Partager l'article ! ANNONCER QUE L'ON SE SÉPARE A UN ENFANT, UN ENJEU?: Dans toute séparation, l’un des moments le plus difficile est celui de l’annonce au ...
Thérapie et conseil en Séparation / Divorc
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Dans toute séparation, l’un des moments le plus difficile est
celui de l’annonce aux enfants. La manière d’annoncer la séparation et les explications données aux enfants seront déterminants dans leurs réactions, leur ressenti et leur positionnement par
rapport aux deux parents.
L’annonce aux enfants est souvent décidée et menée par la mère et le père l’accepte. Chacun conserve bien la place établie auparavant dans le couple.
Même si les pères sont investis dans le quotidien de leur enfant, ils tendent à s’en remettre à la mère pour toute décision relative à la construction psychologique de l’enfant.
Combien de fois ai-je entendu des hommes me dire « puis-je parler de la séparation aux enfants, mon ex femme a refusé que je leur en parle ? » ou encore « Comment doit-on en parler aux enfants,
c’est la mère qui a décidé de ce qu’on peut leur dire? »…
Les pères, du fait des habitudes conjugales antérieures, se sentent interdit de parler aux enfants – interdiction qu’ils respectent et n’osent pas braver – et se trouvent alors lésés par rapport
à la mère. De leur coté, les enfants entendent préférentiellement la version de la mère même si c’est le père qui l’annonce. Les enfants, également pris dans le fonctionnement antérieur du
couple, donnent leur confiance plus naturellement à la mère. Elle est celle qui gérait auparavant et celle vers qui le père se tournait pour prendre des décisions au quotidien. Elle représente
alors la vérité, la loyauté et la décision puisque le père s’y est toujours référé.
Cela signifie donc que c’est la mère qui décide du ton à adopter et que ce ton dépendra de sa souffrance et de l’histoire de sa séparation. De ce fait, et malheureusement, il arrive que l’annonce
aux enfants est instrumentalisée à des fins moins nobles que ceux de protéger les enfants.
L’annonce aux enfants prend donc toute son importance. Elle va annoncer les modalités de la séparation, son ambiance mais aussi elle va venir consolider ou affaiblir la qualité de la relation aux
parents.
1. Les modalités correspondent à l’organisation à venir : qui quitte le domicile, quel mode de garde….etc
2. L’ambiance est déjà perceptible. Les parents l’annoncent-ils ensemble ou séparément ? La version est-elle la même ? Qui parle et que dit-on ? Parle t’on d’un coupable et d’une victime ? Cette
façon d’annoncer le divorce révèle déjà l’entente du couple conjugal dans la séparation et la qualité du couple parental à venir. Cette ambiance va orienter l’enfant dans ses réactions et son
positionnement.
3. La relation à venir entre les deux parents et les enfants sera déterminée durant cette annonce. En effet, l’enfant se sentira obligé d’aimer plus la victime et de délaisser le « méchant ». Le
premier terme à bannir est « abandon ». Il n’est pas rare de voir un parent dire que l’autre NOUS abandonne. L’enfant ne peut alors se dégager de l’angoisse de perdre son parent et se défend
souvent en développant de la colère contre lui ou au contraire en adhérant en totalité à celui-ci. Si par malheur, l’autre parent se dépeint comme une victime dont l’avenir est en danger,
l’enfant peut finir par rejeter celui qui quitte (qui abandonne). Dans tous les cas, l’enfant apprend à s’amputer d’un de ses parents pour pouvoir gérer l’angoisse de la séparation. Il préférera
même se coller à l’un des parents car cette annonce, qui déjà le met sous le choc, produit une angoisse qu’aucun des deux parents n’a su contenir. En se collant à l’un des deux parents, l’enfant
s’assure une contenance, une enveloppe rassurante.
L’annonce aux enfants est donc la première arme redoutable par l’un des partis pour s’assurer de la loyauté et la culpabilité des enfants.
QUE FAIRE ?
La contradiction d’un divorce est qu’il faut s’entendre pour pouvoir faire le moins de dégâts possible. Dans l’idéal, les parents devraient se poser ensemble et discuter des modalités, de
l’ambiance et de la gestion de l’annonce aux enfants.
Ils devraient l’annoncer ensemble et être d’accord sur les motifs et les projets. Il faudrait même réussir à projeter l’enfant dans un futur non catastrophique. Il ne s’agit pas de faire croire
que tout va bien, surtout pas !! Il s’agit de dire et entendre la souffrance de l’enfant mais de ne pas la dramatiser. L’enfant doit à tout prix croire que la situation est sous contrôle et ce,
même s’il n’est pas possible de répondre à toutes les questions. L’enfant doit sentir que le contenant parental est toujours là !
Il n’est malheureusement pas toujours possible de répondre aux questions des enfants. On ne sait pas toujours qui part, où il déménage, quel sera le type de résidence.. etc. Dites le leur ! Mais
ajoutez que cela sera réglé et que vous, parents, vous trouverez une solution, la meilleure pour tout le monde. Ajoutez qu’ils peuvent revenir vous poser autant de questions autant de fois qu’ils
le souhaitent. Les enfants, quelques soit leur âge, doivent pouvoir s’en remettre aux parents. Si vous connaissez les réponses, dites les simplement « papa va s’installer à Montreuil et comme il
va habiter un peu loin, vous irez chez lui tous les deux We et tous les deux mercredi… ». « Comme maman travaille tard, je vous prendrai tous les soirs à l’école et vous déposerais chez maman à
19h30. Vous viendrez en plus tous les deux we »…etc. Il faut faire simple, court et surtout donner l’impression que la situation est sous contrôle. Les enfants ne doivent pas s’engouffrer dans
une faille pour compenser la souffrance d’un ou de ses parents. La sienne est suffisante.
Concernant les motifs, il est important de ne pas pointer un coupable et ce, quelque soit la faute. Les enjeux d’adultes n’ont pas leur place ici. La réponse doit rappeler la place que chacun
conserve et porter sur le fait que les enfants ne sont pas responsables. Il s’agit de mettre la séparation sur le dos de l’usure dans le couple, sur les disputes sans, encore une fois, pointer un
fautif. Il ne faut jamais détériorer l’image d’un des parents car l’enfant s’identifie toujours aux deux. Et par jeu d’identification et d’introjection, il se sentira fautif comme le « nommé
coupable ».
Désigner un coupable revient à faire un chantage affectif à l’enfant. C’est le mettre dans la position de devoir choisir un parent, et pas forcément celui avec qui il est le plus à l’aise. Les
enfants ne doivent jamais avoir à choisir, c’est les rendre responsable, quelque soit le choix, du malheur de l’autre parent.
Elodie Cingal, psychothérapeute
www.psy-conseil-divorce.com
(Oui, c'est un enjeu pour certains avocats car en fac de droit il y a un coupable et une victime.)
Je vous donnerai des nouvelles de temps en temps.
Isabelle