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Elodie Cingal/ 06.33.55.39.43

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  • : En tant que psychologue psychothérapeute (N° ADELI 75 93 4781 8), j’ai eu l’occasion de travailler sur différents problèmes et différentes pathologies. Capable de m’intéresser à beaucoup de domaines, j’ai voulu créer un petit blog qui parle de la psychologie en générale et des sujets qui me tiennent à cœur à un moment donné. Téléphone : 06 33 55 39 43
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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 14:46

Le terme maltraitance n’est apparu que très récemment. Ce terme tient compte à la fois des constats de faits et de leur effet à long-terme.

Auparavant, ce terme ciblait les personnes incapables de se protéger : les enfants, les handicapés, les personnes âgés…etc. Aujourd’hui, ce terme englobe tout le monde. Pendant très longtemps, on pensait que seuls les faibles pouvaient être victimes de maltraitance psychologique. Par exemple, lorsqu’une personne était victime de harcèlement au travail, on préférait accuser la victime de faiblesse, de mollesse, d’incompétence. En gros, le harcelé l’avait bien cherché. Personne n’était encore capable de comprendre qu’après des années de dénigrement, disqualification et humiliation, l’individu ne peut plus lutter et se résigne…

 

Grace à la vulgarisation de la psychologie, de l’appropriation de la maltraitance psychologique par la justice et les médias, aujourd’hui, nous savons qu’une victime de maltraitance psychologique est très souvent abusée parce que justement cette personne représente quelque chose de spécial, selon d’enviable, de menaçant, d’attrayant, …. pour l’auteur de la violence.

 

Dans quelle mesure peut-on parler de violence psychologique ? Est-ce que se disputer avec son conjoint est maltraitant ? Est-ce que dire à l’autre son mécontentement, le critiquer est maltraitant ? En fait, pour pouvoir identifier la maltraitance psychologique, il faut s’inscrire dans une série d’attitudes, de comportements, de mots qui composeront un climat nocif , menaçant et hostile autour d’une personne.

Ces différentes manifestations prennent de l’ampleur par leur répétition, leur intensité, leur caractère systématique et extensif et parfois délibéré. L’impact de ces manifestations dépendra de la durée pendant laquelle la victime a été exposée et de sa résistance à les intégrer ou non.

 

Les mauvais traitements psychologiques correspondent donc à des actes commis ou omis, psychologiquement dommageables. Ces actes sont faits par un ou des individus, seuls ou ensemble, qui finissent par mettre la victime en position de vulnérabilité. Les conséquences peuvent causer des dommages immédiats et à long-terme sur le plan comportemental, cognitif, affectif, psychosomatique ou physique.

 

Les manifestations sont le plus souvent :

-                      humiliations verbales ou non verbales répétées

-                      comportement / paroles visant à dévaloriser systématiquement

-                      dénigrement et disqualification

-                      volonté d’isoler ou de stigmatiser la victime du fait d’une particularité réelle ou fantasmée

-                      moqueries, railleries, cynisme, brimades systématiques

-                      Menace verbale

-                      Chantage affectif

-                      Mise en échec systématique par des exigences difficiles voire impossibles à réaliser

-                      Consignes ou injonctions contradictoires ou incompréhensibles

-                      Punition abusives ou aberrantes, bouderie prolongée

-                      L’indifférence, ignorer l’autre, le négliger, le priver de soin affectif, sexuel….

-                      Précariser la personne

 

Toutes ces manifestations viendront alimenter un climat général de haine, d’anxiété autour de la victime. Le caractère systématique et la durée dans le temps de ces traitements sont à prendre en compte.

 

Ces manifestations peuvent se regrouper autour de 5 formes principales de mauvais traitements :

  1. Le rejet s’entend lorsque les besoins et les demandes d’un individu ne sont pas entendus. Parallèlement, on fait comprendre à cet individu qu’il n’a aucune valeur, qu’il né mérite pas que l’on se donne les moyens de répondre à ses demandes et besoins. Dans le rejet, on retrouve également des stratégies tendant à décourager les démonstrations d’attachement (refus de partager de la tendresse, des relations sexuelles, des activités ensemble, de faire des projets..), le refus d’apporter de l’aide, du support et de l’affection.
  2. Le dénigrement  vise à retirer de la valeur à un individu et à le priver de sa dignité. Le dénigrement a plusieurs formes : la critique systématique, les humiliations privées et publiques, humiliations touchant à ce qui caractérise la personne (par exemple ; humilier une femme ronde, la taille du sexe d’un homme, le niveau intellectuel …), l’utilisation de sobriquet ridiculisant ou diminuant la personne, des comparaisons dégradante ou dévalorisante. Les capacités, même lorsque compétentes, sont réduites à nulles systématiquement. Le dénigrement se retrouve souvent associé au rejet et l’effet de cette combinaison a un impact à long-terme dévastateur sur l’estime de soi et la confiance en soi. 
  3. Le terrorisme renvoie à la création d’un environnement menaçant, hostile, imprévisible et pesant. Il s’agit, ici, pour l’auteur de violence, d’identifier les peurs de la victime et de les activer le plus souvent possible. Par exemple, imposer une opacité dans son emploi du temps et des absences injustifiées alors que l’autre est en proie, même de manière modérée, à des angoisses d’abandon. L’auteur de violence activera ainsi les angoisses de l’autre, provoquant ainsi des crises. L’auteur accusera l’autre de jalousie et le traitera comme un malade. Le terrorisme, c’est aussi passer des consignes ambivalentes poussant l’autre à l’échec, ou encore faire subir des colères excessives, imprévisibles et non fondées (même si elles seront toujours justifiées par l’attitude de la victime !!).
  4. L’isolement est essentiel dans le processus de maltraitance. Il s’agit de couper l’individu de tous contacts sociaux, collègues, amis, familles…  afin qu’il ne puisse se reposer, se confier à personne. La victime ne peut plus s’en remettre qu’à son « bourreau ». Cela peut être fait de manière directe en interdisant directement la personne de voir quelqu’un ou de sortir ou cela peut être plus insidieux. Carène a constaté qu’à chaque fois qu’elle sortait, pour voir des amis, pour rendre visite à son frère, Jean lui faisait une crise qui pouvait prendre des proportions. Jean, au départ, n’hésitait pas à faire le lien avec ces sorties. Il disait directement à Carène que cela le rendait malheureux. Carène finit petit à petit par réduire ses sorties afin de limiter les risques de crises. Mais malgré son confinement, carène eut le courage de confronter Jean au problème, lui expliquant que Jean devait faire un effort. Par la suite, chaque fois que carène osait faire quelque chose en dehors de Jean, celui-ci lui faisait des crises quelques jours plus tard pour d’autres motifs, sans aucun lien avec sa sortie. Après deux années à ce régime, Carène a cessé d’exister en dehors de Jean. Jean avait alors toute la liberté de disposer de Carène….
  5. L’indifférence qui traduit le fait de ne pas prendre en compte l’autre, ni dans ses besoins ni dans ses demandes. L’indifférence est difficile à rendre compte du fait de son caractère passif. Le rejet implique une action et un abus alors que l’indifférence « ne se voit pas ». C’est ne pas écouter, ne pas répondre à des questions, limiter les contacts affectifs, ne montrer aucun intérêt aux réalisations, projets de l’autre.

 

La violence psychologique ne doit pas se mesurer à l’intention de l’agresseur mais à l’impact de l’agression. Un agresseur vous dira qu’il pensait qu’en humiliant l’autre, il l’encourageait à évoluer. Marc s’est vu humilié tous les soirs devant ses enfants au diner. Il ne mangeait pas proprement. Le repas était froid. Il ne se tenait pas assez droit… Et tous les soirs, sa femme lui disait qu’elle le poussait pour son bien.

Il est important de comprendre qu’une seule agression ne constitue pas une maltraitance psychologique. Pour pouvoir qualifier la maltraitance psychologique, il s’agit de l’inscrire dans la durée, dans une violence systématique et dans un ensemble de comportement déstructurant.

 

Il est souvent difficile de comprendre pourquoi une victime de violence psychique et/ou psychologique ne quitte pas son conjoint, ne porte pas plainte. Malheureusement, la violence n’arrive pas dans le couple dès le début et ne se présente pas de manière grossière dès la première fois. Elle est insidieuse. Elle se drape derrière des belles intentions, de vraies raisons. Elle transforme la victime au point que celle-ci se perd et s’en remet à son « bourreau ». C’est ce que l’on appelle l’emprise psychologique. 

 

 1.    L’emprise psychologique

 

 

«  Les agressions physiques dans le couple n’arrivent pas soudainement. Bien avant les bousculades et les coups, il y a une escalade de comportements abusifs et d’intimidations. La pire violence n’est pas la plus visible. Si les femmes ne partent pas, c’est qu’elles ont été piégées, mises sous emprise ». Marie-France Hirigoyen dans son livre « Femmes sous emprise » s’est penché essentiellement sur la violence opérée par des hommes. Elle cite néanmoins succinctement le fait que la violence féminine existe.

 

La limité entre un signe amoureux et un signe de violence est peu définie. Quand déterminer que l’autre empiète sur ma liberté ou qu’il fait preuve de bienveillance ?

 

Par exemple, un de mes patients me disait que sa femme lui imposait toujours des costumes alors qu’il aimait être en jeans, baskets. Est-ce le signe d’un besoin de d’imposer ses choix à l’autre ou une envie de mettre encore plus en valeur l’homme qu’elle aime ? Doit-on parler de privation de liberté ?

Un autre me racontait que sa femme l’empêchait de dormir le soir car elle avait des angoisses et elle attendait de lui qu’il la soutienne.

Ou celui-ci a voulu faire un pèlerinage à Lourdes et sa femme lui a dit que c’était ridicule.

Etc, etc.

 

La limite consiste en la prise de contrôle progressif de la part d’un individu sur l’autre.

Fait de manière isolée, chacun de ces exemples n’a pas valeur de mauvais traitement, mais pris ensemble, ils rognent sur la liberté de penser et d’être d’un individu.

 

Progressivement, l’individu est soustrait à sa propre pensée. S’ajoute à ces signes, une tentative d’isolement du partenaire. « Je tiens à être là quand tu iras choisir ta tenue », « tu n’es pas capable de faire ceci sans moi » ou encore des crises apparaissent chaque fois que l’autre fait quelque chose pour lui-même, comme un simple cinéma ou une balade.

En isolant la victime, l’auteur de violence s’assure que l’autre ne pourra pas constater que ce qu’il vit est inacceptable, que son environnement ne lui fera pas prendre conscience du caractère anormal de la situation du couple. L’isolement est un élément essentiel à la mise sous emprise de l’autre.

Dans des cas extrêmes, la victime finira coupée de sa famille, ami, n’osera plus parler à ses collègues, voire ne les verra plus. Ainsi, confiné à sa vie conjugale, la victime se trouve privée de ses moyens d’actions et de réactions.

 

Parallèlement, alors que la victime est isolée, elle est affaiblie. L’auteur de violence aura appauvrit sa victime et refusera d’apporter de l’aide à sa victime en mal avec sa vie quotidienne, voire la rejettera sous motif qu’elle est insupportable à vivre. Elle est pesante, jamais contente, toujours « un pet de travers ». C’est le cas de cette femme qui se sera réfugiée devant la TV car tout, dans son couple, était risque de discorde. Chaque weekend, elle proposera des activités et s’entendra refuser toute idée. Elle finira chaque weekend à regarder la TV et s’entendra tous les dimanches soirs, reprocher de n’être qu’une larve, un poids pour la société, une femme sans énergie.  Le dénigrement ici est une arme redoutable car il conduit la victime à croire qu’elle n’est capable de rien et qu’elle doit s’en remettre à l’autre pour effectuer une tâche, même des plus basiques.  

Il agit sur l’estime de soi et a pour conséquence à long-terme une incapacité de penser par soi même et à prendre une décision. 

 

Enfin, l’auteur de violence n’hésitera pas à utiliser des actes d’intimidation. Crier sur l’autre avec une posture menaçante. Briser des objets. Pénétrer la zone de sécurité de son conjoint durant une dispute….  

 

La violence physique peut apparaitre mais pas forcément. Autant nous retrouvons dans toute violence conjugale physique une emprise sur la victime, autant l’emprise psychologique ne sera pas forcément associée à celle physique.

 

L’emprise a fonctionné ! La victime ne sera plus capable de quitter son « bourreau », ni de porter plainte. 

 

Elodie CINGAL

www.psy-conseil-divorce.com

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commentaires

val 04/06/2014 22:12

Bonsoir j aimerai savoir comment faire pour faire reconnaitre avir ete victime d un manipulateur et d avoir subit cette violence psychologique aupres des juges.
Suis partie depuis 2 ans et il continu de distiller sa mechancete en se faisant passer pour la victime..

vinci 10/02/2014 11:50

et quant la maltraitance psy s 'effectue par la compagne de votre ex et que le père un manipulateur.
Comment le prouvé devant un tribunal?

mimil 20/01/2014 01:51

Comment faire quand il y a des enfants entre les deux ?

mimil 10/02/2014 20:20

Réglé semble t'il, la petite visite inopinée au psychiatre a eu le mérite d'avoir des effets d'apaisement. Pourvu que ça dure! Ceci dit mon épouse entre temps a fait une crise asthénie et s'est vue admonester par le docteur afin qu'elle diminue l'alcool...

mimil 10/02/2014 20:17

Réglé semble t'il, la petite visite inopinée au psychiatre a eu le mérite d'avoir des effets d'apaisement

mimil 24/01/2014 19:51

Bonsoir, merci de votre retour. il s'est joué des choses pour lesquelles j'aimerais me confier. Mon épouse qui me soucis, accuse depuis toujours des conflits relationnels avec autrui. Elle évoque la maltraitance dans son enfance par des parents violents. Aucune aide ne la fait réellement évoluer, par ailleurs elle se dit manipulée par ses proches (soeurs, mari, collègues etc), nous aurions provoqué son alcoolisme et la voudrions malade. Le dialogue est impossible dans la durée, elle ramène des problêmes, n'accepte pas les remarques, crie, insulte, menace de mort. Je pense personnellement que c'est elle qui est dominatrice et manipulatrice. Je me suis permis de rencontrer son psychiatre (dernier en date), dans une visite inopinée, trop courte pour être efficace. Néanmoins, à mes rguments de dire qu'elle se sens manipulée par "tous", celui ci m'a rétorqué qu'elle est peut être trop inquiète et que je devrais peit être la faire hospitaliser. C'est culpabilisant pour moi, je trouve cela brutal et de plus, lorsque j'appelle le samu lors d'une crise de colère, on me dit qu'il s'agit d'un problême conjugal. Comment pensez vous que je puisse agir pour le mieux, et si au pire je devait provoquer une hospitalisation, comment pourrait-je procéder pour que cela soit réellement exécuté.

Merci de votre retour

Cordialement

Elodie 24/01/2014 12:29

Mimil,
Je ne peux vous dire comment ni quoi faire. Je ne peux que vous encourager à aller voir un psy pour comprendre où vous en êtes et trouver des ressources. J'ai rédigé un article sur les conséquences sur les enfants de la maltraitance psy entre les parents.
http://psy-conseil-divorce.over-blog.com/2014/01/les-cons%C3%A9quences-sur-les-enfants-de-la-maltraitance-psychologique-entre-les-parents.html

Bon courage,
Elodie CINGAL

CLOCLO 02/01/2014 22:19

IL Y A BEAUCOUP DE CHOSES VRAIS

VANDEKERCKHOVE 30/03/2012 21:09

ce type d'article permet de donner l'espoir d'etre comprise et de reconnaitre les blessures des maltraitance psychologiques.J'ai vecu tout cela et j'ai du mal à m'en remettre j'ai fait appel à la
justice car ces violences continueent sur ma fille.Mais concretement la justice ne reconnait pas encore ce type de violence et aujourd'hui on me contraint à une médiation ce que je refuse ,je ne
supporte pas son contact et j'ai l'impression que la justice me contraint à retourner en enfer...