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Elodie Cingal/ 06.33.55.39.43

  • : psy-conseil-divorce
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  • : En tant que psychologue psychothérapeute (N° ADELI 75 93 4781 8), j’ai eu l’occasion de travailler sur différents problèmes et différentes pathologies. Capable de m’intéresser à beaucoup de domaines, j’ai voulu créer un petit blog qui parle de la psychologie en générale et des sujets qui me tiennent à cœur à un moment donné. Téléphone : 06 33 55 39 43
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16 novembre 2013 6 16 /11 /novembre /2013 11:09
Mon avocat, mon dossier juridique et mes emmerdes !!

Si l’on se retrouve dans une procédure juridique aux affaires familiales, c’est que l’on est forcément dans la souffrance. Soit on vient de se séparer, soit le conflit avec l’ex dure. Il y a plusieurs écueils à éviter dans ces contextes.

1/ J’attends de mon avocat qu’il fasse le psy. Un avocat pense de manière juridique. Même s’il est capable de faire preuve d’empathie, son travail n’est pas de vous réparer. Son travail est de gagner avec ses outils à lui - la loi, les procédures et les habitudes des tribunaux. N’attendez de lui que des réponses juridiques et la création d’une stratégie qui vous ressemble.

2/ J’attends du JAF qu’il me donne la réparation que je pense mériter de la part de mon ex. Mon ex m’a trompé(e) ! Mon ex m’a quitté (e)…. !! J’ai besoin que le juge le dise et fasse payer à mon ex la douleur que je ressens dans cette séparation. Or un juge est là pour trouver une solution concrète à un problème concret. Il cherche à donner les mesures provisoires ou « définitives » concernant le mode de résidence des enfants, la pension alimentaire…. Il n’est pas là pour reconnaitre la douleur et le besoin de réparation lié au motif et à la manière de se quitter (sauf dans le cadre d’un divorce pour faute).

3/ Je n’écoute pas mon avocat qui tente de m’orienter vers ce qui est recevable d’un point de vue des habitudes du JAF. Mon besoin de me réparer, ma colère, ma perception des évènements font que je pense tout savoir. Après tout, qui mieux que moi maitrise mon dossier ? Mon avocat a beau me dire d’être plus conciliant, moins procédurier, d’arrêter d’écrire, d’acheter mes propres vêtements pour les enfants…. Je m’y oppose parce que continuer sur ma lancée, c’est ne pas me poser. Et me poser, c’est imploser. Souvent, les avocats savent mieux que vous et comprennent que l’important dans une procédure c’est ce que l’on peut prouver et non pas ce que vous ressentez. A ne pas l’écouter, vous sabotez seul vos chances d’obtenir ce dont vous avez besoin.

4/ Je me laisse influencer par mon avocat. Et oui, il y a aussi des avocats qui poussent à la guerre et qui jouent sur la corde de la douleur. Un avocat qui ne pousse pas au consensus doit alerter. Il est d’abord supposé vous conseiller dans le sens de la résolution. Un avocat doit trouver avec vous une stratégie apaisée et vous expliquer correctement les risques dans le choix des procédures et des stratégies. Evitez tout avocat qui pousse au conflit, vous serez sa poule aux œufs d’or.

5/ Soyez patient ! Durant une procédure, il y a une sorte d’obsession autour de son dossier. On est en alerte 24h/24 !! Votre avocat connait et comprend la notion de délai. Parfois, il mettra plusieurs jours à répondre à votre mail ou il fera ses écritures au dernier moment. Il sait ce qui doit être fait, c’est son métier. Faites lui confiance. Ne vous précipitez pas non plus à lui adresser vos pièces les unes après les autres par mail. Attendez d’avoir tout regroupé. Moins vous solliciterez votre avocat avec des dizaines de mails, plus il sera compétent. Pensez bien qu’il a plusieurs dossiers, c’est donc à vous d’organiser les infos et les docs pour que leur enregistrement dans votre dossier soit pertinent. Enfin, lorsque vous recevez des mails de votre ex, prenez toujours un temps pour prendre du recul et vous dégagez de l’émotion que cela éveille. Ainsi vous répondrez de manière plus factuelle et constructive.

6/ Ma colère m’aveugle. Lors d’une séparation, quelque soit les motifs et la manière, chacun souffre. La douleur rend égocentrique et incompétent à l’empathie. La douleur s’exprime préférentiellement par le biais de la colère car celle-ci sort. La tristesse, le sentiment de rejet, la trahison sont des sentiments plutôt passifs qui tendent à rester à l’intérieur de soi. On tend donc à transformer tous ses sentiments négatifs en colère afin de pouvoir faire sortir ses émotions. Malheureusement, cette colère rend la procédure juridique plus agressive que nécessaire. L’avocat étant le représentant de son client finit par accepter de jouer le jeu de cette agressivité (son rôle n’étant pas de soigner ou de réparer). Les procédures sont alors plus violentes et destructrices et durent.

7/ La loi du talion : « Elle ne fait pas appeler les enfants, donc je fais pareil ». « Il me fait une procédure, je lui fais une plainte »…. Bref, on renchérit… Et la seule chose que l’on gagne, c’est s’installer dans la haine et les procédures.

8/ Je me pense toujours plus légitime que mon ex par rapport aux enfants. Que je sois la mère ou le père, je fais forcément mieux. Or, dans la parentalité, il n’est pas question de mieux, mais de différence. Deux parents se doivent d’être différents, d’avoir leur style. Et puis, ils n’ont pas le choix. Personne n’est identique. Il n’est pas question ici des habitudes autour de l’enfant. Il est évidement préférable que l’enfant se couche à la même heure tous les soirs. Il est question de style. Si maman préfère donner le bain quand papa donne la douche, et alors ? Maman s’énerve plus facilement que papa qui a tendance à laisser courir. Tant mieux, ils se complètent. N’utilisez pas cette différence pour monter un dossier car c’est justement cette différence qui enrichie et équilibre votre enfant.

9/ Je ne fais pas preuve d’empathie envers mon ex. Si je prenais seulement 5 minutes pour me mettre à la place de mon ex, je saurais que sa vie n’est pas forcément rose. Je pourrais comprendre que le désir du papa pour voir son enfant plus souvent n’est pas contre moi, mais parce que dans la séparation tout a une valeur plus élevée. Qu’avant, même s’il était peu présent, il voyait tous les jours son enfant. Maintenant l’idée de ne le voir que 6 jours le torture. Le papa peut aussi comprendre qu’une maman qui a mis toute son énergie à s’occuper de son enfant, et qui l’a fait en fonction de ses habitudes à elle, a du mal à lâcher prise, à faire confiance. Ce n’est pas forcément non plus contre le papa. Mettre cela en commun et discuter d’un compromis progressif en prenant en compte l’histoire et les peurs de chacun peuvent permettre d’éviter un conflit qui perdure.

10/ Je me laisse influencer par ma famille ou mes amis. Lors d’une séparation, votre entourage vit avec vous cette douleur mais surtout sa propre histoire est réactivée. Il est courant de voir des proches s’accaparer votre histoire et vous pousser à exagérer la guerre. Les femmes diront « tous des salops, fais lui payer » et les hommes « quelle garce, on le savait bien ! »… tout cela pour dire que deux choses s’activent dans la séparation, l’histoire de chacun qui se projette sur la votre et les stéréotypes sur le genre humain. Pour rester juste dans la procédure et dans la séparation, il s’agit de se tenir au but que l’on souhaite et se battre contre les proches qui ont tendance à vouloir renforcer le conflit.

Image : http://www.affiches-parisiennes.com/formalites-entreprises.html

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Published by Elodie CINGAL - dans Séparation - divorce
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commentaires

David, Avocat-lyon 14/12/2016 08:49

Merci beaucoup pour cet article, c'est vrai qu'en cas de divorce la situation est difficile.En fait, il faut être patient et écouter son avocat de divorce!

Carole 27/11/2013 11:40

Excellent article !! Merci... je fais suivre à mes amis