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Elodie Cingal/ 06.33.55.39.43

  • : psy-conseil-divorce
  • psy-conseil-divorce
  • : En tant que psychologue psychothérapeute (N° ADELI 75 93 4781 8), j’ai eu l’occasion de travailler sur différents problèmes et différentes pathologies. Capable de m’intéresser à beaucoup de domaines, j’ai voulu créer un petit blog qui parle de la psychologie en générale et des sujets qui me tiennent à cœur à un moment donné. Téléphone : 06 33 55 39 43
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3 juin 2015 3 03 /06 /juin /2015 17:25
Elodie dans http://madame.lefigaro.fr/ "Au secours, mon ex s'est recasé tout de suite après notre rupture !"

Pierre Moscovici va se marier dans quelques jours, sept mois seulement après s'être officiellement séparé de celle qui fut sa compagne pendant six ans. Quand quelqu'un refait sa vie rapidement, cela veut-il forcément dire qu'il n'a pas vraiment aimé son ex ? La psychologue Élodie Cingal nous éclaire.

Cela fait des jours que vous pleurez en repensant à ces beaux moments où l'amour donnait tout son sens à votre vie. La rupture est récente. Au fond de vous, vous savez que c'est sans doute mieux ainsi. Mais remonter la pente peut être long et vous auriez bien besoin d'une rampe sur laquelle vous appuyer. Manque de chance, un malheureux soir d'hiver, vous tombez sur cette photo de votre ex surFacebook avec une femme à son bras, souriant comme un dieu, comme si votre rupture d'il y a quinze jours n'avait jamais eu lieu, comme si vous n'aviez tout simplement jamais existé. Vous dégringolez tout en bas de la piste. Pour autant, si votre ex s'est recaséillico presto après votre séparation, cela ne signifie pas forcément qu'il va bien. Ni qu'il vous a oubliée. La psychologue Élodie Cingal répond à toutes ces questions.

Lefigaro.fr/madame. - Quand un ex retrouve quelqu'un tout de suite après nous, c'est souvent un moment terrible à vivre... Mais s'agit-il d'une douleur sentimentale ou d'une blessure d'ego ?
Élodie Cingal. - On veut être le premier à refaire sa vie car on a envie de réussir et de se reconstruire plus vite que l'autre. On imagine qu'il existe un système de vases communicants entre son ex et soi. Pendant des années, on a été dans le mimétisme, on a suivi la même voie que l'autre, qui était un repère. Après une rupture, on pense encore à soi en se comparant à l'autre, de façon compétitive. S'il est heureux, on a l'impression que son bonheur nous enlève quelque chose. Le regard des autres est aussi pesant. Si vous vous remettez rapidement, on vous dira « bravo ». À l'inverse, on vous soutiendra difficilement si au bout de six mois, vous ne parvenez toujours pas à faire votre deuil. Pourtant, ils ont tous vécu cette situation, ils ont juste oublié. Ce qui est plutôt rassurant.

Si l'autre se recase rapidement, cela veut-il dire qu'il ne nous aimait pas tant que ça ?
Non. Il y a tellement de raisons extérieures qui poussent quelqu'un à faire cela... Ce n'est pas parce qu'on refait sa vie qu'on efface l'amour. Dans la précipitation à se remettre en couple, il ne faut pas chercher le degré d'amour mais accepter que l'autre joue quelque chose de son histoire, qui n'appartient qu'à lui. Souvent les hommes se remettent plus rapidement en couple que les femmes. Non pas par amour pour la prochaine, mais parce qu'ils sont fragiles et ont pris l'habitude de s'en remettre aux femmes dans beaucoup de domaines de leur vie. Certains sont quittés ou quittent le partenaire qu'ils aiment encore et se remettent en couple vite, c'est une situation banale. Ces personnes présentent en général un profil dépendant, elles ne se sentent pas en sécurité quand elles sont seules. Si vous vous mariez huit mois après une rupture, il y a une certaine forme de pathos derrière tout ça.

Les nouveaux amants ne sont donc pas vraiment très aimés ?
On peut aimer à nouveau très vite... tout en étant encore amoureux de son ex. On pense encore en termes de vases communicants : « Si tu aimes quelqu'un d'autre, c'est que tu ne m'aimes plus. » C'est faux. Cela fait deux mille ans qu'on essaie de faire de nous des couples exclusifs, ce qui n'est pas naturel. Nous avons un cœur qui peut aimer plusieurs personnes en même temps. D'un point de vue comportemental, l'arrêt de l'amour est réel en revanche : la nouvelle amante devient la référente. Avec elle, l'ex fait des choses qu'il ne faisait jamais avec nous. On peut se sentir rejetée, niée, désavouée.

Le fait qu'un ex retrouve quelqu'un si vite peut-il aider la personne à se remettre de la rupture ou cela va-t-il au contraire l'enfoncer ?
Ce genre d'évènement ne fait qu'exacerber la dynamique dans laquelle la personne en rupture s'est déjà placée. Si elle ne veut pas faire le deuil et ne veut pas avancer, cela va l'enfoncer. Si elle était dans un processus de reconstruction, cela va la booster. Il faut surmonter le choc, sortir de la logique des vases communicants et travailler sur l'acceptation. Certaines vont vouloir sortir en boîte, boire, faire la fête par esprit de revanche, pour vivre une illusion et ne pas voir leur propre situation en face. Ce n'est pas parce qu'elles vont elles aussi se recaser aussitôt qu'elles iront mieux.

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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 20:05

Dans quelques semaines, pour les vacances d'hiver, votre enfant devra peut-être prendre le train ou l'avion seul. Si le laisser vivre l'expérience le responsabilise et le rend fier, les parents peuvent angoisser, craindre que le trajet se passe mal ou culpabiliser de ne pas l'accompagner. Y a-t-il un âge pour le laisser prendre la route sans nous ? On fait le point.

Entre les week-ends et les vacances scolaires passés chez les grands-parents ou chez un parent lorsque le couple est séparé, les enfants doivent parfois voyager seuls, et ce dès le plus jeune âge. Mais si on imagine fort bien son ado de 17 ans gérer son trajet en train ou enavion, quand il s'agit de notre progéniture haute comme trois pommes, on panique.

L'angoisse fait partie du quotidien des parents. Elle est inhérente à la parentalité. Alors sur le quai de la gare, on se fend de larges mouvements de bras à travers la vitre et on s'envoie des bisous. Toute maman que l'on est, en suivant le train du regard, on a la désagréable sensation non seulement de faire partir son enfant seul, mais aussi - et surtout - de l'abandonner.

Sauf que le laisser vivre cette aventure ne fait pas de nous des parents indignes. Air France n'y voit même aucun problème et a mis en place depuis des années des services d'accompagnement pour les enfants entre 4 et 14 ans. Côté rails, la SNCF propose un service identique et encadre les petits du début à la fin du trajet.

"Petit, on lui décrit le trajet comme une grande aventure"

Mais est-il capable, du haut de ses 4 ans, de gérer le voyage ? N'est-il pas trop jeune ? Ne faut-il pas attendre qu'il grandisse ? « Ce n'est pas pour rien qu'il existe des services d'accompagnement. Il n'y a pas d'âge idéal pour les faire voyager seuls. Tout dépend de leur maturité, de leur autononomie et de l'environnement dans lequel ils évoluent », explique Élodie Cingal, psychologue. « L'avion, par exemple, ne leur fait absolument pas peur ; ça les fascine, ils se sentent comme des oiseaux ! » L'enfant sera bien sûr beaucoup plus à l'aise s'il est dejà responsabilisé. Notamment s'il maîtrise ses trajets du domicile à l'école ou va de temps en temps acheter seul une baguette.

Bien sûr, on ne le lâche pas dans la nature non plus. Le principal est de le préparer au jour J pour le rassurer. « Pour les plus petits, de 4 à 8 ans par exemple, il faut décrire le trajet comme une grande aventure. Lui dire que le train - ou l'avion - va aller très vite et qu'il sera un grand garçon », explique la psychologue. Et si on ne peut pas s'empêcher d'être angoissé par son départ, on ne le lui montre pas : « Si le parent a peur, il aura peur.L'enfant agit par mimétisme. Pour le rassurer, on le mêle à l'organisation, on achète des livres et des jouets pour qu'il s'occupe pendant le trajet », ajoute Élodie Cingal.

Après 8 ans, voyager tout seul angoisse

Paradoxalement, c'est après 8 ans que le voyage « comme un grand » peut effrayer. « Entre 8 et 12 ans, l'enfant est très fragile, il est dans l'évaluation et fait attention au regard des autres. À l'idée de voyager non accompagné, il se mettra beaucoup de pression pour être à la hauteur. » Dans ce cas, pour éviter les drames et crises d'angoisse la veille du départ, on lui expose le déroulement du voyage, étape par étape : « On peut lui dire qu'on l'accompagnera jusqu'à l'intérieur du train et qu'on l'installera à sa place, qu'il sera entouré d'adultes qui l'accueilleront et le feront descendre du train. On peut aussi lui rappeler que si les personnes qui doivent le récupérer à la gare sont en retard, il n'hésite pas à se rapprocher des contrôleurs pour les attendre », conseille la psychologue. Et l'équiper d'un téléphone pour qu'il puisse joindre un proche. Enfin, on peut lui suggérer de voyager à côté d'autres familles s'il se sent seul dans le train, ou en danger.

Après 14 ans, les enfants peuvent voyager sans encadrement particulier, mais à la condition « qu'ils soient matures et maîtrisent la géolocalisation. De cette façon, ils pourront repérer leur arrêt », insiste Élodie Cingal. Stade supérieur, les vacances avec les copains : « Oui, mais en imposant des règles avant le jour J. SMS, appels, on peut exiger un contact par jour, en lui expliquant qu'on en a besoin et qu'on veut savoir s'il va bien. » Et surtout, on prend sur soi !

Au final, si l'aventure peut se transformer en épreuve pour les parents, elle reste un moment important pour l'enfant. Celui-ci en ressort grandi et fier d'avoir été pris au sérieux. On lui aura prouvé qu'on a confiance en lui. En attendant, profitez de ce moment... sans enfant !

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14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 17:06
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4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 15:26
Elodie dans Grazia 14-20/11/14, les papas et le plafond de verre
Elodie dans Grazia 14-20/11/14, les papas et le plafond de verre
Elodie dans Grazia 14-20/11/14, les papas et le plafond de verre
Elodie dans Grazia 14-20/11/14, les papas et le plafond de verre
Elodie dans Grazia 14-20/11/14, les papas et le plafond de verre
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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 09:39
Famille recomposée : quelle place pour qui, et comment ? dans "http://drolesdemums.com"

Qu’est-ce qu’un beau-parent ? Comment peut-il ou doit-il se positionner au sein de la famille recomposée ? Comment faire pour que chacun, enfant et adulte, trouve sa juste place dans la famille recomposée ? Elodie Cingal, psychologue spécialisée dans les thématiques liées aux séparations et aux familles recomposées, répond à toutes ces questions, et bien d’autres.

Drôles de mums : « Qu’est-ce qu’une famille recomposée? Comment peut-on définir un beau parent? »

Elodie Cingal : Une famille recomposée, contrairement à ce que l’on aimerait croire, ce n’est pas juste un parent, un beau parent et les enfants. Dès lors que l’on est séparé et que l’on a des enfants d’une première union, on ne peut plus être une famille nucléaire. La famille recomposée, c’est donc papa, maman, les enfants (les miens et les siens), le/les beaux-parents et tous les adultes – grands parents, oncles, tantes (même ceux des beaux-parents) – qui gravitent autour.

Le beau-parent est un adulte qui a développé dans le temps un lien particulier avec l’enfant de son/sa partenaire. Cet adulte, parce qu’il a appris à se lier à l’enfant, parce qu’il a acquis sa confiance, et surtout parce que le parent lui a délégué une autorité, peut participer aux tâches quotidiennes de l’enfant, dont celle de le réprimander. En résumé, un beau-parent est un adulte qui a un rôle de chef adjoint. Papa et maman restent les chefs, mais ils se font aider par le beau-parent, l’adjoint. Il ne doit pas se substituer au parent mais peut acquérir une place privilégiée dans la vie de l’enfant.

DDM : « Existe-t-il des conditions plus favorables à la recomposition familiale ? Des écueils à éviter? »

EC : Sans enfants, on ne peut pas parler de recomposition familiale. Ce n’est qu’une remise en couple. C’est donc la présence d’enfant(s) qui rend l’aventure complexe. Si on part du principe que la réussite de la recomposition familiale passe par les enfants, il faut considérer l’environnement de celui-ci. Un enfant heureux est plus flexible et adaptable qu’un enfant insécure.

Trois éléments simples à comprendre, mais difficiles à obtenir, se détachent :

  • 1 : l’entente des parents pendant et après la séparation : lorsque les parents se déchirent, il se développe souvent un conflit de loyauté chez l’enfant. Il va, malgré lui, préférer un parent et de fait, faciliter ou bloquer la mise en commun de la nouvelle famille.
  • 2 : le mode de garde : La résidence alternée favorise la recomposition familiale pour plusieurs raisons. D’abord, elle donne aux parents plus de temps pour reconstruire tranquillement et sans précipitation leur vie. Ensuite, l’enfant n’a pas le sentiment de léser un parent et accepte plus volontiers l’arrivée d’un autre adulte dans sa vie. Enfin, l’enfant, s’il est un peu fragile et qu’il n’aime pas trop le nouveau partenaire de son parent, peut s’échapper une semaine sur deux chez l’autre parent. L’acceptation est alors plus douce. Un enfant en résidence exclusive est beaucoup plus dans le conflit de loyauté, dans l’agrippement à un parent, dans l’insécurité. Il est donc important que l’enfant puisse aller chez son parent non gardien au minimum 10 jours pas mois.
  • 3 : l’âge des enfants : plus l’enfant est petit, plus il est malléable et ouvert à accepter de nouveaux adultes dans sa vie. Un ado est plus tourné vers ses copains et plus rigide en terme de chamboulement. Il en subit déjà tellement en interne.

Quoiqu’il arrive, un enfant est souvent heureux de voir son parent retomber amoureux car il est gagnant. Si l’adulte est gentil et que malgré tout, il est rejeté par l’enfant, cela devient une alerte importante à prendre en compte. Il faut alors commencer par regarder les deux premiers points : l’entente des parents et le mode de garde. Parfois, quelques ajustements suffisent. Si cela ne fonctionne pas, il faut entendre que l’enfant est insécure et qu’il faut alors comprendre ce qui le rend fragile.

L’écueil principal à éviter est la précipitation, la recomposition dans l’urgence. Il faut d’abord consolider son couple avant de refaire une famille. Il faut également amener le nouvel amoureux en douceur de façon à ce que l’enfant développe des liens et demande lui-même à revoir l’adulte.

DDM : « Comment faire quand les ex ne s’entendent pas et qu’une rivalité se développe entre les anciens et les nouveaux conjoints? »

EC : Tout d’abord, quelle que soit l’entente entre les parents, il me semble important que ce ne soit pas les enfants qui annoncent à leur parent que leur autre parent a rencontré quelqu’un. Le parent le vit comme un choc, voire une trahison. L’enfant est celui qui reçoit les messages de l’annonce. Cela ne va pas faciliter l’acceptation par l’enfant du nouvel amoureux. Je pense qu’il est donc préférable que ce soit l’adulte qui annonce à l’autre parent que son enfant a rencontré son amoureux (se) et que ce celui-ci va rencontrer les enfants.

Ce parent n’a pas à justifier son choix d’amour mais il a le devoir de rassurer l’autre parent sur les compétences humaines et les projets avec ce quelqu’un. Il ne faut pas oublier qu’on va confier à cette personne une partie du quotidien de son enfant…. qui est aussi celui de l’autre parent.

La plus grande difficulté dans les rivalités entre ex et nouveau, c’est de savoir délimiter les territoires. Après avoir rassuré l’autre parent sur le fait que le beau-parent ne va pas se substituer au parent, il faut parvenir à faire le tri entre le voyeurisme typique post séparation et le besoin parental de savoir comment cela se passe. Par exemple, je peux accepter d’expliquer (pas justifier) l’organisation du quotidien de l’enfant avec le beau-parent, mais pas mon intimité avec cet(te) amoureux (se).

Dans la recomposition familiale, ce qui fait le plus mal, c’est la difficulté à faire confiance à l’ex. On a un petit quelque chose paranoïaque à s’imaginer que l’ex sera forcément intrusive ou malveillant …. Je pense qu’il faut d’abord tenter de mettre en place un climat de confiance et de partage et c’est à l’usage que l’on verra si cela est possible.

Enfin, malheureusement, quand on se remet en couple, on tend à adapter un comportement qui correspond aux besoins du nouvel amoureux, niant alors l’ex. C’est une erreur banale mais douloureuse pour les enfants et la famille recomposée. L’ex ne s’y retrouve plus, ne comprend pas pourquoi l’éducation appliquée ensemble jusqu’ici devient caduque. C’est au parent de se battre avec le beau-parent pour tenter de maintenir le plus possible les règles passées ;

DDM : « Comment faire quand deux fratries se rencontrent avec des règles passées opposées ? »

EC : Pour les règles, si elles sont très opposées, il ne faut pas se leurrer, cela passera par des disputes de parents, des jalousies, des querelles ou des manipulations d’enfant, etc. Un enfer, parfois !! Mais, petit à petit, à force de persévérance et à force de montrer aux enfants qu’ils sont entendus, vus mais pas pour autant les chefs, les choses se feront et une organisation naitra. L’important, c’est surtout de ne pas privilégier les règles d’une fratrie et de bien expliquer aux enfants que si on perd d’un coté, l’autre fratrie aussi. Par rapport aux règles passées, on les fera donc évoluer progressivement, sans soudaineté. Ainsi, et les enfants et l’ex ont le temps de s’adapter.

Elodie Cingal est psychologue à Paris. Elle est spécialisée dans les thématiques liées aux séparations, aux familles recomposées et aux mauvais traitements. Elodie intervient régulièrement dans les médias et anime un blog de référence (http://psy-conseil-divorce.over-blog.com).

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12 novembre 2014 3 12 /11 /novembre /2014 09:25
Elodie dans MAxi 06-12/10/2014 sur les nounous hommes
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3 octobre 2014 5 03 /10 /octobre /2014 08:58

Par Inès Belgacem

On les pensait libres, détachés des contraintes matérielles du couple établi, romantiques et décidés à vivre pleinement leurs sentiments, de rencontres en flirts, jusqu’à trouver l’âme sœur. Il semblerait que ceux qui ont 20 ans aujourd’hui soient surtout désireux de stabilité, d’une forme de réconfort et qu’importe l’amour si l’autre réchauffe les nuits.

Cela commence souvent par une rencontre enflammée. L’amour, le vrai, raconte Pauline, 23 ans, étudiante en édition, qui a passé un an et demi avec son copain, dont six mois à chercher à le quitter. « J'ai réalisé que nous avions peu de chose en commun. J’étais en prépa littéraire, je courais les expos et les ciné tandis qu’il aimait rester à la maison ». Une mollesse qui a fini par éroder les sentiments et l’admiration. Mais pour autant, « je n’arrivais pas à me décider. C’était confortable, il avait une voiture, je n’étais pas seule… » Comme une facilité, un réconfort agréable à tout age, explique Patrick Avrane, psychanalyste, auteur de Les Chagrins d’amour (Seuil), « les couples peuvent être ensemble par amour, mais pas seulement. Ça peut être par convenance matériel et par confort. »

Selon une enquête Ifop pour Marianne, du mois de mai, 60% des 18-24 ans se sont déclarés en couple. Difficile de distinguer parmi eux, ceux qui vibrent et les autres, mal assortis, résignés, incertains...Mais dans les moments de confession, beaucoup reconnaissent qu'ils restent ensemble pour ne pas être seuls.

Romain s’est installé chez sa copine par opportunisme. Il avait besoin d’un logement à Bordeaux et elle avait proposé qu’il s’installe. Quoique sans réelle passion, le jeune homme assure qu’il était prêt à créer des liens avec sa nouvelle copine. D’autant qu'ils pouvaient compter sur une attirance mutuelle prometteuse qui les avait convaincus de tenter l'aventure. « Les pratiques sexuelles ont fortement évolué depuis quelques années et le rapport à l’intime est différent, explicite Elodie Cingal, psychothérapeute parisienne. Les jeunes n’ont pas de problème à avoir des rapports sexuels sans amour». Et ils attachent presque autant d'importance à cette vie sexuelle épanouie qu'aux sentiments. Il faut désormais être performant au lit ou du moins le paraître pour prétendre à une vie réussie, détaille la thérapeute. Le célibat est devenu le symbole d’un problème. Comme s’il fallait afficher un partenaire pour montrer que l’on est désirable.

Plus profondément, de nombreux jeunes préfèrent aussi rester dans une relation imparfaite par besoin de sécurité. Selon une étude de la TNS Sofres, plus d’un tiers des Français de moins de 25 ans disaient souffrir de solitude en 2011. S’ajoute à ce sentiment le chômage, l’angoisse de ne pas être assez talentueux, assez créatif dans une société, où tout va toujours plus vite, et surtout où tout est périssable. Devant un futur incertain et des amitiés plus éphémères, selon Elodie Cingal avoir « quelqu’un qui m’attends à la maison, c’est sécurisant ». Le couple devient alors une institution stable dans un monde aux remous permanents, le conjoint une bouée à laquelle se rattacher.

Un amour fraternel

Aline, 23 ans, vit depuis plus de 3 ans avec son copain, alors même qu’elle pense le mariage impossible. « En matière d’éducation, on ne s’entend sur rien. Je ne me vois pas avoir des enfants avec lui », explicite la jeune femme. Pourtant, malgré les questions qui s’entassent dans sa tête, elle ne bouge pas : « j’habite chez lui, je sors avec lui, je me confie à lui, nous avons des amis en commun. Nous avons une vie ensemble, c’est difficile de tout remettre en question... » Les habitudes ont décidément la peau dure.

« L’humain n’est pas fait pour vivre seul, souligne Patrick Avrane. Et lorsqu’on est avec quelqu’un depuis longtemps, on crée une dépendance à l’autre. » Par exemple, si une personne ne sait pas dormir seule, elle a besoin d’une autre personne pour la sécuriser. La dépendance soude les couples, peu importe si les sentiments y sont. « Si les gens restent ensemble, c’est qu’ils ne se détestent pas », ajoute le psychanalyste. L’affection est belle est bien présente, comme l’atteste Mathilde : « J’ai des sentiments pour mon copain. Avec les années, je m’y suis naturellement attachée ». C’est également pour cette raison que la jeune femme redoute de le quitter : « Je ne veux pas le blesser. Je culpabilise à l’avance… »

Inter: Une génération qui s'est repliée sur l'amour fraternel

Ces jeunes ressentent dans le couple une affection et une protection qu’ils ne trouvent pas ailleurs. « Parfois, ce soutien fait défaut au sein de leur propre famille. Alors ils construisent leurs propres liens et racines », explique Elodie Cingal. La psychothérapeute rapproche par ailleurs l’affection dans ces couples à ce que peuvent ressentir des frères et sœurs. Cette génération désillusionnée ne croit plus vraiment en l’amour : « elle a été témoin du divorce de masse. Ces jeunes ont vécu des ruptures familiales. Ils ont créé de nouveaux critères pour évaluer l’amour>. Pour la psychologue, cette génération s’est repliée sur l’amour fraternel.

Et ce qui peut paraître tiède aux adeptes du romantisme et de la flamme amoureuse, peut se révéler en réalité, une relation riche. « Et s'’ils restent ensemble c’est qu’ils ne sont pas malheureux. Même si leur relation n’est plus passionnée, ils sont avec quelqu’un qu’ils affectionnent. Ils sont bien accompagnés au bout du compte. »

* Les prénoms ont été modifiés.

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31 juillet 2014 4 31 /07 /juillet /2014 12:46
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