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Elodie Cingal/ 06.33.55.39.43

  • : psy-conseil-divorce
  • psy-conseil-divorce
  • : En tant que psychologue psychothérapeute (N° ADELI 75 93 4781 8), j’ai eu l’occasion de travailler sur différents problèmes et différentes pathologies. Capable de m’intéresser à beaucoup de domaines, j’ai voulu créer un petit blog qui parle de la psychologie en générale et des sujets qui me tiennent à cœur à un moment donné. Téléphone : 06 33 55 39 43
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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 09:10

Plus de 160 pères ont répondu en quelques heures, à l'appel à témoignage lancé lundi 18 février sur LeMonde.fr : "Père séparé, vous avez rencontré des difficultés à obtenir la garde de votre enfant".

Ils ont entre 23 et 59 ans, ils vivent un peu partout en France, ils sont cadre, fonctionnaire, ingénieur, carrosier, kinésithérapeuthe ou technicien du spectacle. Tous racontent peu ou prou la même histoire : l'injustice, la colère et la tristesse ressenties après le refus du juge aux affaires familiales (JAF) de leur accorder la garde ou la résidence alternée des enfants après la séparation d'avec leur compagne.

Nous avons sélectionné quelques-uns de ces témoignages.

  • "Un père qui n'a pas la garde de son enfant est un père inexistant", par Vanno, 42 ans

"Dès qu'on parle de père et de mère, l'égalité homme-femme n'existe plus. Ma demande de garde alternée a été traitée en 2005. Mon fils avait 2 ans. Ma demande a été refusée soi-disant pour préserver l'enfant de la relation conflictuelle entre ses parents. A la place j'ai obtenu un droit de visite classique plus tous les mercredi de 9 heures à 18 heures. Autant de moments où mon fils allait être exposé à la relation conflictuelle entre ses parents. Il en a énormément souffert. Au bout de deux ans, j'ai lancé une nouvelle requête. J'espérais obtenir le droit de pouvoir le ramener à l'école les jeudi/lundi matins au lieu de chez sa mère la veille. J'ai été débouté.

L'intérêt de l'enfant ? La juge s'est assise dessus. En prime, la pension alimentaire a été augmentée de 60 %. Notons que sur les quatre ou cinq juges à la chambre de la famille de ce TGI, il n'y a aucun homme. J'ai par ailleurs été choqué par l'agressivité de la juge à mon égard. Chez moi, mon fils a toujours eu sa chambre, son lit, ses vêtements, ses activités extrascolaires etc., que je finance seul. J'ai maintenant deux autres enfants, mais pour les impôts, pour la sécu, pour la CAF, pour les services munipaux de la ville où j'habite, pour la carte SNCF famille nombreuse etc., je n'ai que deux enfants. Conclusion: un père qui n'a pas la garde de son enfant est un père inexistant. Sauf quand il est question de payer."

  • "J'ai eu l'impression qu'il était obscène qu'un père demande la garde de son fils", par Christian, 42 ans

"Apres être passé de nombreuses fois devant le juge aux affaires familliales, j'ai obtenu la garde de mon fils âgé d'un an à l'époque. La procédure fut un long combat juridique durant lequel la mère, se sentant spoliée de sa maternité, a de nombreuses fois, en vain, fait appel de la décision. Les JAF que j'ai croisé à Paris semblaient accepter l'idée qu'un père puisse obtenir la garde, mais il faut tout de même blinder son dossier, être combatif, prévoir une grande disponibilité pour l'enfant et choisir un très bon avocat.

Les nombreuses visites des enquêteurs sociaux et leurs regards soupconneux ont été difficiles à vivre. Ils brassent du vent dans le sens des clichés, ouvrent le frigo, paraissent surpris que l'on sache cuisiner, inspectent vos toilettes... J'ai eu l'impression face à eux d'avoir quelque chose à me reprocher et qu'il était obscène qu'un père demande la garde de son fils.

Lorsque la décision définitive a été rendue vinrent de nouvelles inquiétudes, celles de la mère qui ne se remettait pas de la situation, et les miennes. Après quatre ans, je vis toujours comme si la décision du JAF ne tenait qu'à un fil. J'ai l'impression que mon ex et la justice me feront payer la moindre erreur. Je ne sais pas trop si c'est une parano ou le fond d'idées reçues sur les compétences éducatives des parents selon leur sexe qui provoque cela. Certains doivent encore penser que cette situation est contre-nature."

  • "Un père qui se bat pour la garde de ses enfants est plus que suspect" par Pierre

"C'est mot pour mot la justification donnée par le juge il y a neuf ans, lors de l'ordonnance de non conciliation, pour me refuser la garde que je demandais. J'étais alors père au foyer, les enfants voulaient vivre avec moi et c'est mon ex-épouse qui m'avait trompé et détruit notre famille. Neuf ans plus tard, et je ne sais plus très bien combien de jugements toujours dans le même sens, le fait accompli s'est pérénisé et les enfants sont toujours chez leur mère... Visiblement pour les juges comme pour les psys, un père qui se bat pour la garde de ses enfants est plus que suspect. A quand l'égalité ?"

  • "Un père a bien moins de droits qu'une mère", par Christophe

"Mon fils me voit chez sa mère - quand elle est d'humeur à me recevoir. Mon fils de 8 ans a fait un arrêt de croissance depuis qu'il ne m'a plus régulièrement trois à quatre jours par semaine. Une séparation et la vente d'une maison ont tout bouleversé.

D'audience en audience à coups de 700 € de frais d'avocat tous les quatre mois; tant qu'on est un père, on a bien moins de droits qu'une mère même lorsque l'on est précisément dans son droit et que l'on a rien à vous reprocher. La vie de mon fils est gâchée et la mienne aussi. Alors je comprends parfaitement cet homme qui demeure en haut de cette grue depuis trois jours et ce qu'il a fait.

A quand des magistrats hommes comme JAF dans les tribunaux de France et une reconnaissance sincère d'autre chose que le portefeuille, le doute ou la rancœur devant les tribunaux pour nous les papas qui aimons nos enfants plus que tout ?"

  • "J'ai vécu la séparation d'avec mes enfants comme s'il s'était agi d'un rapt légal", par Daniel, 58 ans

"Cinq ans ans après mon divorce, j'ai vécu la séparation d'avec mes enfants comme s'il s'était agit d'un rapt légal. Mon ex-épouse avait tout simplement décidé de s'éloigner en emportant les enfants comme un bagage, au mépris de la relation nécessaire de ses enfants avec leur père. La justice lui a donné raison. Elle nourrit évidemment, culturellement une forte prédilection pour la mère et lorsqu'elle se prononce, en principe, dans l'intérêt des enfants, lorsqu'elle nie une paternité, elle ment et elle blesse les enfants qu'elle prétend défendre.

Ma fille a 30 ans maintenant. Elle m'a avoué il y a quelques années regretter ne pas avoir davantage osé dire qu'elle préférait rester avec moi. Je lui ai dit qu'elle ne devait rien regretter puisqu'en faisant cela elle se serait opposée à sa mère, ce qui n'est pas facile pour un enfant.

En conclusion rapide je dois dire que je ne trouve rien de plus simple et de plus intelligent que d'appliquer, comme au Canada, le principe suivant: donner la résidence principale des enfants au parent faisant le moins obstacle à l'autre parent. Dans mon cas, c'était moi. Si la résidence principale de mes enfants avait été fixé à mon domicile, mes enfants auraient pu rencontrer leur mère autant qu'il l'aurait souhaité."

  • "Un juge aux affaires familiales décide de l'avenir de vos relations avec vos enfants", par Didier, 46 ans

"Lorsqu'on divorce ou se sépare subitement un JAF decide de l'avenir de vos relations avec vos enfants ! Du jour au lendemain sans autre forme de raison qu'un soi disant intérêt de l'enfant de tous les jours (malgré le fait que la maman vit à 500 mètres) vous ne voyez votre enfant que quatre jours par mois en passant tous les jours devant son lieu de résidence et son école et tout s'écroule .(...) Et les années défilent et les liens se coupent et l'éducation n'est faite que par un seul parent .... et l'enfant dans tout cela ?

voilà mon histoire c'est pourquoi je milite pour qu'un magistrat n'ait plus à traiter du temps libre d'un enfant ni de pension alimentaire. En quoi le partage du temps libre d'un enfant et le coût de son éducation doivent-ils dépendre de la loi ?"

  • "J'ai ressenti une grande discrimination en tant qu'homme", par Heykel, 45 ans

"Séparé en mai 2010, j'ai la garde et la résidence principale de mes deux enfants depuis décembre 2012. Je ne dois rien à mes trois avocats successifs qui n'avaient de cesse de me dire que mon dossier était compliqué. Selon eux, je n'avais pas assez de fric pour me défendre ! Les divorces ne les intéressent pas. Ils m'ont fait signer le protocole de divorce devant le JAF sans m'en dire les conséquences... (...)

J'ai eu mon ex à l'usure et l'ai contraint par la force des choses à lui faire reconnaître que j'étais le plus capable pour élever les enfants. Si j'avais cédé et écouté mes avocats, je serai peut-être aujourd'hui perché à mon tour sur une grue. Les enquêtes sociales sont indigentes et partiales.

J'ai ressenti une grande discrimination en tant qu'homme aux moyens financiers communs. Le JAF traite les dossier de manière mécanique à l'audience et les enfile à la chaîne en les survolant. Les femmes jouent en terrain conquis, se jouent des failles d'un système acquis à leur cause et n'hésitent pas à mentir grossièrement. Les avocats sont avides d'affaires rentables, pas de divorces."

  • "Un sentiment d’injustice insupportable", par Thierry, 36 ans

"Lorsque j’ai reçu le jugement début janvier, j’ai ressenti un sentiment d’injustice insupportable. J’ai pleuré de tout mon corps. Une semaine sur deux et la moitié des vacances, voici ce que la justice des hommes a daigné m’accorder pour transmettre à mon fils.

Je travaillais depuis deux ans à temps partiel pour m’occuper de lui le mercredi et me suis toujours énormément investi. Mon ex-compagne était vigilante à ce que je partage les tâches à 50% bien qu’elle ne travaillait pas et ne cherchait pas de travail. J’ai passé de nombreuses nuits sans dormir et autant de soirées à bercer mon fils pendant des heures le soir.

J’ai fait tout ce qu’il fallait pour demander une résidence alternée : j’ai réussi à trouver un appartement avec deux chambres à dix minutes à pied de l’école, ce qui est un exploit dans le centre-ville ; j’ai rassemblé un vingtaine d’attestations de médecins, de l’école et de proches montrant l’attention que je porte à mon fils.

Mais il aura suffit d’un stage de trois mois non rémunéré à mon ex-compagne pour arracher notre enfant de son école et de l’emmener à 200 kilomètres de là pour rendre toute résidence alternée impossible. Car puisque mon fils avait moins de trois ans le jour de l’audience (2 ans et 9 mois), la juge a appliqué la jurisprudence qui dit que tout enfant de cet âge doit rester avec sa mère. Et peu importe mon engagement, peu importe les raisons de cette séparation, ce fut un jugement à charge contre le père, tout simplement."

  • "Un calvaire", par Guillaume, 38 ans,

"En 2007, suite à la séparation d'avec la mère de ma fille, la garde de notre enfant est attribuée à la mère. Bien que j'ai prouvé que je m'occupais autant et même un peu plus de l'enfant (la mère était souvent en voyage pour raisons personnelles), la juge décide qu'il est "préférable de ne pas rompre le lien avec la mère."

C'est pourquoi on lui accorde la garde, et même on l'autorisa à retourner vivre en Italie, son pays d'origine, avec notre fille. Au bout de cinq ans et demi, la mère a déménagé quatre fois, elle n'a pas de travail. Mon travail est stable, et je n'ai jamais déménagé. Je ne vois plus ma fille que sept fois par an environ, le plus souvent pour quelques jours, et cela au prix de tractations interminables sur la date et le prix du trajet. Les conversations au téléphone ou via Skype sont également très difficiles à obtenir, je dois parfois réclamer pendant plusieurs jours de parler à ma fille.

Parallèlement, la mère refuse toute médiation, et m'envoie des mails pleins de menaces et d'accusations ridicules. Je sais que je ne dois pas répondre, sous peine de voir mon droit de visite encore diminué. Elle a le droit de me menacer, moi pas. Cela alors que je constate tous les jours que notre fille est élevée de façon erratique, sinon inquiétante.

Ma fille a bientôt neuf ans. Elle réclame depuis trois ans environ de revenir vivre avec moi, et il semble qu'on va enfin l'écouter. Ce sera pour moi la fin d'un calvaire et l'occasion de jouer réellement mon rôle de père."


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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 08:48
TEMOIGNAGE : Le cri d'un papa

Je m'appelle Jérémy, j'ai 37 ans. L'histoire que je vais vous raconter est vraie, c'est la mienne.

Vendredi 27 Mars 2015, 17h50, la sentence tombe. Déjà au chômage depuis peu, voilà à présent que je serai privé de mes enfants. L'ordonnance de non conciliation rendue par le JAF prévoit en effet que je ne pourrai rendre visite que 4h tous les 15 jours à mes enfants, âgés de 6 mois et 4 ans, au domicile de mes ex beaux- parents et en leur présence, eux qui me détestent cordialement.

Le monde s'écroule sous mes pieds. Comme si ça ne suffisait pas, me voilà congédié de chez moi manu militari, sommé de rendre les clés de notre appartement que j'occupe seul depuis des mois et le départ de mon ex épouse avec les enfants. Ce n'est pourtant pas faute depuis ce 15 janvier, et sa fuite chez ses parents, sur un coup de tête et avec les enfants, de lui avoir proposé de réintégrer l'appartement familial, en vain. Je dois aussi rendre la voiture, que j'utilise pour chercher un emploi et passer des entretiens, dans l'intérêt des enfants me dit-on et de mon ex épouse. Déroutant, quand on sait qu' elle n'a jamais voulu conduire en 3 ans notre break familial qu'elle jugeait trop grand et peu pratique, et que ses propres parents possèdent eux mêmes trois véhicules qu'ils se proposent de lui prêter quand bon lui semble.

En quelques minutes j'ai tout perdu, me voilà démuni de tout, dépossédé de ce que j'ai de plus cher à commencer par mes enfants. Même les pères emprisonnés voient davantage leurs enfants au parloir des maisons d'arrêt, allez comprendre !

Mais pour comprendre ce qui m'arrive aujourd'hui un retour en arrière s'impose. Le 10 janvier 2005, théâtre de l'Empire, gala d'une grande école de commerce. Je m'y rends contraint et forcé pour servir de cavalier à une amie qui s'y rendait seule. La soirée avançant, je fais la connaissance d'une de ses amies, étudiante elle aussi au sein de cette prestigieuse école. Elle s'appelle Emilie, elle a 24 ans. Nous dansons, flirtons ensemble. Puis de façon assez classique, nous décidons de nous revoir et nous fréquentons plusieurs mois, avant d'emménager ensemble dans un petit appartement de 17m² sous les toits dans le 11ème arrondissement. Epoque heureuse et insouciante de la vie étudiante, faite d'amour et d'eau fraîche. Nous nous contentions alors de peu de choses, vivions heureux notre vie de jeunes stagiaires sans le sou. Quatre ans plus tard, ma colocataire d'alors devint ma femme. Je me lançais dans le grand bain, sans enthousiasme ni folle passion, persuadé qu'il fallait en passer par là pour devenir quelqu'un. Autour de nous, les unions fleurissaient. Les bébés aussi. Ha les bébés...j'en voulais pour ma part, mais pourquoi diable faut-il se convaincre de devoir se marier pour en faire ?

Ca y est le grand jour est enfin arrivé. Ce 5 juillet 2009, en cette petite mairie d'une charmante bourgade du Val de Loire, je m'apprête à sceller mon union à celle rencontrée 4 ans plus tôt dans cette soirée arrosée et que peut être je n'aurais jamais dû rappeler...OUI, c'est fait ! Sourire de façade et de circonstance, près de 7 ans plus tard je réalise qu'à ce moment là je ne suis pas submergé par la vague d'émotion qu'on m'avait décrite. La vie s'écoule paisiblement, nouvel appartement, nouveaux jobs, soirées, voyages et bons moments passés auprès de nos amis.

Trois ans plus tard, grande nouvelle ! Après avoir subi un traitement hormonal intensif dans le cadre d'une PMA, mon épouse tombe enceinte de notre premier enfant. Bonheur absolu, je suis aux petits soins. Ce sera une fille, nous l'appellerons Julie en hommage à l'arrière grand-mère maternelle. Je bosse alors comme un dingue et madame doit se ménager, elle est vite contrainte de rester allongée tout le restant de sa grossesse à partir du 3ème mois. Tous les soirs, je cède à ses envies et cours lui chercher son plat favori d'alors, son envie de femme enceinte, une double pizza supplément artichaut !

Julie naît le 15 Juillet 2011. C'est une très jolie petite fille, vive et éveillée. Ma petite princesse grandit très vite et chaque jour qui passe, je découvre la force du lien fusionnel qui m'unit à elle de façon passionnée. Les choses se gâtent peu à peu avec ses parents, omniprésents, omnipotents, donneur de leçons et de conseils à tout va. Nous achetons un nouvel appartement très vite, avec leur bénédiction et leur soutien financier. Avec le recul j'aurais dû refuser leur aide au vu des relations qui ont suivies et de leur tendance à la culpabilisation à outrance.

Je m'investis dans notre nouveau chez nous, en refais les peintures et la décoration avec l'aide de mes parents. Ces derniers ont peu de droit de visite concernant Julie. Mon épouse régente leurs droits à l'égard de leur petite-fille qu'ils n'auront vu en 3 ans en moyenne que toutes les 6 à 8 semaines. Nous sommes pour ainsi dire voisins et habitons à 20 minutes en voiture de chez eux. Sans lui imposer une présence quotidienne à l'image de ses parents au courant de nos moindres faits et gestes, disputes, projets ou engueulades, il y a tout de même une marge !

L'envie d'agrandir la famille se fait sentir. Mais les choses entre nous empirent. Nous nous disputons sans arrêt, pour rien, pour tout. Je ne supporte plus l'influence de ses parents qui vont jusqu'à venir essayer le véhicule qu'on s'apprête à acheter, pour en vérifier l'aspect. Nouvelle PMA, qui marche du premier coup. Emilie tombe à nouveau enceinte. Trop tard pour reculer. Je ne suis plus tout à fait sûr d'avoir envie d'élever avec elle un deuxième enfant, fût-il un garçon. Ce sera un garçon. Je n'aurai même pas le droit d'en choisir le prénom. Il s'appellera Antoine.

Les mois passent et la tension entre nous devient palpable. Première séparation en Septembre 2014. Je rentre chez mes parents pour laisser reposer mon épouse. La séparation se précise et devient inéluctable. Vacances de la toussaint. Je regagne l'appartement familial pendant qu'Emilie emporte avec elle notre fille et sans mon accord se réfugie chez ses parents. Je parviendrai à négocier un droit de visite pour ma fille à raison d'un week-end sur deux et d'une journée par semaine. Echanges musclés avec ses parents, menaces par mail et sms. Jusqu'à la dernière minute je ne sais pas si je pourrai assister à la naissance de mon fils. Antoine naît le 12 décembre 2014. Nous tentons de reprendre une vie de famille en vain. Quelque chose s'est cassé. Nous faisons chambre à part. Je m'occupe une nuit sur deux de mon fils pour laisser sa mère se reposer. Grosse tension, devenue invivable. Le divorce se précise, jusqu'à ce 15 janvier 2015.

Emilie pète les plombs et me menace une nouvelle fois de me priver de mon fils. Je deviens fou de colère et m'emporte. Echanges verbaux violents, pas physiques.

Elle prend alors nos enfants par le bras, s'enfuit chez une voisine, puis appelle ses parents. J'en fais de même. Grand bien m'en a pris. Mes beaux parents arrivent en même temps que les miens. Mon beau père se plante alors dans le salon devant moi et me regarde en rigolant et en affichant un petit sourire narquois et volontairement provocateur. Je m'approche de lui en larmes et lui rappelle que contrairement à ce que sa fille insinue, j'ai toujours été un père aimant et investi que je ne m'en suis jamais pris à mes enfants ou à leur mère. Notre relation est vouée à l'échec mais je n'ai jamais été violent physiquement ni n'ai porté de coups à qui que ce soit. Peine perdue. Le divorce est consommé et je verrai bientôt fleurir dans le dossier parmi d'autres, des attestations totalement mensongères sur de supposés coups que j'aurai porté de façon répétée et habituelle devant mes enfants sur leur mère !

Ecœurement et dégoût ! La bataille s'engage, elle s'annonce sanglante et violente. Je dépose une main courante ce 15 janvier pour signaler le départ du domicile conjugal de mon épouse avec les enfants. Je ne les reverrai pas pendant près de 3 mois malgré mes demandes répétées.

S'en suivra un dépôt de plainte, heureusement classée sans suites, et surtout une demande faite au JAF pour me tenir éloigné des enfants. Heureusement là aussi elle n'aura pas gain de cause. Je réitère mes demandes de voir mes enfants, en vain. Elle part avec eux se mettre au vert jusqu'à la Non Conciliation qui suit de très près le jugement la déboutant de sa demande d'éloignement auprès du JAF. Avocat, psy et parents me soutiennent à bout de bras. Je suis effondré, pleure matin midi et soir, perds du poids et ne mange plus grand-chose. Mon médecin me prescrit un traitement anti dépressif.

Ce qui est absolument affreux est d'assister impuissant à la litanie de mensonges proférés par un avocat qui ne vous connaît pas et qui essaye de convaincre le juge que vous et votre famille réunis êtes des suppôts de Satan, des êtres sans foi ni loi, menteurs, violents et agressifs. Vis ma vie d'hystérique….Un peu comme ce dessin animé manga de notre enfance où le héros vicelard se mangeait des coups de masses de 550 méga tonnes dès qu'il matait une autre fille, j'avais envie de sauter sur l'avocate adverse et de lui écraser la tronche à coups de pelle à neige !

Lors de l'audience statuant sur la demande d'éloignement, j'ai pu m'exprimer et contester une partie des faits invoqués. Mon épouse m'avait inscrite à une émission télévisée, « Les maternelles » sur France 5 consacrée à la qualité de la relation père-fille. A cette époque, elle ne tarissait pas d'éloges sur moi et ma qualité de père aimant, présent et investi aux côtés de ses enfants. Je me suis toujours beaucoup occupé d'eux et nombre de mails, lettre ou courriers de sa part en attestent. Les mésententes datent essentiellement de la naissance de mon fils où l'atmosphère à la maison est devenue irrespirable. Je suis suivi par ma psy depuis plusieurs mois et je dois dire qu'elle avait vu juste dès le début. Nous courions tout droit à la catastrophe. Je lui ai fourni nombre de mails, de textos ou d'échanges longs comme le bras ou mon ex épouse se confond en reproches, menaces, accusations mensongères, brimades et vexations comme pour se venger d'une relation promise à un échec certain et qui ne ressemblerait pas à son rêve de petite fille.

Grâce à elle mon dossier a été soudain moins vide. Elle m'a fourni une attestation décrivant la relation néfaste qui s'est instaurée entre nous au fil du temps et qui conduit à une situation de conflit et de co construction violente.

Même si la partie adverse a semblé contester le bien fondé de cette attestation versée à mon dossier, l'argument fait mouche auprès de la JAF ; Je fournis également nombre d'attestations de proches qui me décrivent de façon précise et circonstanciée comme un paire aimant et investi, soucieux du bien être de ses enfants.

Pour la petite histoire, mon épouse a fourni nombre d'attestations mensongères comme celle d'une de ses amies prétendant qu'en sa présence je m'en serai pris physiquement à sa fille : sa fille justement, ou sa peste de fille devrais-je dire, du haut de ses 4 ans avait pour habitude de taper, mordre et tirer les cheveux de sa mère. Elle avait pris chez la nounou ma fille pour souffre douleur et l'avait mordu jusqu'au sang à plusieurs reprises. A la demande de mon ex épouse très copine avec sa mère, je n'avais pas fait de scandale et m'étais tu à contre-coeur. Résultat en ce 15 décembre 2014, sous notre toit invitée à un goûter, la peste en question, alors que je passais une tête dans la chambre pour m'assurer que tout allait bien, s'apprêtait à taper et mordre à nouveau ma fille pour lui piquer un jouet qu'elle convoitait.

Tout naturellement je l'ai rappelée à l'ordre et sermonnée comme il se doit, sans jamais la toucher mais en la grondant comme un adulte le fait avec un enfant turbulent. Ni plus, ni moins. Je suis passé pour un infâme psychopathe et cela m'a valu deux attestations identiques de la mère et de la grand-mère de la petite, décrivant une scène qu'elles n'avaient pas vue en exagérant le trait.

La justice a ses limites parfois, surtout dans ce genre de dossier. Première ordonnance du juge, rejet de la demande d'éloignement. Je souffle. Je vais donc enfin revoir mes enfants ? Hé non ! Leur mère part avec eux, en attendant la Non Conciliation demandée dans la foulée par mon avocate et qui doit avoir lieu 3 semaines plus tard. Comme dit plus haut, l'audience de non conciliation a été houleuse. Probablement déçue de ne pas avoir convaincu en racontant des histoires à dormir debout, l'avocate de la partie adverse me dépeint comme un homme qui présente bien, mais violent, menteur, et manipulateur.

Je risque à tout moment de me saisir de mon bébé âgé de 3 mois et de le secouer ! Je manque de tomber de ma chaise ! Pauvre imbécile, c'est elle que j'ai envie de secouer sur le moment ! Et elle joint le geste à la parole devant une juge qui semble se montrer réceptive à son argumentaire bancal, puisque ne reposant sur aucune preuve étayée, aucun fait avéré et uniquement des suppositions et des extrapolations de ce qu'elle croit percevoir de moi !

C'est donc ça la justice : une vaste blague ou des bobards à la chaîne s'ils sont dits avec tact, force et conviction peuvent convaincre un juge ? A mon tour de parler. Je prends sur moi et tâche de trouver les mots et le ton qui conviennent pour faire part de toute mon indignation devant de tels procédés grossiers et affirmations mensongères, preuve à l'appui. Y a-t-il des raisons de me croire violent ? Non pas de dépôt de plainte ou de traces de coups. Suis-je un mauvais père ? Non au contraire quand on voit comment ma fille réagit à ma présence et au vu des nombreux témoignages reçus confirmant mes qualités de père.

Un à un je déroule tous les arguments que je peux et espère convaincre la juge de m'accorder ce que je demande et qui ne me paraît pas excessif, un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires, plus une journée par semaine avec mon fils pour renouer des liens.

Trois semaines plus tard, le jugement tombe : je ne suis autorisé à voir mes enfants qu'un samedi sur deux, de 14h à 18h, d'abord chez mes beaux parents….On croit rêver, et je suis accusé de ne pas avoir noué de lien au cours des trois derniers mois avec mes enfants, alors que leur mère m'a justement empêché de les voir ! Je touche le fond, et crie de colère et de douleur à la lecture de la décision.

Aujourd'hui aidé par de nombreux témoignages de sympathie, y compris au sein même de mon ex belle famille étonnamment, je tente de refaire surface. Ayant perdu mon travail, je tâche d'abord de retrouver un emploi stable. Heureusement mes parents m'hébergent. Expulsé du logement conjugal et sans leur aide, je serai à la rue ! Prochaine étape, l'appel et l'expertise médico psy pour espérer ensuite saisir en référé le JAF, en espérant obtenir gain de cause.

Ma prochaine visite de mes enfants est prévue ce samedi, et j'ai peur….

Image : http://www.google.fr/imgres?imgurl=http%3A%2F%2Fimg.src.ca%2F2012%2F01%2F07%2F635x357%2F120107_6u7mp_homme-pleurs-deuil_sn635.jpg&imgrefurl=http%3A%2F%2Fwww.radio-canada.ca%2Fnouvelles%2Fscience%2F2012%2F01%2F11%2F001-deuil-coeur-avc.shtml&h=357&w=635&tbnid=ZKppcU5DjlDMyM%3A&zoom=1&docid=fvdQ0O2pFL3WMM&ei=TuAoVYu1LcPdasXxgbgN&tbm=isch&iact=rc&uact=3&dur=3408&page=3&start=91&ndsp=48&ved=0CDkQrQMwEThk

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 18:23
La vengeance dans la séparation

Marc a trompé Claudine. Claudine, de colère, est allée voir sa maitresse, tenter de briser cette nouvelle idylle. Ca n’a pas marché. Alors, dans la séparation, elle influence les enfants, elle s’accapare l’appartement, propriété de Marc. Elle fait des dettes dont Marc est solidaire. Puis, devant le juge, elle revendique sa place de victime. Elle crie le plus fort possible sa douleur. Certaines iront même jusqu’à faire de fausses accusations d’agressions sexuelles, de mauvais traitements, d’abus sur enfance, de prise de drogue… afin de faire mal au futur ex.

Evidement cette histoire se conjugue à tous les sexes, à tous les âges et à tous les milieux. La vengeance n’est pas le propre de la femme. C’est le propre des hommes et même celui des animaux. Les primatologues parlent d’ « altruisme réciproque ». En réponse à une faute, une agression, une duperie (peu importe), je réponds par une faute, une agression, une duperie (peu importe).

Qu’est ce que la vengeance. A-t-elle une fonction ? Apporte-t-elle des bénéfices à celui qui la prodigue ?

La vengeance est une réponse à une attaque ressentie par un individu. La faute n’a pas besoin d’être avérée, il suffit de se SENTIR frustré, bafoué, trompée, trahi, volé, annulé… pour avoir envie de répondre de la même manière. Le désir de vengeance nait du ressenti d’un affront et n’a donc pas de valeur objective.

Répliquer à une attaque est ancestral et même naturel. C’est une manière d’annuler le sentiment d’injustice. C’est aussi une façon de reprendre le contrôle sur ce qui a été subi – je n’ai pas choisi d’être trompé, bafoué, volé,… La situation m’a échappée et elle m’a échappée par le biais d’une personne qui était supposée me vouloir du bien et en qui j’avais donné toute ma confiance. En rendant ce qui m’a été fait, j’ai le sentiment que je reprends le contrôle sur qui je suis et sur mon environnement.

La vengeance a donc bien une fonction bénéfique. Elle est réparatrice. Une personne qui ne se sentirait pas offusqué après un affront et qui n’aurait pas envie de se venger serait « anormale ». Elle manquerait probablement d’estime de soi et de respect pour elle-même. Le désir de vengeance est donc aussi un indicateur du degré d’amour propre.

Cependant, comme tout, ce n’est que dans la modération que la vengeance aura des effets bénéfiques. En effet, la vengeance peut causer des dégâts irréparables, aussi bien psychiques que physiques que situationnels. La vengeance a un sens si elle est une réponse EGALE à l’agression ressentie. Si un fort ressentiment submerge la victime et que celle-ci s’installe et se définit dans ce désir forcené de se faire justice, alors la vengeance devient pathologique et détruit tout sur son passage. C’est le cas de Claudine qui, envahie par son sentiment de rejet, sa haine, enchérit, augmente les degrés des répliques. A un adultère, elle répond par une tentative de meurtre symbolique de l’ex.

Dans les tribunaux, nous rencontrons des centaines de cas de parents qui se déchirent à coups de procédures. L’un est blessé et veut faire valoir en pire ce qu’il a vécu. L’autre en réponse, à son tour blessé, veut aussi faire valoir sa blessure et répond en pire. Et le cercle vicieux commence. D’une 1ère vengeance, on finit à la loi du talion. Chacun va répondre éternellement à l’autre et rendre la situation plus douloureuse.

Parfois, il suffit d’excuse, de repenti pour que le besoin de vengeance disparaisse. Marc aurait pu s’excuser auprès de son épouse pour cette trahison et faire un peu preuve de pudeur et de contrition. Mais au contraire, il est resté dans le silence, donnant l’impression de l’indifférence et du rejet.

Mais ce ressentiment qui s’installe, cette acidité qui corrode l’être n’aura pour conséquence que le désamour de soi. A long terme, le vengeur aura un sentiment négatif de lui-même. ll finira isolé car l’homme n’aime pas les « méchants » et finira par le rejeter (renforçant à nouveau le sentiment d’injustice). Va s’installer dans la vie du vengeur un quotidien de stress, d’anxiété et on finira par y trouver une dépression. Un désir de vengeance qui dure trop longtemps et qui s’intensifie mobilise l’énergie disponible. Le vengeur mettra toute son énergie et ses ressources au service de la vengeance. Il est en proie à des idées obsédantes, des ruminations et passera à coté des choses essentielles de sa vie et de sa reconstruction post séparation.

Alors si la vengeance peut avoir un sens, elle ne l’a qu’à condition qu’elle soit propositionnelle à la faute et qu’elle se limite dans la forme, le degré et le temps. Dans la vengeance, il y a toujours le risque d’une réponse de celui qui la subit (et la ressente avec sa subjectivité). Il faut donc mesurer le risque de sa vengeance.

Parfois, juste dire ce que l’on a sur le cœur, juste pour soulager sa douleur, sans espérer une réponse, une intelligence en face est plus réparateur qu’une vengeance dévastatrice. Désirer se venger est normale mais le contrôle l’est plus encore !!

image : http://citation-comme-sa.skyrock.com/3166499488-Vengeance.html
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28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 13:18
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13 mars 2014 4 13 /03 /mars /2014 09:22
Ces parents qui ont 4 jours par mois avec leur enfant !

Dans 70% des cas environ, la résidence des enfants est exclusivement confiée à la mère. Les enfants sont donc 13 nuits chez maman puis 2 nuits chez papa, puis cela recommence. En général, le parent non gardien va les chercher les vendredis à la sortie des classes et les ramène chez la maman le dimanche soir vers 18-19h selon le jugement.

Lorsque les deux parents ont choisi ensemble ce mode de garde et qu’ils s’entendent pour maintenir le lien par le téléphone, skype et que le parent gardien valorise l’autre parent auprès de l’enfant, ce mode de garde peut être satisfaisant. Aucun message négatif et sentiment lourd d’absence est ressenti des deux cotés. L’enfant ou le parent pourra manquer à l’autre mais cela arrive même dans les familles non séparées. L’absence n’est pas forcément nocive.

S’il n’existe aucune communication entre les deux parents, si la guerre est installée, le parent non gardien n’a pas accès à la vie quotidienne de son enfant. Alors, ce mode de garde est fragile pour la relation parent/enfant mais aussi pour ce parent non gardien qui a des difficultés à trouver sa place.

Très souvent, ce parent non gardien ne recevant son enfant que 4 jours par mois n’investit pas les placards de son enfant. Il récupère un sac de vêtements préparé par l’autre parent.

Très souvent, ce parent non gardien, si l’espace de son foyer n’est pas suffisant, n’aura pas détaché une chambre pour l’enfant.

Très souvent, ce parent non gardien aura surinvesti l’achat de jouets dont l’enfant ne se servira quasi jamais ou n’aura que le strict minimum pour occuper l’enfant.

Très souvent, ce parent non gardien sera très sérieux pour faire faire les devoirs à son enfant afin de compenser son absence ou au contraire il se dira que des devoirs ratés une fois tous les 15 jours, ce n’est pas grave !

Très souvent, ce parent non gardien sera à cheval sur la politesse et l’éducation de son enfant au risque de faire le contraire de chez l’autre parent et de passer pour un tyran. Ou il se dira qu’en 4 jours, il n’a pas beaucoup de temps pour participer à l’éducation de son enfant, donc à quoi bon ? Autant rester « cool » !

Très souvent, ce parent non gardien, parce qu’il manque de temps avec son enfant, n’amenera pas son enfant au sport ou à son activité parascolaire le samedi.

Très souvent, ce parent non gardien n’offrira pas à son enfant la possibilité d’aller aux anniversaires des copains parce les copains le voient plus que lui.

Très souvent, ce parent non gardien ne partagera pas sa vie sociale avec son enfant car 4 jours, ce n’est que pour lui. Ou très souvent, il surinvestit le social pour que l’enfant puisse tout partager de sa vie.

Très souvent, ce parent non gardien fera dix millions de choses durant le we, à se ruiner, à s’épuiser pour créer des souvenirs avec son enfant.

Très souvent, ce parent non gardien commencera à perdre le sourire le dimanche vers 16h quand il comprendra que la fin du we approche.

Ce que l’on voit ici, c’est que ces parent non gardien sont démunis. Soit ils surcompensent soit ils s’effacent. Chacun fait ce qu’il peut avec sa souffrance et sa peur de disparaître. Certains se soumettent et ne parvenant plus à créer du lien avec leur enfant, se retirent progressivement de sa vie. D’autres surcompensent, espérant que ce lien ne disparaisse jamais.

Ce que l’on peut noter dans ce système de garde, c’est que le parent non gardien perd de sa parentalité. Il est soit idéal (celui qui surcompense), fantastique, énergétique, aimant, … soit négligent (celui qui disparaît) car il ne parvient pas à trouver une place de père et de ce fait à en donner une à son enfant.

Image : http://fr.freepik.com/
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16 février 2014 7 16 /02 /février /2014 22:15
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13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 08:29
Et si se séparer était finalement un geste parental ?

Qu’est ce qu’être un bon parent ? Nous savons tous aujourd’hui qu’il n’existe pas de parent parfait. Nous savons tous également qu’un parent satisfaisant pour tel enfant ne l’est pas pour tel autre. Etre parent, c’est aussi s’adapter à la personnalité d’un enfant. Dès lors, nous comprenons que malgré toute notre bonne volonté, être parent est compliqué et non inné.

Heureusement, la société et notre propre famille nous ont donnés des indications, des indices pour nous approcher au mieux de ce qui fait du bien aux enfants. Par exemple, aimer est essentiel. Encourager, ne pas dénigrer, accompagner, écouter, se rendre disponible, être cohérent dans son système d’éducation, établir des règles ou un cadre…etc sont des bases pour que l’enfant se développe dans un environnement serein.

Nous savons également tous que deux parents unis, ensemble et stables sont importants voire essentiels pour que l’enfant grandisse en sécurité.

Or, dans notre société actuelle, divorcer/ se séparer devient banal. Cela n’empêche que tout parent se reproche, se déteste même, de faire subir à son enfant cette situation. La culpabilité revient systématiquement. Les questions autour de la douleur infligée à l’enfant sont systématiques.

Et pourtant, il est possible que se séparer soit un geste parental. En effet, dans mon article « cerveau & Psycho – les dix commandements de la parentalité », http://psy-conseil-divorce.over-blog.com/article-cerveau-psycho-n-44-bimestriel-mars-avri-77250116.html, je mets en avant les 10 compétences parentales les plus importantes pour l’équilibre d’un enfant.

Les trois compétences les plus marquantes par ordre d’importance sont :

1/ Amour et affection : Témoigner amour et affection à son enfant lui permettra de développer une bonne estime de soi et un narcissisme fort.

2/ Gestion du stress : Que se passe t-il lorsque l’on est stressé ? On n’est plus disponible pour l’enfant et donc on lui montre moins d’amour et d’affection. De plus, lorsque notre tête est prise par un stress, l’enfant par mimétisme se sent concerné. Il peut même se rendre responsable. 3/Compétences relationnelles : Montrer à son enfant que papa et maman s’aiment et se respectent. L’enfant observe la qualité de vos relations conjugales et se basent sur vos interactions pour comprendre les relations humaines. Si votre enfant vous entend insulter l’autre ou vous faire insulter, un conflit de loyauté naitra dans un premier temps puis un dysfonctionnement affectif qui sera la marque de ses relations futures.

Si un couple se sépare, c’est qu’il y a une raison. Aujourd’hui, on se sépare principalement par désamour. Or, le désamour a mille formes dans le couple – l’indifférence, le conflit, la hargne, l’isolement, l’évitement, les insultes, l’énervement, la dépression, la colère, l’absence, le harcèlement…. Avant de prendre la décision de se séparer, on hésite et on hésite d’autant plus qu’il y a des enfants. On prend donc son temps, temps durant lequel l’enfant voit, entend, sent et subit la situation. Bien sur, il se taira et tentera de distraire les parents pour les réunir, ou il s’isolera pour moins subir la situation, ou il deviendra nerveux….

L’enfant, durant cette phase de pré-séparation, n’a plus accès à ses parents. Mais surtout, il a accès à des parents qui n’appliquent plus les trois compétences les plus importantes.

1/ Amour et affection : bien que dans ces contextes de désamour, on ne cesse pas d’aimer ses enfants, on n’est moins ou plus dans la démonstration. On est préoccupé par la situation. On souffre du désamour. On compense en surinvestissant l’enfant qui peut étouffer. Ou on se montre plus absent et l’enfant cherche à trouver une nouvelle place.

2/ Gestion du stress : il existe deux sortes de stress, le bon et le mauvais. Face à une situation menaçante, notre corps se met en alerte et nous fait stresser. Le bon stress entraîne la poussée d’énergie dont nous avons besoin pour échapper ou pour nous confronter à la situation. Une fois, la situation réglée, le stress disparait. Un parent satisfaisant va alors enseigner à son enfant à ne pas paniquer face aux situations menaçantes mais surtout à réguler ses émotions face à l’environnement qui est majoritairement imprévisible. Le mauvais stress, c’est lorsque l’on a une réponse inadéquate par rapport à la situation ou lorsque l’on n’arrive pas à se réguler une fois la situation réglée. Dans les périodes de désamour, le stress est permanent et la régulation des émotions est très difficile. Il est quasi impossible pour les deux parents de s’échapper. L’enfant subit alors de manière répétée du mauvais stress et n’apprend pas à se réguler. Il ne pourra alors que mettre en place des stratégies de défense qui deviendront son système de fonctionnement si la situation dure.

3/Compétences relationnelles : Quand on ne s’aime plus, voire ne se supporte plus, on montre à son enfant tout sauf cette bienveillance, solidarité entre adulte dont il a tant besoin. Le respect n’existe plus. Parfois même les règles de base de politesse ont disparu. L’enfant n’apprend donc pas la communication consensuelle. Il n’acquiert pas ou difficilement l’empathie, la conscience de soi et de l’autre. Il a des difficultés à se situer par rapport aux autres. Et enfin, sa perception de la réalité est perturbée car il grandit dans un environnement ou seule la pulsion est exprimée. Il n’y a plus de filtre social.

Lorsque l’on comprend l’impact que cette période a sur l’enfant, ne lui est-il pas plus favorable que ses deux parents se séparent ? Le plus difficile au fond est de comprendre le caractère inévitable de la séparation. Cette période traine car on refuse l’inévitable ! Une fois la séparation acceptée, celle-ci prend malheureusement tout son sens, et ce, même pour les enfants !

Certes, se séparer a un impact sur l’enfant. Mais des deux situations, c’est peut-être la « moins mauvaise » à long terme. Après, à charge pour ces deux parents de penser à l’enfant sur leur manière de se séparer. Si se séparer devient un simple prolongement de ce désamour et que le conflit s’installe alors l’enfant ne tire aucun bénéfice à la séparation. Il vit donc une double peine. Se séparer doit mettre un terme au conflit et non pas l’attiser. Il est donc important de tenter de vite digérer la situation de désamour et de séparation pour pouvoir retrouver ces trois compétences si essentielles à la vie de l’enfant.

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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 11:18

1/ Parce que je suis une féministe de la 1ère guerre. Aujourd’hui être féministe, ça ne consiste plus qu’à pointer tous les abus faits aux femmes. Nous sommes violées, nous sommes abusées par des pervers narcissiques, nous sommes frappées, nous sommes lésés ….Bref, ce nouveau féminisme dans lequel je ne me retrouve plus réduit la femme à être victime …, essentiellement des hommes. Bien sûr que cela existe ! Bien sûr que ces femmes vivent des choses dramatiques, mais elles restent marginales et heureusement ! Et ces femmes victimes ne doivent pas être réduites à leur drame. Elles sont tant d’autres choses. Elles ont la compétence de se relever, de se battre et d’exister. Les réduire à leur drame, c’est aussi les empêcher d’avancer. Et surtout, il y a toutes les autres, toutes celles qui ne subissent pas, toutes ces femmes qui souhaiteraient être dans une société qui leur reconnait des valeurs professionnelles, sociales, intellectuelles… Tant que la femme ne sera présentée que sous l’angle de la victimisation, celle-ci ne pourra jamais être l’égal de l’homme.

2/ Parce que j’espère un rééquilibrage des sexes dans toutes les sphères de la vie. Tant que moi, la femme, je serai la responsable 24j/30 des enfants, l’homme sera réduit au rôle de pourvoyeur. Pourquoi ne pas rééquilibrer ? Si je développe ma sphère professionnelle et sociale, le père développe sa parentalité. Ce n’est que par un rééquilibrage des taches au familial et au social que chacun pourra exister.

3/ Parce que la femme est plein d’autres choses qu’une maman. Je suis une maman. Je suis une amie. Je suis une femme avec une sexualité. Je suis la fille de quelqu’un. Je suis la sœur de quelqu’un. Je suis sportive. Je fais de la peinture, du théâtre, du chant. Je suis fêtarde. Je suis casanière. … J’aimerai être tellement de choses que je ne peux être 4 jours par mois.

4/ Parce qu’une femme aime son enfant même si elle s’éclate ailleurs que dans sa parentalité. J’aime mon enfant que je sois avec lui tout le temps ou au travail. J’aime mon enfant même lorsque j’ai rencontré un homme et que j’ai envie de passer une soirée ou un un week-end uniquement avec lui. J’aime mon enfant quoiqu’il arrive.

5/ Parce les pères, dans leur immense majorité, ne sont ni violents, ni incestueux. Mon petit coup de gueule à l’argument anti résidence alternée. La loi prévoit, quelque soit le mode de garde, qu’un parent maltraitant ne peut recevoir son enfant. Il se retrouve en centre de médiation sous observation avec son enfant. Il y a en France 30 millions d’hommes. Tous seraient maltraitants ? Non ! Nous sommes tous d’accord, hommes et femmes, pour ne pas laisser un enfant en charge à un auteur de violence. Tous les hommes non maltraitants ne devraient pas à subir l’horreur des autres (de plus la violence n’a pas de sexe et elle existe chez l’homme et aussi chez la femme).

6/ Parce que je sais qu’un enfant a autant besoin de son père que de sa mère pour se développer. Les adultes issus de la monoparentalité sont dans mon cabinet et présentent souvent des dysfonctionnements affectifs, un narcissisme faible, une incompétence au couple et au social. Ce sont majoritairement des adultes effrayés par la confrontation à l’Autre.

7/ Parce qu’une mère épuisée et dans le sacrifice est une moins bonne mère. Une femme qui s’épanouie dans plusieurs sphère de sa vie passe les bons messages à son enfant et transmet cette compétence au bonheur si essentiel au développement de celui-ci. Elle est disponible pour lui – peut-être un peu moins en temps mais beaucoup plus en énergie et plaisir. En étant uniquement sa mère, l’enfant n’apprend pas à aller vers le monde extérieur. La maman le surinvestit et il devient garant de son équilibre. En quelque sorte, il devient son égal. Or, l’enfant n’est pas un adulte.

8/ Parce que c’est la solution la moins pire dans les cas de séparation. L’enfant qui ne voit un parent que 4 jours par mois aime ce parent de manière fantasmatique. Il n’a pas accès au parent réel. On parle bien des papas du dimanche, des papas poules. Ces papas ne disent jamais Non, ne se fâchent pas, ne s’occupent pas des devoirs, des contraintes…. Et pour cause ! 4 jours, ce n’est que du bonus pas de l’éducation. L’enfant finit par croire que maman est une mégère et papa un super héro. L’enfant grandit avec des images erronées de ses deux parents. Aucun des parents n’est à envier.

9/ Parce qu’un enfant a besoin de d’alterner entre ses deux parents (même lorsqu’ils ne sont pas séparés), de s’identifier à chacun. Lorsqu’un enfant vit exclusivement avec un parent et qu’il n’y a pas un autre adulte pour l’aider, l’enfant colle à la structure psychologique de ce parent. Il ne peut donc pas s’échapper de la psychopathologie (pathologie du normal) de celui-ci. Il a besoin de pouvoir aller chercher chez ses deux parents ce qui va intuitivement lui être bénéfique. En résumé, pour sa santé, il faut qu’un enfant puisse s’échapper de son parent pour aller vers l’autre.

10/ Parce que l’enfant n’est pas en sucre et que diaboliser la résidence alternée au même titre que la violence, physique, psy et sexuelle est donc une aberration.

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