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Elodie Cingal/ 06.33.55.39.43

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  • : En tant que psychologue psychothérapeute (N° ADELI 75 93 4781 8), j’ai eu l’occasion de travailler sur différents problèmes et différentes pathologies. Capable de m’intéresser à beaucoup de domaines, j’ai voulu créer un petit blog qui parle de la psychologie en générale et des sujets qui me tiennent à cœur à un moment donné. Téléphone : 06 33 55 39 43
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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 10:04

Les beaux-parents, qui vivent avec un ou plusieurs enfants, dans une famille recomposée, pourront désormais l'accompagner dans des démarches de la vie courante plus simplement...

Christine Diego Hernandez - avec Elodie Cingal, psychologue soutien et conseil dans les divorces, et Agnès de Viaris, psychologue, spécialisée dans les problématiques familiale et soutien. - 1 juillet 2014

Beaux-parents : le mandat d’éducation quotidienne

L’Assemblée nationale a adopté un volet de la loi famille intitulée « autorité parentale et intérêt de l’enfant » (loi APIE) dans la nuit du lundi 16 au mardi 17 juin 2014. Un « mandat d’éducation quotidienne » a ainsi été entériné pour le beau-parent. En quoi cela consiste, qu’est ce qui est prévu concrètement ? Qu’est-ce que ça va changer ? Explications.

Se séparer, ce n’est jamais facile. Refaire sa vie non plus. Aujourd’hui, près d’1,5 million d’enfants grandissent dans des familles recomposées. En tout, 510 000 enfants vivent avec un beau-parent. Réussir à maintenir une harmonie dans son foyer, même après un divorce difficile, est souvent le challenge des parents séparés. Le (ou la) nouveau (velle) compagnon (ne) doit faire sa place et endosser le rôle du beau-parent. Que va changer concrètement le mandat d’éducation quotidienne pour les belles-mamans ou beaux-papas ? Comment les enfants vont-ils vivre cette nouvelle mesure ?

Loi famille : le mandat d’éducation quotidienne en pratique

Si la loi APIE ne donne pas de « statut légal » aux beaux-parents, elle permet la mise en place d’un « mandat d’éducation quotidienne », avec l’accord des deux parents. Ce mandat permet, à belle-maman ou beau-papa vivant de manière stable avec l’un des parents, d’accomplir des actes usuels de la vie quotidienne de l’enfant pendant la durée de leur vie commune. Le beau-parent peut notamment signer officiellement un livret scolaire, participer à des réunions avec les professeurs, emmener l'enfant chez le médecin ou à une activité extrascolaire. Ce document, qui peut être rédigé à la maison ou devant un notaire, certifiera les droits d’un tiers à s'occuper de l'enfant dans la vie courante. Ce mandat pourra être révoqué à tout moment par le parent et prendra fin en cas de rupture de la vie commune ou de décès du parent.

Une nouvelle place pour le beau-parent ?

La mise en place d’un tel mandat va-t-elle avoir un impact réel dans la vie quotidienne des familles recomposées ? Pour Elodie Cingal, psychothérapeute et conseil dans les divorces, explique « quand tout se passe bien dans la famille recomposée, il n’est pas nécessaire de revendiquer un statut particulier ». En effet, de nombreux enfants, vivant au sein de familles reconstituées avec des beaux-parents et des enfants d’une précédente union, grandissent auprès d’un beau-parent, et celui-ci l’accompagne régulièrement aux activités extrascolaires ou chez le médecin. Selon elle, il aurait été plus intéressant de donner un statut légal au « tiers » que d’opter pour ce mandat en demi-teinte. Elle ajoute même que « quand les relations sont difficiles entre la belle-mère ou beau-père et l’autre parent, cela pourra accentuer les conflits. Il est possiblequ’un beau-parent qui prend beaucoup de place en prenne encore plus et revendique ce mandat, comme un pouvoir en quelque sorte. » Par ailleurs, Agnès de Viaris, psychothérapeute spécialiste des problématiques familiales précise que « l’enfant aura ainsi deux modèles masculins différents, ce qui est sain pour lui. » En revanche dans le cas où la garde principale est donnée à la mère, et où le père biologique ne voit ses enfants qu’un weekend sur deux, et donc, de facto, passe moins de temps avec ses enfants que le beau-père. « Ce nouveau mandat va accentuer cette inégalité entre le père et le beau-père» selon la psychothérapeute Elodie Cingal. Céline, mère de famille divorcée et vivant dans une famille recomposée, explique ainsi que « pour mon ex-mari, cela va être très compliqué, il a déjà du mal à avoir une relation stable avec ses enfants ». Cette maman estime qu’il ne faut pas donner plus de place au beau-parent.« En ce qui concerne les réunions à l'école, le médecin, je ne veux pas que cela soit le beau-père qui s’en occupe. Mes enfants ont un papa et une maman et nous sommes responsables de ces choses "importantes" de leur quotidien. Pas besoin d'impliquer une autre personne là-dedans. De même, je ne tiens pas à gérer plus que ça les enfants de mon nouveau compagnon, je veux bien leur apporter confort, soin, mais les problèmes médicaux et/ou d'école ne regardent que les parents biologiques. »
Pour autant, ce nouveau droit octroyé, version édulcorée de ce qu’aurait pu être un vrai statut du « tiers », confère un peu plus de responsabilité, voulue et revendiquée, aux beaux-parents. C’est l’avis d’Agnès de Viaris qui explique que « cette avancée est une bonne chose pour que le beau-parent puisse trouver sa place et ne se sente pas oublié dans la famille recomposée. » Une maman du forum d’Infobebes.com, vivant dans une famille reconstituée, partage cette idée et se dit ravie de ce nouveau mandat : « les beaux-parents ont beaucoup de devoirs et aucun droit, c’est juste dégradant pour eux. Du coup, même si c’est pour de petites choses que beaucoup de beaux-parents font déjà, cela permet une reconnaissance de ceux-ci ».

Et pour l’enfant, qu’est-ce que ça change ?

Alors pour qui est-ce différent ? L’enfant ? Elodie Cingal précise à ce sujet : « si une compétition ou des conflits existent entre les parents, les ex-parents et le beau-parent, cela va les renforcer et l’enfant subira une nouvelle fois la situation.Il sera tiraillé entre les deux. L’enfant de toute façon subit depuis le début la séparation. » Pour la psychothérapeute, c’est l’enfant qui favorise le succès de la famille recomposée. Il fait le lien entre les deux familles. Pour elle, il est important quele beau-parent reste « un amoureux » la première année. Il ne doit pas s’imposer trop vite, cela laisse aussi la place à l’autre parent d’exister. Ensuite, au fil du temps, à lui de se faire adopter par l’enfant. C’est d’ailleurs lui qui nomme le « beau-parent » et c’est à ce moment-là que le tiers devient le « beau-parent ».

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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 08:22

En cas de séparation, la mère reprend ses droits dans 71% des cas. A l’heure où la loi Famille peine à être adoptée à l’Assemblée, certains papas veulent se faire entendre et retrouver leur place. La société semble prête, mais la justice renâcle. A Bordeaux, les « cafés des pères » leur permettent de faire front.

On le croise dans la rue harnaché d’un porte-bébé, dans les cours de préparation à l’accouchement, à la sortie de l’école… Pourtant, pour la justice et de nombreux professionnels de la petite enfance, la mère reste la référence et le père semble relégué au rang d’accessoires. « Maltraitance », « injustice », « lésés »… sont les mots qui reviennent dans la bouche de ces pères privés de leurs enfants.

« J’ai déménagé deux fois pour me rapprocher de l’école, j’ai choisi une résidence avec piscine, je prends un mercredi sur deux en congé payé pour mes filles, je n’ai plus de vacances pour moi et j’aménage mes horaires de travail ».

Malgré ses efforts, Hervé essuie son troisième refus au tribunal pour la garde alternée de ces deux filles, âgées de 6 ans et demi et 8 ans. Et il ne se sent absolument pas soutenu dans son combat.

« Pour la justice, l’intérêt de l’enfant, c’est d’être avec la mère. »

12% des enfants de couples divorcés vivent chez leur père

Même si le nombre de résidences alternées s’accroît, selon une étude réalisée en 2012 par le ministère de la Justice, elle n’a lieu que dans 17% des séparations (10% en 2003).

« Je voulais demander la résidence principale, relate Hervé (le prénom a été changé), mon avocat m’a dit que cela n’arriverait jamais. Pour la justice, l’intérêt de l’enfant c’est d’être avec la mère. On m’a même déconseillé de faire appel pour ne pas perdre ce que j’avais déjà acquis. »

A savoir un week-end sur deux, un mercredi sur deux et la moitié des vacances. Seuls 12% des enfants de couples divorcés résident chez leur père.

Stéphane, lui, séparé de sa compagne avant la naissance de leur fille, a rencontré plusieurs avocats qui ont refusé de le défendre s’il demandait la garde alternée.

Antoine se bat depuis sept ans pour avoir son fils plus d’un week-end sur deux, persuadé que cette relation en pointillés n’est pas structurante pour l’enfant. Les pères sont-ils des accessoires qui facilitent la logistique de la vie du couple, mais dont on peut se passer pour l’éducation des enfants en cas de séparation ?

Bordeaux fait de la place aux pères

« Lors des ateliers destinés à élaborer la ville sociale, explique Brigitte Collet, adjointe au maire de Bordeaux chargée de la famille, la place du père revenait très souvent. »

La mairie a alors cherché à lui en faire une dans la ville. Par des détails d’abord, comme ajouter une chaise dans les bureaux des directeurs d’école ou déplacer les salles d’allaitement à l’arrière des crèches plutôt qu’à l’entrée pour dissiper le malaise. En 2010, la mairie et la CAF leur attribuent même un espace d’expression, de décompression, le Café des Pères. Une petite dizaine de pères séparés s’y retrouvent chaque semaine pour discuter durant deux heures. Une centaine de participants poussent la porte de ce lieu anonyme et gratuit chaque année.

« Ce qui revient le plus dans les discussions, rapporte le psychologue Charles Ingles, l’intervenant du Café des pères, c’est ce sentiment d’une société à deux vitesses et d’une justice en faveur des mères, le non-respect des décisions de justice et la peur de ne pas être là, de se faire prendre sa place. »

LA PATERNITÉ EN MOTS ET EN SCÈNE

Le collectif d’artistes je suis noir de monde travaille actuellement sur une conférence-spectacle réalisée à partir de témoignages et intitulée Au Nom du Père. « Ce projet émane d’une volonté de répondre à des interrogations, autrement que de manière administrative ou psychologique », explique Manon Deichelbohrer, chargée de projet. En rencontrant parents, enfants et professionnels de diverses structures (crèche, école, maison de retraite, café des pères…) sur la paternité, le collectif a réalisé que la question sur la place du père se posait partout .

« La mère c’est une évidence, mais pas le père », reconnaît Manon. Est-il nécessaire de leur faire une place spéciale ? De suivre des formations pour les accueillir au mieux ? Voilà au moins un signe la présence du père y est légitime. Pour le collectif, ce projet est une manière d’apporter des réponses. A l’issue d’ateliers d’écriture ou théâtre qui débuteront cet automne, une pièce sera créée et présentée dans les organismes participants.

A l’écoute

Charles Ingles rencontre des pères qui n’ont pas vu leur enfant depuis six mois ou plus, qui vivent des situations de grande détresse, « de l’ordre de l’invivable ». Lundi, à l’issue de la séance, les nerfs se relâchent, les quatre pères présents sortent fumer une cigarette. L’air vidé. Durant l’heure qui suit, au comptoir du bar associatif qui les accueille, les discussions se poursuivent, sans les psychologues cette fois. Ils se conseillent, se soutiennent.

Arthur, 29 ans, est un nouveau venu, il est ici car il s’interroge sur sa place de père, ce qu’il doit faire, le mieux pour ses deux filles. Il semble perdu. « Mon ex-femme dit qu’un père c’est très important, mais elle refuse que les filles passent plus d’une journée chez moi… » A quelques jours de son audience auprès du juge aux affaires familiales, il est persuadé d’une chose : « La mère a plus que la moitié de l’autorité parentale, mais pour l’intérêt de mes enfants, j’accepterai la décision du juge, même si je ne vois mes filles qu’un week-end sur deux. »

Pedro, père de deux filles adultes et même grand-père fréquente le Café des pères depuis un an, 15 ans après sa séparation. « Cela me fait du bien de venir, je me sens écouté ». Un sentiment qu’ils n’ont pas au quotidien.

(Renaud Borderie / Collectif jesuisnoirdemonde)

Relégués en « papa du dimanche »

Les pères bordelais se sentent encouragés et saluent ces initiatives. Pourtant, leur situation au moment de la séparation évolue peu. La vie avec leurs enfants se traduit la plupart du temps par l’expression « un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires ». Dans 71% des cas, l’enfant est domicilié chez la mère avec l’accord des deux parents dans 80% des séparations. Parfois, la décision se fait au détriment du père car si le juge constate un désaccord entre les parents, il favorisera la mère.

« On devient un spectateur éloigné de leur vie et on essaie perpétuellement de raccrocher les wagons avec la maîtresse, les copains… », se désole Hervé, un des fondateurs de l’association Barbapapas destinée à réunir des papas du week-end avec leurs enfants autour d’activités.

Certains ont plus de mal à tenir, 30% d’entre eux disparaissent totalement de l’éducation de leurs enfants. « L’idée de partir m’a effleuré… » reconnaît Hervé quand il se remémore les moments difficiles. L’adoption de la loi Famille qui prévoit la double domiciliation de l’enfant et appuie sur la notion de co-parentalité pourrait légitimer leur combat. Mais cette mesure reste symbolique puisqu’elle n’implique pas la mise en place systématique d’une garde alternée.

Une mesure sur laquelle les avis divergent : les mères ne sont pas prêtes à lâcher leurs enfants plus d’un week-end, les hommes ne veulent pas être relégués au rang de « papa du dimanche », les spécialistes de la petite enfance y sont plutôt opposés et les avocats restent prudents sur ce type de demandes. Estellia Araez, présidente de la section bordelaise du syndicat des avocats de France, estime que certains parents réfléchissent plus à l’importance d’une répartition égalitaire qu’à l’intérêt de l’enfant. « On considère l’enfant comme quelque chose qu’on a le droit de se partager. »

Un père doit voir ses enfants 30% du temps

« L’intérêt de l’enfant » est le terme que tous les pères qui n’ont pas eu la garde de leur enfant, malgré leurs demandes, doivent encaisser. L’intérêt de l’enfant serait donc de ne pas être avec son père ?

« Les petits ont besoin de leur mère, les parents sont complémentaires, mais pas interchangeables », reconnaît le pédopsychiatre Xavier Pommereau, chef du pôle aquitain de l’adolescent au CHU de Bordeaux.

« C’est justement parce que les parents ne sont pas interchangeables, que le père est aussi essentiel que la mère, insiste Elodie Cingal, psychothérapeute à Paris. Il doit être présent dans la sphère de l’enfant pour connaître ses copains d’école, par exemple. Pour maintenir le lien, un père doit voir ses enfants un tiers du temps, soit au moins dix jours au cours d’un mois. »

Quel que soit le planning choisi par les parents.

« Un adulte à l’aise dans l’organisation et qui ne sent pas lésé communiquera le bon message à son enfant, assure-t-elle, les critères les plus importants sont la disponibilité et le fait d’être bien dans sa peau. »

Se voir resterait donc l’unique garantie de maintenir le lien. Céline, jeune mère de deux enfants a pu l’observer. Lors de la séparation, le père de ses enfants a fait une demande de résidence alternée après s’être installé dans la même rue qu’elle. Elle s’y est opposée :

« Ça leur faisait deux emplois du temps différents, je trouvais ça compliqué pour eux et je ne le sentais pas capable de gérer tout seul au quotidien. »

Son ex-conjoint s’est donc vu attribué le régime paternel d’un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires. Le juge a cependant offert au père de venir chercher l’aîné dans la semaine pour une soirée cinéma ou restaurant.

« Ça a duré un temps et puis il n’est plus venu, reconnaît Céline, et régulièrement mon fils l’appelait, mais comme il n’était pas joignable, il l’a moins réclamé. Le lien se distend. »

Pourtant, la jeune mère considérait avec bienveillance ces relations père-fils jusqu’à accepter l’idée qu’à l’adolescence son fils puisse vouloir vivre avec son père. A l’inverse, Jérôme et son ex-femme sont parvenus à s’entendre sur la garde de leur fille. Il s’occupe de Lise deux soirs par semaine et le mercredi.

« On gère en fonction des semaines de chacun : parfois je vais chercher ma fille à l’école et sa mère vient la récupérer chez moi en rentrant du travail. Nous agissons dans son intérêt et pour nous, l’essentiel c’est qu’elle vive avec l’image de parents qui vivent en paix. »

MON PÈRE, CE SALAUD ?

Au-delà d’être oublié ou lésé, le père peut même être littéralement désintégré lors de la séparation. C’est ce qu’a vécu François, un Girondin. Père à 40 ans, c’est avec plaisir qu’il s’est investi dans l’éducation et la vie de ses enfants. Mais trois ans après la naissance de l’aîné, le couple bat de l’aile, sa femme se révèle être une délinquante et elle néglige les enfants. François demande de l’aide : psychologue, services sociaux, justice… Pas de réponse. Ou si, mais pas celle qu’il attendait puisque le 16 mars 2007, il se retrouve en garde à vue. Sa femme a porté plainte pour viol. Le lendemain il est incarcéré et passe trois mois en prison.

« J’ai cru à une blague, ce qui m’arrivait était invraisemblable », témoigne-t-il. Une fois sorti de prison pour non-lieu circonstancié – les faits n’ayant pas pu se produire – il saisit le juge des enfants dans le but de faire valoir ses droits de père. « A partir de 2009, j’ai eu droit à des visites médiatisées durant un an de 1h30 tous les quinze jours à 500 kilomètres de chez moi et la mère n’a présenté les enfants que dans la moitié des cas ».

Parallèlement, il bénéficie d’un non-lieu en 2009 et porte plainte pour dénonciation calomnieuse. Durant 7 ans, il a dû se battre pour maintenir le lien avec ses enfants. Les voir malmenés par leur mère, placés en famille d’accueil. Impuissant. En mars 2012, il obtient enfin la garde de ses enfants et en mai dernier, son ex-compagne est condamnée à deux ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Bordeaux.

« J’ai été soulagé d’entendre dire que je n’y étais pour rien », reconnaît-il. Il garde pourtant de son expérience une douloureuse morale : « on fait plus confiance aux femmes qu’aux hommes, il a fallu des grosses dérives de la mère pour qu’on place les enfants et qu’on m’écoute ». « Aujourd’hui, on me dit que je suis un père exemplaire, pourtant je n’ai pas changé, j’ai toujours été le même père ».

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10 juin 2014 2 10 /06 /juin /2014 15:16
Elodie dans le magazine "Parents" de Juillet 2014 - Dossier Mamans Solos
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28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 08:51
Elodie dans Femme Actuelle - mai 2014 / Mais pourquoi tout le monde veut me recaser?
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21 mai 2014 3 21 /05 /mai /2014 09:56

Alors que le projet de loi sur la famille entend réduire la fracture entre un père et son enfant après un divorce, nous avons rencontré ceux qui n’ont pas grandi avec leurs pères après la rupture des parents. La distance, l’indifférence ou les tensions entre les ex-conjoints contribuent à cette situation qui concerne un enfant de divorcés sur cinq. Aujourd’hui jeunes adultes, ils essaient de reconstruire cette relation manquée.

Ils s’appellent à Noël, aux anniversaires, se voient une fois ou deux par an. Sans plus. Ces relations froides, distanciées, paraissent normales à ces enfants qui n’ont pas grandi avec leur père. Après la rupture de leurs parents, comme dans 70% des cas, la mère a obtenu la garde et le père, un droit de visite. Au final, près de 20 % des enfants de parents séparés n’ont pas de contacts avec leur père, ou très peu. Des visites espacées, le veto maternel ou l’envie de passer à autre chose contribuent au relachement du lien. Les pères, eux, se laissent souvent aller à un fatalisme mou qui les déconnecte de leur enfant. Quitte à le regretter plus tard et tenter de réparer cette relation en pointillés.

Pour Camille, le terme « papa » reste une notion bizarre qui ne correspond pas à ce que les autres en disent. Le sien a fini par disparaître de sa vie au fil des années. Lorsqu'elle a eu 2 ans, sa mère s'est installée dans une autre ville. Le déménagement, plus que la séparation la coupe alors d’un quotidien avec son père. Elle le voit tous les quinze jours, puis, à l’adolescence, la moitié des vacances scolaires. Au lycée, elle ne le voit plus qu’à Noël et lors des grandes vacances. Leur relation se crispe. Ni l’un ni l’autre ne savent trop comment agir. « Nous étions comme des inconnus forcés de nous côtoyer. » Pour la psychologue Élodie Cingal, moins les interactions sont nombreuses, moins le parent trouve sa place et plus il se désengage. « Lorsque le père voit son enfant, il voit aussi sa propre incompétence et se sent démuni. Alors il se replie, comme un raisin sec, quitte à laisser tomber. » Une impuissance que Camille, elle, vit comme de l’indifférence. « Le seul truc qu’il faisait c’était payer la pension et nous emmener en vacances. Il n’a pas essayé de nous connaître, mon frère et moi. Je n’ai pas senti un investissement personnel, alors que c’est ce qui compte pour moi dans une famille, plus que la présence. »

L’arrivée de sa nouvelle femme et d’un nouvel enfant n’a fait que crisper la situation. « On avait l’impression qu’on nous volait le peu qu’il nous restait. Et lui n’a pas pris les choses en main », explique la jeune femme. Les grains de sable se sont glissés dans les rouages, fixant le malaise. Sa belle-mère n’a pas forcément encouragé son père à raffermir leurs liens. « En ce qui concerne les affaires familiales et l’intime, l’homme est souvent passif, il s’en remet toujours à son entourage, c’est-à-dire sa compagne ou ses parents, décrypte Élodie Cingal. Si sa nouvelle femme ne lui dit pas de voir ses enfants, ça ne lui viendra pas à l’idée. »

Alors, durant ses rares visites chez son père, Camille est une invitée, qui dort dans la chambre d’amis et a l’interdiction de faire des remarques à son petit frère, pour ne pas que l’éducation qu’elle a reçue de sa mère passe la porte. En somme, tout le monde joue un peu la comédie. Lorsqu’elle a besoin de lui, Camille doit toujours demander à son père d’en être un. « Il ne s’est jamais proposé de lui-même pour nous aider à déménager ou se porter garant de nos appartements. J’ai fait ma première année d’étude dans sa ville, nous ne nous sommes vus que deux fois. Je crois qu’il ne s’en rend même pas compte. » À côté de la plaque. Jusqu’à ce que tout explose et que chacun se dise ses quatre vérités. Camille reproche à son père sa léthargie et lui, qu'elle lui fasse sans cesse des reproches. « Depuis, on a crevé l’abcès, j’espère que ça ira mieux. On se voit plus souvent. Mais c’est toujours moi qui me déplace. »

Il faut parfois des années pour que ces échanges pleins de frustrations et déceptions se pacifient. La relation conflictuelle que Lucie avait avec son père durant l’adolescence est aujourd’hui devenue « cordiale ». « Mon père ne sait pas trop s’y prendre avec les enfants. Maintenant que j’ai grandi, c’est plus facile. Il aime bien réunir ses enfants chaque été : moi et ceux qu’il a eus avec d’autres femmes avant et après moi. » L’attachement qu’elle n’a pas eu pour un père présent, elle l’a eu doublement pour sa mère. « C’était très dur de la quitter quand j’allais le voir. Je pense que mon enfance a été meilleure sans lui à la maison car sinon ma mère aurait été très malheureuse. Il a un sale caractère, manipulateur, violent dans ses mots. Absolument pas fiable. » Si bien que lorsqu’il était impossible de la voir l’été, son père jugeait légitime de ne pas verser de pension alimentaire. Une façon de cantonner ces enfants à un loisir à la carte. Très philosophe, Lucie n’a jamais attendu grand-chose de son père, toujours en voyage aux quatre coins du monde. « Je l’aime bien, affirme la jeune fille, mais une ou deux visites par an, ça a toujours été suffisant. » Elle fait avec ce qu’elle a. Une démarche qu’encourage Élodie Cingal avec ses patients. « Grandir c’est aussi accepter le parent qu’on a, le parent "réel", tel qu’il est avec ses limites et essayer de positiver le peu de temps qu’on a avec. Si la notion d’abandon est violente, elle n’est pas pour autant ingérable. »

Une fois que les enfants grandissent, les pères opèrent parfois un revirement. Comme s’ils se mordaient les doigts d’avoir raté les moments avec ceux qui sont devenus des adultes. « Mon père me demande de venir le voir plus souvent maintenant car il vieillit et se sent seul », déclare Noémie, 25 ans. Elle est la seule personne qu’il lui reste. Sa sœur a décidé de ne plus lui parler après ses 18 ans, une fois l’obligation du droit de visite levée. « Pour renforcer le lien avec un père distant, tout dépend aussi de l’homme qu’il est aujourd’hui. Si c’est un homme cassé, l’enfant ne va pas avoir très envie de rattraper le temps », explique Élodie Cingal. « Quand je reviens dans ma ville natale, je préfère voir ma mère et mes amis qu’aller manger avec mon vieux père dans sa maison délabrée tout seul », reconnaît Noémie. Avant de conclure, lapidaire : « Je n’étais pas sa priorité, Il n’est pas la mienne »

Par Lucile Quillet.

http://madame.lefigaro.fr/societe/avec-mon-pere-nous-etions-deux-inconnus-forces-cotoyer-200514-855484

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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 07:53
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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 08:35
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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 08:02
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