de l’autre parent, c’est être en charge TOUS les jours de son enfant et de toutes les contraintes liées à l’organisation de sa vie. Il n’y a pas de week-ends sur deux ou de soirées de répit. Il est difficile de rencontrer quelqu’un lorsque l’on n’a aucun moment pour soi. On peut compter sur la belle famille, mais il arrive (trop souvent malheureusement) que celle-ci déserte. On peut compter sur sa propre famille, mais déjà faut-il qu’elle soit géographiquement à proximité. Il est donc compliqué de s’aménager des moments pour rencontrer. Cette logistique infernale vient renforcer les angoisses et les habitudes prises immédiatement après le décès du parent.

1/ On se demande souvent s’il est bon pour l’enfant de voir sa maman ou son papa se remettre en couple ? Cet enfant qui a déjà subi la perte pourra-t-il supporter un nouveau changement dans son organisation familiale ?

Oui ! Il le pourra et c’est même bon pour lui que son parent veuf (ve) puisse aller chercher du réconfort auprès d’une autre personne. Tout d’abord, un parent accompagné est un meilleur parent ! Dès lors qu’il est heureux dans son couple, il transmet à son enfant les bons messages, ceux de la complicité, de la tendresse, du respect, de la bonne gestion des évènements et du stress occasionné, …. Alors qu’un parent seul tend à culpabiliser, à être débordé. L’enfant peut se donner la mission de soulager le parent solo et tente de se conformer à ce qu’il pense le moins pesant pour ce parent.

Bien évidement, être parent solo n’est pas un mal en soi. On peut être un parent solo et un bon parent. Il ne s’agit pas ici de culpabiliser les parents solos, il est question de s’autoriser à être à nouveau en couple si la rencontre l’a permis.

2/ Un parent solo a tendance à fusionner avec son ou l’un de ses enfants. Le fait de rencontrer quelqu’un permet de rendre à l’enfant sa place d’enfant et de respirer à nouveau. La fusion, qui est un processus normal entre un parent et son enfant, suite au deuil, doit à un moment disparaitre. Il est bon pour l’enfant et le parent qu’ils puissent chacun reprendre leur place. Cela ne se fera pas sans mal. Les réticences, d’ailleurs, ne viendront pas forcément de l’enfant. Elles peuvent venir de l’adulte qui se sent responsable de maintenir avec l’enfant cette place consolatrice de l’absence du parent décédé.

3/ Refaire sa vie n’est pas remplacer le parent décédé !! Il arrive que l’on ne veuille pas présenter quelqu’un à son enfant de peur que celui-ci ne pense qu’on veut remplacer son parent décédé par un(e) autre. Or, il n’est est rien ! Si l’on ne doit pas créer un culte du parent décédé, on ne doit pas non plus l’annuler. Le parent décédé existe et existera toujours. Il a sa place de parent et reste constitutif du développement de l’enfant. L’enfant acceptera plus facilement cet(te) autre si vous ne parlez pas de beau-parent au départ mais d’amoureux. Il sera même surement heureux de l’arrivée de cet amoureux s’il entend que son parent décédé conserve une place dans votre cœur et le sien. Parler du parent décédé au présent, dire ce qu’il aurait souhaité comme éducation pour son enfant. Quoiqu’il arrive, dans la famille recomposée, le beau-parent ne doit jamais arriver en conquérant et imposer sa loi. Il doit tenter de se faire à la dynamique préexistante. Pour résumer, il ne doit jamais être une menace pour le parent absent (séparation ou décès).

4/ Cela permet de démystifier le parent décédé. Tant que l’on est un parent seul, on tend à parler et à rappeler à l’enfant qui était l’autre parent. Cela est bien évidement nécessaire et constructif pour l’enfant et soi. Mais il arrive que cette mémoire de l’autre cache un besoin viscéral de le faire revivre encore et encore. L’enfant, par la force des choses, finit par « encenser » son parent absent. Il en développe une admiration qui l’emprisonne dans une image irréelle. Alors, l’enfant peut vivre sa vie d’enfant puis d’adulte à travers cette image admirative et fantasmée de ce parent. Le fait de donner à l’enfant un beau-parent peut permettre à l’enfant de se concentrer sur ce qu’il vit là et maintenant. Le mythe du parent absent perdure mais reprend progressivement une place équilibrée. C’est à travers le conflit dans la famille recomposée que l’on pourra comprendre que l’enfant résiste et ne peut accepter de perdre une seconde fois son parent. Il faut alors aller consulter pour son bien mais aussi pour favoriser la réussite de la recomposition familiale.

5/ La fratrie souffre différemment et aucun ne peut trouver une place satisfaisante. Lorsqu’un parent est triste, l’enfant tend à vouloir s’en occuper, le réconforter. Pour cela, il met en place des stratégies d’adaptation - se faire tout petit pour ne pas ajouter de problème, prendre en charge des taches d’adulte, devenir le confident du parent, ….etc. Il est évident que si l’un des enfants prend de la place auprès du parent, l’autre va s’effacer ou s’imposer. On retrouve alors des rivalités entre fratrie. Durant la période de deuil, le parent qui reste ne fait que ce qu’il peut. Il est en proie à la dépression et doit tenir pour les enfants. Durant cette période s’installe alors un fonctionnement qui peut être difficile pour les enfants. Lorsqu’un beau-parent entre dans la vie des enfants, chacun peut alors reprendre sa place. Le parent, allant mieux, peut redevenir un parent. Les enfants, confiant de voir leur parent plus solide, peuvent retrouver leur innocence. Parce qu’ils ont à nouveau chacun une place équilibré, ils peuvent à nouveau se faire confiance dans la fratrie. Une fois de plus, si des conflits s’installent dans cette recomposition, c’est que les enfants sont en insécurité et qu’ils peuvent avoir besoin d’aller voir un psy pour accepter ces changements.

De manière générale, les enfants se réjouissent que leur parent célibataire rencontre quelqu’un. Lorsque ce n’est pas le cas, c’est qu’il a une insécurité plus ou moins accessible. Dans le contexte où l’enfant a perdu l’un de ses parents, il a fait réellement face à l’imprévisible et à la perte. Il est forcément fragile et a besoin de stabilité de manière presque rigide. Lorsque son parent rencontre un(e) amoureux(se), c’est alors un nouveau changement, quelque chose qu’il ne peut contrôler. Le fait de se remettre en couple peut justement l’aider car cela permet d’identifier que l’enfant a su cacher sa détresse. La remise en couple est une excellente alerte et permet donc de mieux aider son enfant.

Image :  Illustration Séverine Carreau / secarr@free.fr
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4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 08:48
Refaire sa vie suite au décès de son amoureux (se)

Subir le décès de la personne que l’on aime est une épreuve violente et imprévisible. Elle s’impose à vous sans que vous n’en soyez préparé, sans que vous ne puissiez anticiper. Le décès est une intrusion psychique d’une rare violence. Elle créé un état de sidération et d’incompréhension.

Beaucoup écrivent sur le processus de deuil, sur ses étapes, parfois 5 parfois 7 selon les auteurs, mais peu aide après cette période de deuil. Je ne reviendrai donc pas sur cette période durant laquelle il est inconcevable de refaire sa vie. Il est même violent de se l’imaginer.

Cet article s’adresse à ces hommes et ces femmes qui se sentent prêts à reconstruire une nouvelle histoire.

Le deuil est un processus évolutif. Après une période plus ou moins longue de douleur, de repli, de colère, de dégout, de détresse – de débordement émotionnel ou d’un état dépressif – on se surprend à avoir à nouveau envie de vivre. Au départ, la dépression (normalement et justement) consécutive au décès, est comme une façon d’être loyale à celui qui est parti, celui que l’on a aimé et que l’on continue à aimer. Revivre, c’est comme trahir cet être aimé parti trop tôt.

Cette forme de loyauté reste malgré le gout à la vie qui revient. On n’ose pas s’autoriser à aimer à nouveau, à se laisser vivre. On reste comme figé dans ce passé, comme attaché au souvenir de cet amour. Même si en apparence, on parvient à donner le change, on tend à culpabiliser à reprendre gout à la vie. Il faut réussir à dépasser ce sentiment, commencer par identifier que vous êtes toujours en vie, et rien ni personne n’attend de vous que vous restiez dans ce deuil.

Dun point de vue amoureux, il est difficile pour un(e) veuf(ve) de s’aventurer dans une nouvelle relation. Tout d’abord pour des raisons simples et pratiques. Avant le décès de l’aimé(e), il y a eu une période plus ou moins longue où l’on a été en relation. Puis le décès est survenu avec cette période de deuil. Il peut donc se passer des années entre la rencontre de l’être aimé et le moment où l’on est à nouveau capable d’aimer. Le « célibataire » est donc perdu dans le jeu amoureux, il n’a plus les codes de la séduction. Comment fait-on pour « draguer » ? Comment fait-on pour rencontrer ? Est-ce que je sais encore faire ?

Quelque soient la raison du célibat et sa durée, personne ne sait plus comment faire. Personne n’a confiance en soi. On est comme un ado qui découvre la vie. Il faut alors tenter de regarder cette expérience de séduction comme une nouvelle aventure, un apprentissage qui aura son lot de positif et négatif.

Evidement suite à un décès, on a peur d’aimer à nouveau. On se dit, consciemment ou non, que l’on pourrait à nouveau tout perdre, que l’on pourrait à nouveau souffrir. Pour vous, cela n’est pas abstrait, c’est réel, c’est subit, c’est inscrit dans votre chair. C’est vrai ! Vous pourriez souffrir à nouveau. Mais cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas prendre le risque de vivre. La vie est un perpétuel risque dans lequel on tente de conjurer l’imprévisible. Vous avez subi cet imprévisible et ses conséquences, mais cela au fond vous a peut être rendu plus compétent à aimer, à apprécier chaque moment de la vie. Vous êtes peut être plus apte au bonheur aujourd’hui. Prendre le risque d’aimer à nouveau en goutant chaque instant avec l’autre.

Durant cette période de deuil, on a souvent subit l’isolement et la solitude. Le repli a pour fonction de conserver son énergie pour gérer les débordements émotionnels mais aussi pour protéger l’autre de l’état pesant dans lequel on est. Malheureusement, lorsque l’on sort de sa période de deuil, on fait parfois le constat de l’isolement. On fait également le constat que l’on s’est installé dans des habitudes qui ne sont pas compatibles avec une ouverture sur le monde. On doit alors (encore !!) se faire violence pour s’ouvrir. On doit trouver des solutions pratiques pour rencontrer, pour accueillir le désir de l’autre, désir de partager, …. Ces habitudes ont la peau dure et tendent à renforcer la peur de retourner dans la vie. Il ne s’agit pas de s’y précipiter, mais bien au contraire d’y aller progressivement et de constater qu’en réalité, on n’est pas en danger. Après cette période douloureuse, cette période où on a subi tant de douleur, on a peur de ne pas pouvoir s’échapper de situations difficiles. Or ces situations sont souvent imaginées. Par exemple, si j’accepte d’aller au restaurant avec cet homme et que je me rends compte au moment du dessert que je ne suis pas prête, comment faire ? J’imagine combien la situation sera compliquée. Alors, du coup, je refuse l’invitation. Il faut donc contrer ses peurs par l’ACTION, c’est qui permet de constater qu’en réalité il n’y a pas de danger, que l’on peut s’échapper. Mais surtout, cela permet de regoûter à la vie et de réaliser que l’on est vivant, … que cela se passe bien ou mal. L’action, c’est justement de prendre des risques. C’est accepter une invitation, c’est recommencer à s’habiller et se maquiller, c’est reprendre le sport ou la musique… L’action, c’est se mettre en situation de vivre malgré la peur de perdre à nouveau.

Pour cela, il suffit de se concentrer sur le présent et sur le plaisir de l’interaction. Les angoisses sont souvent le fruit du passé qui détermine l’approche du futur. Concentrez-vous sur ce que vous vivez là et maintenant.

Enfin, il est évident que vous ne rencontrerez pas d’emblée la bonne personne. Cela va décourager, questionner. Face aux échecs répétés dans la séduction, on tend à se dénigrer et à perdre en estime de soi. Tenez bon ! C’est normal de ne pas plaire à tout le monde. Si tomber amoureux était simple, ça se saurait ! Après un deuil, on reste fragile très longtemps, et chaque refus prend de la mesure. Tentez de prendre de la hauteur et de tirer le meilleur de chaque rencontre. En faire un jeu ou même un laboratoire dans lequel on s’expérimente, on s’apprend. C’est aussi l’occasion de réapprendre les codes de la séduction et de retourner dans le monde social.

Pour conclure, je dirais que d’avoir subi un décès est déjà suffisamment douloureux pour ne pas s’imposer de rester dans une bulle, aussi confortable soit-elle. Vivre est (bêtement) vital…. Surtout lorsque l’on a des enfants.

Image :  Illustration Séverine Carreau / secarr@free.fr
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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 08:57

« Lorsque deux catégories humaines se trouvent en présence, chacune veut imposer à l’autre sa souveraineté ; si toutes deux sont à même de soutenir cette revendication, il se crée entre elles soit dans l’hostilité, soit dans l’amitié, toujours dans la tension, une relation de réciprocité ; si une des deux est privilégiée, elle l’emporte sur l’autre et s’emploie à la maintenir dans l’oppression. On comprend donc que l’homme ait eu la volonté de dominer la femme : mais quel privilège lui a permis d’accomplir cette volonté ? »17

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 La préhistoire :

 

-          Les nomades :

 

Bien que nous ne sachions toujours pas si la musculature, l’ossature et l’appareil respiratoire de la femme étaient moins développés que chez l’homme, de durs travaux lui étaient confiés, permettant ainsi à l’homme d’avoir les mains libres. L’homme pouvait alors se défendre et défendre sa « tribu » contre les agresseurs ; hommes ou bêtes. Son rôle était donc considéré comme plus important que celui de la femme.

De surcroît, la femme, du fait des grossesses répétées, accouchements et menstruations, se trouvait dans une situation d’impotence. Tout cela diminuait sa capacité et sa force pour intervenir dans la survie du groupe. Comme il n’y avait aucun contrôle des naissances, les maternités répétées empêchaient les femmes d’assurer la survie de la plupart de leurs progénitures. « La fécondité absurde de la femme l’empêchait de participer activement à l’accroissement de ces ressources tandis qu’elle créait indéfiniment de nouveaux besoins »17.

C’est donc l’homme qui assurait les besoins de l’espèce, qui avait le privilège de maintenir la vie alors que la femme ne faisait que rendre les choses plus difficiles.

Les enfants étaient considérés comme une charge, la preuve réside dans le fait qu’à la préhistoire, il y avait beaucoup d’infanticide. Les femmes ne connaissaient pas l’orgueil de la procréation. « Elle se sent le jouet passif de forces obscures, et le douloureux accouchement est un accident inutile ou même importun »17. Engendrer, allaiter ne sont que des fonctions naturelles, aucune volonté n’y est associée ; « c’est pourquoi la femme n’y trouve pas le motif d’une affirmation hautaine de son existence ; elle subit passivement son destin biologique »17.

En revanche l’homme risque sa vie pour protéger sa horde et apporter un minimum de ressources. La supériorité lui revient donc car elle est accordée au sexe qui tue et non à celui qui engendre.

« Cependant, certains historiens prétendent que c’est à ce stade que la supériorité du mâle est le moins marquée ; ce qu’il faudrait dire plutôt c’est que cette supériorité est immédiatement vécue, pas encore posée et voulue ; on ne s’applique pas à compenser les désavantages cruels qui handicapent la femme ; mais on ne cherche pas non plus à la brimer… »17.

 

-          Les sédentaires ou les agriculteurs :

 

C’est la période où il existe un véritable règne des femmes. En effet, avec la sédentarisation grâce à l’agriculture, l’homme fait l’expérience de la collectivité et de l’appropriation. « A ce moment la différenciation sexuelle se reflète dans la structure de la collectivité »17 qui s’exprime par le travail de la terre.  La femme est alors revêtue d’un extraordinaire prestige.

Les hommes ignoraient le rôle qu’ils jouaient dans la procréation. Pour eux, l’enfant était « la réincarnation des larves ancestrales qui flottent autour de certains arbres, de certains rochers, dans certains lieux sacrés, et qui descendent dans le corps de la femme »17. On se situe dans une société totemiste dont la femme représente la transmission d’un passé et donc l’élaboration d’un futur.

Les hommes admirent le pouvoir de la terre comme ils admirent le pouvoir des femmes à transmettre le patrimoine. Pour eux, les deux sont aussi bien de l’ordre du mystique que du naturel.

De ce fait, il est impossible de regarder la femme comme un autre sujet. « Les femmes n’ont donc jamais constitué un groupe séparé qui se fût posé pour soi en face du groupement mâle ; elles n’ont jamais eu une relation directe  et autonome avec les hommes ».

 

L’antiquité :

 

Alors que l’homme possédait la terre et qu’il avait élaboré des outils pour la préserver, la notion de propriété est apparue très prégnante. Et, la femme est devenue de plus en plus une propriété de l’homme. C’est l’apparition du patriarcat.

La femme n’avait aucun héritage et appartenait au bon vouloir du père et du mari. La propriété était transmissible par l’affiliation mâle. Si la fille était la seule descendance, la propriété revenait à son mari. La femme n’était qu’un patrimoine de plus pour l’homme. Si le mari désirait la répudier, il en avait tous les pouvoirs. L’homme avait aussi tous les droits d’infanticide. « Accepter l’enfant femelle, c’est de la part du père un acte de libre générosité ».

La femme était placée au même rang que l’esclave, la bête, la chose. Dans ce contexte, la femme n’était qu’une possession et cela impliquait donc que l’époux pouvait avoir autant de femmes qu’il le désirait. En revanche, une fois que la femme devenait la possession de l’homme, elle lui devait fidélité irréprochable. « Ce serait le pire des crimes que de risquer de donner les droits d’héritages à un rejeton étranger : c’est pourquoi le pater familias a le droit de mettre à mort l’épouse coupable ».

On plaçait la femme sous tutelle, c’est-à-dire qu’elle était sous la responsabilité d’un homme : son père, son mari ou si les deux étaient inexistants, le frère. La femme n’était donc qu’une chose soumise à l’homme, inhibant ainsi ses droits et plaisirs.

 

 

L’idéologie chrétienne :

 

L’idéologie chrétienne a largement contribué à l’asservissement des femmes. En effet, bien qu’elles témoignaient comme martyres aux cotés des hommes, elles étaient exclues du culte. Elles n’étaient autorisées qu’à apporter des soins aux malades ou des secours aux indigents.

« A travers saint Paul s’affirme la tradition juive, farouchement antiféministe. Saint Paul commande aux femmes l’effacement et la retenue ; il fonde sur l’Ancien et le Nouveau Testament le principe de la subordination de la femme à l’homme. « L’homme n’a pas été tiré de la femme, mais la femme de l’homme ; et l’homme n’a pas été créé en vue de la femme, mais la femme en vue de l’homme ».

Dans cette religion où la chair est péché, la femme apparaît comme la tentation la plus grave du diable. Tertullien écrit : « Femme, tu es la porte du diable. Tu as persuadé celui que le diable n’osait attaquer en face. C’est à cause de toi que le fils de Dieu a dû mourir ; tu devrais toujours t’en aller vêtue de deuil et de haillons. »

A partir de Grégoire VI, le célibat est imposé au prêtre. La femme est alors plus tentatrice que jamais et son caractère dangereux est plus présent. La femme est considérée comme être incomplet, une sorte d’homme manqué.

 

 

Le Moyen Age :

 

La femme reste toujours dans l’absolu dépendance au père et au mari. La femme est mariée sans son accord et elle est répudiée au bon vouloir du mari qui a un droit de vie et de mort sur elle. Elle n’est plus considérée comme une bête ou un objet mais comme une servante. La loi lui donne des droits mais toujours comme une propriété de l’homme et comme la mère de ses enfants. Se marier devient une manière d’être respecté. L’insulter, la tenir par la main quand on n’est pas son mari, sont puni sévèrement. L’avortement est interdit sous peine d’une amende financière, tuer une femme enceinte coûte quatre fois plus chère que le meurtre d’un homme libre.

La femme a donc un prix, mais seulement lorsqu’elle est enceinte. « Elle perd tout son prix quand elle ne peut plus être mère ».

 

Cependant, sous Charlemagne,  elle devient le fait de l’état lorsqu’elle est privée de ses tuteurs. « Cette protection entraîne pour celle-ci le même esclavage que naguère ».

 

Vers le XIe siècle, la féodalité admet la succession féminine en l’absence d’héritier mâle. Mais, la femme ne saurait défendre seule le domaine féodal et elle reste donc sous la tutelle d’un homme : son mari. « La femme est donc l’instrument à travers lequel le domaine se transmet, non sa détentrice ».

L’héritière représente donc une terre et un château. Les prétendants se disputent cette femme et parfois celle-ci n’a même pas douze ans quand son père la donne à un baron. « Multiplier les mariages, c’est pour un homme multiplier ses domaines ». Donc, la femme est très souvent répudiée. Veuve, elle est tout de suite remariée. Si ce n’est pas le cas, c’est elle-même qui va réclamer un nouveau mariage auprès du roi : « Mon mari vient de mourir, mais à quoi sert le deuil ? … Trouvez-moi un mari puissant car j’en ai besoin pour défendre ma terre ».

L’époux maltraitait régulièrement sa femme. On peut dire que la civilisation guerrière n’a pour la femme que du mépris et ne la considérait que comme un héritage.

Cependant, elle peut être admirée quand elle réussit à défendre le château en l’absence du maître des lieux. Elle est respectée car elle se comporte exactement comme les hommes. Lorsqu’elle parvenait à surpasser le mari, elle était aussitôt décapitée.

 

Au XIIIe siècle apparaît la courtoisie qui améliore médiocrement la condition de la femme, mais elle ne la modifie pas en profondeur. Ce ne sont pas les poésies et la religion qui aident la femme, mais ce sont les lois. Avec la suprématie du pouvoir royal, le droit de tutelle est aboli, ainsi que le droit de décider du mariage de la fille. La propriété devient un patrimoine royal. « Et il n’y a plus de raison pour que les deux sexes ne soient pas traités sur un pied d’égalité ». « On la voit même jouer un rôle militaire, commander des troupes, prendre part aux combats ; il existe avant Jeanne d’Arc des femmes soldats, et si la Pucelle étonne, elle ne scandalise pas ».

 

Néanmoins, la puissance maritale survit à la disparition du régime féodal. La femme est considérée comme ayant les mêmes capacités que l’homme, mais elle est toujours sous la tutelle de son mari. Le mariage a donc les mêmes critères de fonctionnement qu’au début du Moyen Age. Ceci est beaucoup plus présent dans les classes possédantes (riches). « Chez ceux qui n’avaient pas grand chose, ils avaient seulement la jouissance commune de leur maison, des meubles, des ustensiles : l’homme n’avait aucune raison de chercher à se rendre maître de la femme qui ne détenait aucun bien ». La tâche que chacun des époux effectuait ramenait la femme au rang d’égalité. Elle acquiert donc une autonomie du fait de ce lien social et économique.

 

La Renaissance :

 

Le statut de la femme reste approximativement le même du début du XVe au XIXe siècle. Mais, dans les classes privilégiées, sa condition évolue.

En effet, les femmes commencent à se distinguer. N’étant pas engagées dans la politique du monde, elles ont tout le temps nécessaire pour se cultiver et intervenir dans les salons. « Leur instruction n’est pas organisée mais à travers des entretiens, des lectures, l’enseignement de précepteurs privés ou des conférences publiques, elles parviennent à acquérir des connaissances supérieures à celles de leurs époux ». Des noms tels que Mme De Rambouillet, Mme de Sévigné bénéficient d’une grande réputation. « En 1623 le nonce du pape écrivait : « en France tous les grands évènements, toutes les intrigues d’importance dépendent le plus souvent des femmes. » .

Au XVIIIe siècle, la liberté des femmes est en pleine expansion bien que les mœurs soient encore très rigoureuses. Dans la bourgeoisie, la fille est soit mariée, soit mise au couvent où la morale est en faveur des hommes. Cependant, ni la religion, ni l’éducation ne permettent de contenir les femmes dans leur rôle de soumission. L’art est envahi par les femmes. Elles sont écrivains, actrices, chanteuses. C’est donc à travers le domaine culturel que les femmes s’imposent. Mais, même si ces pratiques sont tolérées, la femme n’a pas l’apanage de la réussite. En effet, l’homme a des privilèges que la femme n’a pas. Alors que le garçon s’instruit, la femme reste à la maison à entretenir le foyer ou dans un couvent dans lequel n’est enseigné que la morale chrétienne et le savoir-faire d’une maîtresse de maison.

 

Les femmes commencent à défendre leurs droits et tentent donc d’imposer une égalité des sexes. Se soulèvent contre elles de nouvelles attaques. Les Précieuses ont choqué et reçoivent en retour les railleries des autres artistes. Molière s’est imposé avec « les précieuses ridicules » et « les femmes savantes », bien qu’il soit en faveur de la libération de la femme.

 

Au XVIIIe siècle, deux opinions se confrontent : celle en faveur des femmes, et celle qui tente de garder des privilèges masculins.

Rousseau considère la femme comme celle qui appartient au désir de l’homme : « Toute l’éducation des femmes  doit être relative aux hommes… La femme  est faite pour céder à l’homme et pour supporter ses injustices ».

L’idéal  démocratique et individualiste de ce siècle est favorable aux femmes, elles sont les égales de l’homme. Elles seront défendues par Diderot et Voltaire.

 

Ce sont les femmes des classes travailleuses de la petite bourgeoisie ou du milieu rural qui connaissent le plus d’autonomie. Elles peuvent tenir un commerce ou leur terre et gérer leur vie plus ou moins comme bon leur semble. Nonobstant cette indépendance, c’est sur le plan économique et sexuel qu’elle subit le pouvoir de l’homme.

En effet, l’homme conserve le droit du mundium, c’est-à-dire que la femme doit encore fidélité et obéissance à son mari. Si elle est prise sur le fait pendant l’adultère, le mari a le droit de la tuer. Il peut sinon la condamner à la réclusion, obtenir le divorce. En revanche, le mari est simplement frappé d’une amende s’il amène sa concubine au domicile conjugal. Le père a toujours plus de droit sur les enfants que la mère.

 

 

Le XIXe siècle :

 

 Le XIXè siècle est caractérisé par ceci : « le mari gouverne, la femme administre, les enfants obéissent. Le divorce est bien entendu interdit ; et la femme est confinée au foyer. « les femmes appartiennent à la famille et non à la société politique, et la nature les a faites pour les soins domestiques et non pour la fonction publique », dit encore Bonald ». La femme ne peut acquérir un statut que par son altruisme supérieur à l’homme, son amour et sa pureté. Selon Balzac, « la destinée de la femme et sa seule gloire sont de faire battre le cœur des hommes »*.

Il s’agit globalement d’une réaction antiféministe contre l’émancipation débutante des femmes du XVIIIe siècle.

La bourgeoisie suit le programme que Balzac développe dans « Physiologie du Mariage » : « Il faut lui refuser l’instruction et la culture, lui interdire tout ce qui lui permettrait de développer son individualité, lui imposer des vêtements incommodes, l’encourager à suivre un régime anémiant ». Elles sont donc confinées à des rôles de maîtresse de maison et par compensation on les honore de politesses hypocrites. La galanterie apparaît afin de déresponsabiliser la femme. « On espère qu’ainsi dupée, séduites par la facilité de leur condition, elles accepteront le rôle de mère et de ménagère dans lequel on veut les confiner ». Peu de femmes ose revendiquer d’autres droits, de peur qu’on ne leur ôte leurs privilèges de bourgeoise.

 

La fin du XIXè siècle permet une grande révolution des femmes dans la société. En effet, avec l’essor de l’industrie, une main d’œuvre plus importante est nécessaire. Les femmes deviennent donc utiles à la société. Une ère neuve s’ouvre à elles. Cependant, elles restent exploitées et ne peuvent subvenir seules à leurs besoins.

Au fur et à mesure, la législation sociale prend en compte la condition des femmes travailleuses :

-          2 novembre 1892 : première charte du travail féminin. Elle interdit le travail de nuit et limite la journée d’usine.

-          1907 : la travailleuse obtient la libre disposition de ses gains

-          1909 : on garantit des congés payés aux femmes en couches

-          1913 : le repos des femmes avant et après l’accouchement est réglementé. On leur interdit les travaux dangereux. 

 

Cependant, la femme est toujours rémunérée de manière bien inférieure à l’homme. Etant mariée à un homme qui gagne les ressources nécessaires au foyer, la femme n’est considérée que comme un plus financier. De surcroît, la femme, en tant que main d’œuvre peu chère, représentait un marché considérable où chacune rentrait en compétition avec l’autre. Les femmes savaient qu’elles pouvaient être remplacées dans la minute si elles se plaignaient.

 

Le XXe siècle :

 

Nous pouvons considérer le XXe siècle comme celui de la libération de la femme. Son émancipation se fait à travers un long combat, et à travers un modèle américain qui envahit toute l’Europe.

En effet, les femmes américaines du XIXe siècle ont participé au travail de pionnier aux cotés de leurs hommes. Cependant, ces femmes malgré leurs positions au sein de la société conservaient les mêmes conditions qu’auparavant. « La galanterie à leur égard s’est maintenue ; elles ont gardé des privilèges culturels et une position dominante à l’intérieur de la famille ; les lois leur accordaient volontiers un rôle religieux et moral ; mais les commandes de la société n’en demeuraient pas moins toutes aux mains des mâles ». C’est ainsi qu’en 1830, les femmes ont commencé à revendiquer des droits politiques. De ce fait, les Américaines avaient une longueur d’avance sur les Françaises et elles ont pu servir de modèle aux européennes.

 

-          La Grande Guerre : 1914-1918

 

Dès 1914, les femmes françaises se mobilisent en tant que suffragettes et espèrent obtenir l’égalité politique. « Forte de ses 9000 adhérentes, l’Union française pour le suffrage des femmes (UFSF), qui veut convaincre et procéder par étapes, lance pour l’été une pétition nationale en faveur de la proposition Dussaussoy-Buisson, qui permettrait aux Françaises de participer aux municipales de 1916 ». En Angleterre, comme en Amérique, les femmes commencent à s’imposer.

Cependant, la guerre fait rage. Les hommes fiers de leur armée et économie ne voient dans cette guerre qu’une occasion de montrer leur force. « Presque tous les soldats imaginent une guerre courte et chevaleresque où pourraient s’exprimer de hautes valeurs morales et s’épanouir la communauté des hommes… ».

Quant aux femmes, elles trouvent à travers cette guerre une manière de s’affirmer. Elles deviennent des infirmières, elles réconfortent les hommes à la cantine, elles nourrissent. Mais, cela reste dans leur rôle de femme assistante, servante. Les femmes suspendent donc leurs revendications, leur combat pour accomplir aux mieux leurs devoirs de femme.

Néanmoins, la guerre est plus longue que prévue et mobilise beaucoup d’homme (60% des actifs en France). Les femmes doivent donc prendre le relais. On découvre des « Financières », « des cheminottes », « des factrices »… . Elles restent tout de même exclues du travail d’usine de guerre. Puis, « A l’automne 1915 apparaissent les premières circulaires ministérielles invitant les industriels à employer les femmes partout où cela est possible ». Dans toute l’industrie ou autre, les femmes investissent le milieu du travail mieux payé et valorisé.

 

Tout ceci a pour conséquence « la masculinisation des femmes » qui fut très controversée. Cela fait peur aux hommes, ils sont déstabilisés et donc montrent parfois une franche hostilité qui rappelle les faiblesses cérébrales et physiques du sexe féminin. En retour les féministes, dans tous les pays, se battent pour prouver la valeur du travail des femmes. Les hommes ont soudainement peur de la concurrence et de ne plus être reconnus comme supérieurs.

Alors que les hommes avaient le sentiment de régresser à l’animal dans les tranchées, condamnés à attendre leur propre mort, les femmes prennent « leurs responsabilités publiques pour faire tourner la machine de guerre, ils ont peur d’être dépossédés ou trompés ».

 

Donc la guerre rompt toute inégalité face aux travails et aux responsabilités. Les femmes découvrent ces nouveaux privilèges avec plaisir et ne comptent pas les perdre.

D’autant que « la hantise de la mort bouleverse le rapport à l’autre, rend l’amour plus avide et plus dérisoire à la fois, dénoue les longs rituels de fiançailles et contribue peut être à l’avènement du couple moderne centré sur une exigence de réalisation individuelle et non plus patrimoniale ». La femme a fait l’expérience de vivre seule, sortir seule, assumer des responsabilités qui lui étaient refusées avant cette guerre. 

 

Mais peut-on parler de réelles libertés acquises ? En réalité il s’agit plus d’un mythe patriotique que d’une libération définitive de la femme. Le problème réside dans le fait que toutes ces expériences individuelles défavorisent la solidarité.

 

Il faut noter que la France perd 10% de sa population active masculine. Derrière cette guerre, il y a aussi la peur de perdre le fils, le mari, la solitude affective et sexuelle, les difficultés matérielles… La femme se trouve alors entre le besoin de pleurer ses morts et son plaisir à s’émanciper. « Le soupçon pèse sur les veuves d’être des « veuves joyeuses » plutôt que des héroïnes de la fidélité et des sacrifices du souvenir ».

 

L’armistice du 11 novembre 1918 résonne comme la fin du travail par intérim des femmes. La France est peu généreuse mais pragmatique, elle reconnaît le caractère indispensable du travail féminin.

« Cette violence faite aux femmes semble avoir une fonction tout aussi psychologique qu’économique : d’une part réassurer une identité masculine mise à mal par quatre ans de combats anonymes, d’autre part effacer la guerre et répondre, dans une période de fièvre sociale et de réaction politique, au profond désir des combattants de restauration du monde ancien ». De plus, s’est créé un décalage entre ce que les hommes avaient laissé pour le combat et ce qu’il trouve en revenant au foyer. Ils veulent donc retrouver la même femme docile, douce et soumise.

La guerre sépare donc les sexes, et réactive les anciens mythes selon lesquels l’homme est fait pour combattre et la femme enfanter et materner. Cet ancien mythe permet aux hommes et aux femmes de retrouver la paix des couples.

Cependant, le consentement des femmes aux rôles de mère et de femme n’est que superficiel car ce qu’elles ont acquis lors de la guerre n’est pas oublié et reste dans les consciences.

 

 -          L’entre deux guerres :

 

Au sortir de la guerre 14-18, la joie de vivre est retrouvée. Mais, une nouvelle femme va s’imposer : la garçonne. « Elle veut conquérir son indépendance financière en faisant « carrière » et pousse la liberté sexuelle et morale jusqu’à la bisexualité avant de fonder avec son compagnon une union stable et égalitaire ». Elle a un comportement masculin et se présente comme un homme en se coupant les cheveux court. La femme se masculinise dans le sens où elle gère sa vie et sa carrière, malgré la discrimination salariale.

 

L’état répond à ces tentatives d’émancipation par une propagande sur le rôle indispensable de la mère.  L’éducation des enfants prend une nouvelle forme avec des infirmières visiteuses qui viennent prêcher la bonne éducation aux mères. Ce matraquage éducatif entraîne de manière explicite aussi bien qu’implicite, l’interdiction du travail pour les femmes. Les médecins renforcent la fonction inéluctable de la mère auprès de l’enfant. La femme ne saurait confier son enfant à une étrangère et se retrouve donc à nouveau à la maison. La tâche maternelle est de plus en plus présentée comme la plus noble des carrières. « La propagande en faveur des femmes au foyer est si universelle et péremptoire que de nombreux maris et femmes l’ont intériorisée ».

 

Mais, la France reste le pays qui emploie le plus de femmes : environs 35% de la population active dont la moitié était mariée. En effet, « indifférentes à la propagande familialiste, alors à son paroxysme, les femmes ont géré leur  vie professionnelle et privée en fonction de leurs seules aspirations ».

Surtout, que l’hygiène devient un critère très important. Les femmes découvrent le lait stérilisé, le nettoyage de l’enfant de manière plus régulière. En France, on sort peu à peu de l’élevage de l’enfant pour entrer dans les principes de l’éducation. L’éducation est le fait des femmes qui sont alors reconnues comme des privilégiées.

 

Au niveau affectif, les femmes ont maintenant la possibilité de choisir leur conjoint. Les pères n’osent plus imposer à leur fille un mariage arrangé. Cependant, les filles ne sauraient se décider sans avoir l’accord de la famille. Elles ont, de surcroît, acquis le droit de divorcer.

L’avortement, interdit déjà bien avant la guerre, est jugé à partir de 1920 comme un crime. Le diaphragme n’est pas non plus autorisé. La femme n’a que très peu de moyens de contraception et les avortements clandestins sont donc de moins en moins rares.

 

Certains auteurs ont voulu y voir l’expression d’un féminisme au quotidien. En effet, « la conclusion est quelque peu excessive, mais elle permet d’affirmer que les femmes ont résisté aux pressions politiques, sanitaires et sociales, comme pour le travail, afin de préserver leur liberté d’appréciation ».

 

-          Les Françaises sous Vichy :

 

Après la défaite rapide et brutale de mai-juin 1940, le régime de Vichy apparaît, autoritaire et réactionnaire pour tenter de donner des réponses à la crise militaire. Ses principes et objectifs sont « Travail, Famille, Patrie ».

Vichy justifie le rôle des femmes en mettant l’accent sur la différence et la compétence  des sexes au sein même de la famille. « C’est parce qu’ils sont différents et complémentaires que les époux peuvent assurer la stabilité de la famille, à condition bien entendu que chacun respecte le rôle et pratique les vertus qui incombent à son sexe ». Vichy propose donc aux femmes de respecter le rôle qui leur est prédéterminé : la maternité.

 

A partir de la loi du 15 février 1942, les femmes sont épargnées quand elles avortent. Mais elles restent condamnées (4000 condamnations annuelles).

Alors que le divorce était facilité dans les années 30, la loi du 2 avril 1941 rend la procédure difficile et lente.

C’est au nom des obligations morales de Vichy que la femme trouve ses droits régressés au début du siècle.

 

« Les femmes vertueuses que célèbre la Révolution nationale n’en sont pas moins des femmes modernes, intelligentes, efficaces, heureuses de vivre au foyer, mais qui, dans l’intérêt mêmes des leurs, ne vivent pas coupées du monde extérieur… ».

Contrairement à la première guerre, les femmes seules devant subvenir aux besoins de leurs familles,  ne sont pas appelées à travailler.

« En octobre 40, le gouvernement prend des mesures très restrictives à l’encontre de l’embauche et du maintien des femmes mariées dans les emplois de l’administration et des services publics ».

Cependant, à partir de 41, les Allemands font une propagande en faveur des départs volontaires pour l’Allemagne aussi bien pour les femmes que pour les hommes. En 43, c’est sous la menace de voir partir des femmes célibataires que Vichy accepte de reconsidérer la question du travail des femmes.

 

Du fait de la précarité, de la misère, l’état alloue des allocations aux femmes célibataires et/ou mères.

 

Lorsque Londres  appelle à la résistance, il dit « chaque français, chaque française peut faire quelque chose ». Les femmes « le font à titre individuel, sans consigne ni conviction politique déterminée, par hostilité pour l’occupant, pour rendre service à une relation, aux gens du pays ou du quartier qu’elles côtoient dans leur vie quotidienne, par solidarité avec des collègues ». Les historiens s’accordent à dire qu’elles étaient l’un des rouages essentiels de la résistance.

La résistance était punie de la même manière pour les hommes comme pour les femmes. « La résistance impose à tous la même prudence, le même courage et le même sang-froid, quels que soient le rang et la fonction occupés dans le groupe, car l’ennemi, souvent, ignore à qui il a affaire et se sert des interrogatoires pour l’apprendre ». Pour la première fois, l’égalité des sexes était reconnue. Les femmes utilisaient sans honte leurs atouts féminins : rajuster une jarretière, rectifier son maquillage, la grossesse réelle ou simulée … afin de déjouer l’ennemi.

 

« Si comme dans la dernière guerre, la femme a donné des centaines d’héroïnes à la liberté, pour la première fois, dans cette guerre, elle lui a donne des centaines de milliers de combattantes ».

 

-          La révolution sexuelle :

 

Ce n’est qu’au milieu des années 1960 que l’émancipation commence réellement. En effet, les enfants de la guerre ayant eu une enfance lugubre de peur et d’angoisse se libèrent. C’est le culte de la jeunesse. « Ce furent les enfants du « baby-boom » d’après guerre qui, sur les deux rives de l’atlantique, devinrent les contestataires de la fin des années 60 et du début des années 70, remettant en cause le morne conformisme de leurs parents en matière de politique, de société et de sexualité »19.

Concrètement, les jeunes se hâtent de construire leur propre monde avec leur propre moralité et fonctionnement. Cette démesure a pour conséquence de forcer les aînés (parents et adultes) à reconsidérer les standards dont ils étaient dépendants sans même les avoir au préalable identifiés.

 

Cela entraîne une vague de divorce du fait des standards brisés. Les femmes qui, auparavant acceptaient d’être des épouses avant tout, se réveillent et veulent exister pour elles-mêmes. 

 

Bien que la femme ait obtenu le droit de vote (constitution de 1946 qui spécifie les mêmes droits aux hommes et aux femmes) et celui de gagner sa vie (sans consentement du mari), elle n’a pas encore le sentiment d’avoir pu changer sa propre opinion sur les femmes.

C’est une découverte médicale révolutionnaire qui modifie réellement son identité : la contraception buccale. Alors qu’auparavant, elle avalait des poudres de breuvage dans l’espoir de ne pas engendrer, qu’elle contrôlait en permanence ses relations sexuelles, elle se trouve soudainement dans la possibilité de se libérer sexuellement. Le fait de pouvoir prendre la pilule était séparé de l’accouplement, il soulevait plus le problème du malaise morale, politique, social ou esthétique qui persécutait les femmes depuis toujours.

 

« Les politiciens et la pilule ont ensemble contribué à donner une physionomie exceptionnelle au féminisme des années 60 »19. En effet, les féministes des années 65-75 avaient accompli bien plus que les suffragettes en soixante-dix ans. Non que ces femmes étaient plus agressives, mais elles étaient plus dans la société et donc plus en avant des réalités. La télévision, le cinéma et les médias ont beaucoup contribués à l’émancipation des femmes véhiculant des images et discours plus avant-gardistes sur la femme.

 

L’émancipation des femmes se situe aussi au niveau scolaire. « Après qu’on a proclamé 1975 l’année internationale des femmes, on ne compte plus les déclarations, les rapports, les lois, les prises de positions nationales et internationales en faveur de l’égalité des chances scolaires entre les sexes, mais assortie d’une nouvelle clause : l’égalité d’accès à des enseignements de même valeur ».  Cependant,  cette ouverture aux études supérieures reste une illusion. En effet, les femmes sont sur-représentées en lettres, en langue, pharmacie, administration économique et sociale, filières déjà féminisées depuis longtemps. Seuls les hommes rentrent en médecine, en ingénierie. Cette distribution des sexes dans les études entraîne la dépréciation des matières littéraires au détriment de celles scientifiques. Et même lorsque les femmes accèdent aux études scientifiques, elles sont défavorisées pour trouver une place de cadre. « En France, parmi tous les diplômés du supérieur long, 62% des garçons en 1977 deviennent cadres et 77% en 1985, alors qu’aux même dates, le pourcentage de femmes cadres reste, lui, inchangé (46%) ». Le problème pour les femmes n’est plus d’obtenir un diplôme mais de connaître la valeur de ce diplôme, souvent dépréciée du fait du sexe féminin.

 

En revanche, bien que dans toute l’Europe de 1975 à 1983, le chômage sévisse, les femmes gardent une place favorable sur le marché du travail alors que les hommes au chômage augmentent de cinq points. « Pour expliquer cette résistance, on invoque un faisceau de raisons qui certes font leur effet : augmentation du niveau d’instruction, augmentation des emplois publics, nouvelles attitudes vis-à-vis du mariage et du divorce, scolarisation plus précoce des enfants, diffusion du modèle positif de la femme exerçant une profession ». Il faut noter tout de même, encore aujourd’hui, qu’à tâche égale, salaire inégal, c’est-à-dire inférieur pour les femmes.

 

En 1991, Amnesty International tente « d’attirer l’attention sur les violations des droits fondamentaux des femmes, mobiliser la communauté internationale tout entière » 20. Cet ouvrage met en valeur, toutes les violations des droits de la femme quel que soit le régime. Amnesty International met en place douze mesures visant à protéger les droits fondamentaux des femmes en rappelant aux pays les plus civilisés de montrer l’exemple. En effet, encore aujourd’hui, nombreuses sont les femmes qui sont bafouées dans leur honneur et leur intégrité.

 

Au quotidien la condition de la femme s’est nettement améliorée, mais il existe encore des pays qui humilient la femme et des actes violant sa place d’Autre.

 

Conclusion :

 

Des siècles de femmes sous tutelles, sous la responsabilité des hommes, considérées comme des esclaves ou une dote, peuvent–ils être effacés par 50 ans d’émancipation. Les femmes ne gardent-elles pas en mémoire cet inconscient collectif qui les poussent à inhiber leur propre identité et liberté.

 

 

De Beauvoir S., Le deuxième sexe : les faits et les mythes, Gallimard, 1949.

Duby G., Perrot M., Thebaud F. (sous la direction de), Histoire des femmes : le XXe siècle, PLon, 1992.

Tannahill R., Le sexe dans l’histoire, Robert Laffont, Paris, 1982.

Amnesty International., Les femmes aussi, Editions francophones.

 

 

 

 

Photo : http://fr.123rf.com/photo_8666240_chef--un-grand-groupe-de-femmes--graphiques.html

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Published by Elodie CINGAL - dans Homme - femme
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2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 20:42

Nombreuses sont les femmes, qui comme elle, acceptent de tout sacrifier pour l’homme qu’elles aiment. Elodie Cingal, titulaire d’un Master II en psychologie et spécialisée dans les difficultés familiales et conjugales nous en dévoile les principaux mécanismes…

Dans une de ses chansons, Céline Dion chante : « Je m’inventerai reine pour que tu me retiennes. Je me ferai nouvelle pour que le feu reprenne. Je deviendrai ces autres qui te donnent du plaisir, vos jeux seront les nôtres si tel est ton désir ». Et nombreuses sont les femmes, qui comme elle, acceptent de tout sacrifier pour l’homme qu’elles aiment. Elodie Cingal, titulaire d’un Master II en psychologie et spécialisée dans les difficultés familiales et conjugales nous en dévoile les principaux mécanismes.

Accepter de ne pas avoir un enfant

Lorsqu’elle avait 27 ans, Ingrid a accepté d’avoir recours à l’avortement : « Au bout de deux ans de relation passionnée mais tourmentée, je suis tombée enceinte de l’homme que j’aimais. Très vite, il a été clair qu’il ne souhaitait pas garder l’enfant. Moi je ne voulais pas perdre le papa, alors j’ai pris la décision d’avorter. Je le regrette encore aujourd’hui, d’autant que sans surprise, ça n’aura pas suffit à retenir le père».

Elodie Cingal analyse : « Ingrid n’a pas tout accepté de son conjoint. Elle a décidé pour elle-même en privilégiant sa relation amoureuse au détriment de sa grossesse  à un moment précis de sa vie. Ce cas pose la question du « doit-on forcer un homme à être père » comme « doit-on forcer une femme à ne pas être mère ». Je ne saurais répondre de manière générale. Je pense qu’Ingrid a fait preuve au contraire d’une grande clairvoyance et une estime de soi forte. Elle s’est permis de sortir d’une relation passionnée et tourmentée. Que se serait-il passé si cet enfant était né ? Elle se serait retrouvée, certes mère, mais prisonnière d’une relation dont le pronostic était peu favorable ».

 

Accepter jusqu’à la trahison

Laure a 29 ans et un souvenir douloureux de sa dernière histoire d’amour : « Je lui ai prêté beaucoup d’argent et pendant deux ans je l’ai quasiment entretenu. J’avais la ferme conviction que c’était un homme bien et qu’il me rembourserait un jour. J’attends toujours ! Mais ce sur quoi j’ai surtout fermé les yeux ce sont ses infidélités. Je le savais : les coups de téléphones, les messages et conversations douteuses… Un jour, je l’ai carrément surpris et il a avoué. Mais après une sorte de trêve de quelques jours je l’ai laissé revenir. Et ce plusieurs fois. Le bouquet final, c’est qu’il se soit marié avec une autre alors que nous nous fréquentions toujours. Nous étions séparés, puis il est revenu dans ma vie, et un matin j’ai reçu un appel : « Bonjour je suis Sarah sa femme ». Pendant 3 mois il a mené une double vie : avec elle la semaine et moi le week-end.

Avec le recul je pense simplement que je ne voulais pas le perdre, et aujourd’hui je sais que ce n’est pas parce que je l’aimais (ce n’était plus le cas depuis longtemps) mais plutôt par peur de me retrouver à nouveau seule, de devoir tout recommencer. Ce qui a mis « fin à ce cercle » c’est qu’un jour il m’a frappée. Et ça je ne l’ai pas accepté. Le lendemain je lui disais de s’en aller en le menaçant de porter plainte s’il refusait. Il est parti le jour même, quelques jours après je lui ai rapporté le reste de ses affaires ».

Elodie analyse : « Laure présente probablement des angoisses d’abandon ou des angoisses liées à l’intimité. Ce n’est pas par hasard si elle a été avec un homme qui ne lui permet pas d’aimer spontanément et librement. Comment peut-on être heureuse, spontanée lorsque l’on se sent tous les jours en danger d’être trahie, humiliée ? Cela permet à Laure de ne pas avoir à donner quelque chose d’elle-même. Elle aurait inconsciemment choisi un homme qui lui donnait la possibilité de ne pas se dévoiler et mettre en place ou conserver un système d’hyper-vigilance. Il serait intéressant de regarder ce qu’elle a vécu avant, dans sa relation parentale, sa fratrie mais aussi les types de relations amoureuses précédentes. Pourquoi a-t-elle accepté si longtemps une relation sur le mode de la peur et de l’humiliation ? Probablement parce que c’est quelque chose qui lui est familier. Elle sait être vigilante et ses repères en terme de relation et de plaisir sont biaisés, probablement depuis toujours. A-t-elle jamais appris à avoir confiance ? Sait-elle demander de l’aide ? Laure a dû ressentir dans cette relation un très fort sentiment de solitude et si elle s’est battue pour rester dans cette relation, c’est parce qu’elle était déjà habituée à ces sentiments ».

 

Accepter de changer de vie

Parfois, on accepte des choses dont on ne se serait jamais cru capable. C’est le cas de Cécile : « Nous étions ensemble depuis presque 3 ans quand Tom s’est vu offrir une place à Singapour. On a dû prendre une décision en trois jours, ça s’est fait très vite ! Contre toutes attentes, je n’ai pas hésité très longtemps. Ce qui m’a décidée : la perspective d’un changement de vie radical, le challenge et la chance de vivre une telle expérience ». On le comprend bien, Cécile a pu accepter ce bouleversement parce qu’elle l’a d’abord fait pour elle et qu’il s’agissait d’une décision de couple ; Elle ne l’a pas suivi, ils sont partis ensemble. C’est également l’avis de Marlène, jeune mariée depuis 2 ans : « Demander de tout sacrifier « par amour », pour moi ce n’est justement  pas de l’amour. Jamais je ne demanderai à quelqu’un de tout plaquer pour moi ça serait très égoïste ! Je ne crois pas aux « sacrifices » par amour, je crois aux compromis ».

Une histoire d’amour se construit à deux.

Camilla Gallapia © Pampa Presse

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