Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Elodie Cingal/ 06.33.55.39.43

  • : psy-conseil-divorce
  • psy-conseil-divorce
  • : En tant que psychologue psychothérapeute (N° ADELI 75 93 4781 8), j’ai eu l’occasion de travailler sur différents problèmes et différentes pathologies. Capable de m’intéresser à beaucoup de domaines, j’ai voulu créer un petit blog qui parle de la psychologie en générale et des sujets qui me tiennent à cœur à un moment donné. Téléphone : 06 33 55 39 43
  • Contact
7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 14:45

Mon Beau-fils, le fils de mon conjoint, a 5 ans. C’est un petit garçon en construction, très curieux qui écoute à la fois sa maman et son beau-père et son papa et sa belle-mère. Un jour qu’il revient de chez sa maman, il me dit « Mon beau-père m’a dit que les garçons sont plus forts que les filles et quand les filles tapent, ça ne fait pas mal ». Petite phrase anodine qui semble sans conséquence. Après tout, c’est vrai, les filles sont de manière générale moins fortes et lorsqu’elles frappent, le coup « peut être » moins préjudiciable que si il provient d’un homme.

Pourtant, je me suis insurgée car même si les coups viennent d’une femme, ils font mal. Un coup est un coup et il ne devrait jamais être porté. J’ai du alors expliquer au petit qu’un coup fait mal  même si cela provient d’une fille. Mais, à ma grande surprise, du haut de ses 5 ans, le garçonnet refusait d’entendre mon discours. C’était déjà bien ancré dans sa tête. J’ai du faire une chose pas très jolie, demander à sa sœur de lui porter un coup, un vrai coup (j’ai bien expliqué le contexte, que ce n’était pas bien, que nous étions dans un cadre expérimental…etc). La petite a donc donné un coup à son  frère, un coup de poing sur le bras du garçon. Il a fait aie (ouf !) et a admis qu’un coup, qu’il vienne d’une fille ou d’un garçon, fait mal. Ils ont tous les deux compris que la violence n’a pas de sexe…

Mais, je sais bien que je vais devoir revenir sur le sujet pour m’assurer que les représentations sociales, les discours, les médias, les habitudes n’auront pas mis à mal cette question.

 

Depuis quelques décennies, nous voyons des campagnes de préventions ou de lutte contre la violence faite aux femmes. Ces campagnes sont essentielles et permettent d’aider voire de sauver quantité de femmes et d’enfants.

Mais ces campagnes ont malheureusement un effet pervers, celui de stigmatiser l’homme. Il est alors représenté comme le mal, le pervers, le tueur, celui qui doit « prendre, pénétrer, dominer et s’affirmer, si nécessaire par la force »[1].

Alors, lorsqu’un homme est victime de violence conjugale, psychologique et/ou physique, on ne le croit pas. Comment croire que cet homme de 90 kg se laisse battre par cette petite crevette de 45kg ? Les femmes sont si fragiles. Elles sont associées à « être possédée, docile, passive et soumise »1

 

Pourquoi sexualiser la violence ? Pourquoi la réduire à un type ? La violence est partout, pratiquée par des hommes, des femmes et mêmes des enfants.

 

Selon l'Observatoire national de la délinquance (OND), en 2008, 110.000 hommes ont été victimes de violences physiques de la part de leur conjointe. 27 hommes sont morts directement des coups de leur femme ou des suites de ces coups. C’est un meurtre tous les 13 jours.

Parce que c’est plus de 4 fois moins fréquent que chez les femmes (tous les 3 jours), et parce que les hommes sont stigmatisés comme  LES UNIQUES auteurs de violences, les 110 000 hommes victimes de violences conjugales et les 27 morts en 2008 sont ignorés.

 

110 000 hommes victimes de violence conjugale. Ce chiffre est-il réel ? Seuls 5% des hommes battus osent porter plainte. Que font les 95% qui restent ? Que font ceux qui ne subissent que de la violence psychologique, violence plus typiquement féminine. Alors même que nous savons qu’un homme victime de violence physique de la part de sa femme n’ose pas porter plainte, n’ose pas en parler à son entourage, un homme victime de violence psychologique, peut-il parler ?

 

Questionnons nous sur nos habitudes de pensée : Nous pouvons envisager que contrairement à nos croyances, la condition des hommes n’est pas toujours enviable. Il me semble important en matière de violence de penser victime et auteur de violence et non pas homme ou femme. Il s’agit ici de s’émanciper de ses représentations de la violence, des femmes, des hommes pour aller au fond du problème, la cessation de la violence conjugale.

 

 

[1] Badinter E.,  XY de l’identité masculine, Odile Jacob, septembre 1992

 

PS : Cet article n'a rien de "scientifique". Il n'est qu'un gentil coup de gueule aux pensées toutes faites et à leur dangerosité. Et si mon beau-fils rencontrait une femme qui le frappe??? 

Partager cet article

Repost 0
Published by psy-conseil-divorce.over-blog.com - dans Mauvais traitement
commenter cet article

commentaires