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Elodie Cingal/ 06.33.55.39.43

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  • : En tant que psychologue psychothérapeute (N° ADELI 75 93 4781 8), j’ai eu l’occasion de travailler sur différents problèmes et différentes pathologies. Capable de m’intéresser à beaucoup de domaines, j’ai voulu créer un petit blog qui parle de la psychologie en générale et des sujets qui me tiennent à cœur à un moment donné. Téléphone : 06 33 55 39 43
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7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 08:59

Elodie CINGAL, psychothérapeute, spécialisée aux affaires familiales (séparation/divorce, recomposition familiale, violence conjugale, pathologie familiale…) s’est amusée à questionner deux papas séparés. Les hommes sont-ils différents des femmes quand ils sont papas solos, quand ils refont leur vie.. ?

Elle pose une question par jour !

 

Lundi : Pourquoi êtes vous séparés ?

Mardi : Où vous situez vous par rapport à l’autorité parentale conjointe (école, activité, santé…) ? Comment vous entendez-vous avec votre ex-compagne ?

Mercredi : Racontez-moi la vie, week-end ou quotidien, avec les enfants !

Jeudi : Comment combinez-vous vie de père solo avec la vie professionnelle ?

Vendredi : Avez-vous refait votre vie? 

 

Luc, pompier de Paris depuis 12 ans, 34 ans, divorcé après 11 ans de relation et 4 ans de mariage. Deux enfants, une grande de 8 ans et un petit de 6 ans. Luc habite à Paris et la maman et les enfants en banlieue proche, à 20 mn porte à porte en voiture. Le jugement de divorce autorise le père à voir ses enfants les weekends 1-3-5 et mardi/ mercredi 2-4 de chaque mois et la moitié des vacances.

Eric, ingénieur commercial, 42 ans, en instance de divorce depuis Avril 2010 après 15 ans de relation et 10 ans de mariage. Deux filles, 9 et 7 ans. Eric habite dans le 8ème et la maman dans le 1er, les deux sur la ligne  1 du métro. Les filles sont en résidence alternée, une semaine sur deux.

Lundi :

Pourquoi êtes vous séparés ?

Luc : J’ai rencontré ma femme quand j’avais 19 ans, elle en avait 18 ans. J’avais peu d’expérience avec les filles et elle a été très entreprenante avec moi. Je me suis laissé faire et j’ai suivi tout ce qu’elle demandait. Ma femme a voulu faire dans les règles de l’art. 6 mois après notre rencontre, elle a présenté nos parents respectifs. A peine deux ans après, on célébrait des fiançailles. Parallèlement, ma femme ne supportait pas que je sorte, que je fasse des choses pour moi. On s’était rencontré autour du sport et la seule chose qu’elle acceptait, c’était que j’aille courir ou faire du vélo. J’étouffais dans mon couple mais je pensais que c’était normal, que c’était pareil pour tout le monde.

Une fois qu’elle a eu sa licence, son père nous a trouvé un appartement HLM dans un immeuble sympa de 5 étages. Puis on a voulu des enfants. J’ai toujours voulu avoir des enfants jeune ! La grande est née, quel moment de bonheur ! Elle a colmaté le couple, redonné un sens. On a lancé le deuxième !

Un mois avant que ma femme ne réalise qu’elle était enceinte du 2ème, j’ai rencontré Claire. Au départ, Claire n’était là que pour des relations sexuelles. Ma femme n’était pas très généreuse sur ce plan. Je ne voulais surtout pas tomber amoureux. Je voulais rester marié à la même femme toute ma vie et offrir à mes enfants un foyer stable.

Mais, voilà, Claire a été tout de suite un rayon de soleil. Là où je croyais que tout le monde vivait la même chose dans son couple, j’ai découvert qu’on pouvait être libre et aimer, qu’on pouvait être spontané. Claire est une femme autonome, indépendante dont la vie est tournée vers l’extérieur. Ma femme voulait aller tous les ans en vacances dans la propriété de ses parents, chaque week-end était autour de ses parents ou les miens. J’aimais beaucoup ses parents, j’aime les miens mais il n’y avait aucune place pour la surprise. Je dois admettre que je ne faisais pas beaucoup d’effort pour mettre du peps dans notre couple. J’étais passif.

Dès que j’ai su que ma femme était de nouveau enceinte, j’ai quitté Claire. Je voulais être sérieux et respectueux envers ma femme mais surtout envers mon enfant à venir. On a à peine tenu 4 jours avant de recraquer. On a passé une année à rompre et à recraquer ! C’était dur pour elle, surtout quand mon fils est né. Je ne l’ai pas vue pendant 4 mois. Je voulais réussir à la quitter et retourner vers ma femme.

Et puis, un jour, j’ai réalisé que je ne pouvais plus rester avec elle. Je n’aimais vraiment pas ma vie et surtout cela faisait longtemps que je ne l’aimais plus. Je l’ai aimé au début, comme un ado qui découvre la vie. Puis très vite ce sont les habitudes qui ont donné l’illusion.

Alors, après 15 mois de mensonge, j’ai décidé de quitter ma femme et de refaire ma vie avec Claire. Au départ, je me suis installé seul avec mes enfants. Je ne voulais pas aller trop vite. Claire et moi, on s’aimait, mais comme amant, comment savoir si on supporterait le quotidien ? C’est ce qui m’a donné la certitude que je ne quittais pas ma femme pour Claire, mais uniquement parce que, si je n’étais pas malheureux, je n’étais pas heureux !

 

Eric : J’avais 26 ans quand j’ai rencontré ma femme. On était tous les deux bénévoles dans une association. Je l’ai trouvé tout de suite belle et elle dégageait une froideur qui me donnait envie de la connaitre encore plus. J’étais vierge alors et donc excessivement timide. Elle est venue vers moi et nous sommes sortis ensemble. Je n’en revenais pas. J’ai été fou d’elle pendant nos 15 années ensemble. Si elle ne m’avait pas quitté, je serai encore avec elle.

Dans la séparation, elle m’a fait subir les pires accusations, de la diffamation au point où les commerçants de notre quartier ont refusé de me servir.

Ma femme n’a jamais quitté ses parents. Nous avons acheté un appartement deux étages en dessous du leur. Elle a acheté en SCI une propriété avec eux dans laquelle nous partions en vacances avec ses parents… chaque vacance ! Je faisais les travaux en m’occupant des enfants. Je trouvais normal qu’elle se repose.

A la maison, au quotidien, je m’occupais des courses, de la cuisine et des enfants. Ce n’est pas une plainte, j’adorais ça !! Je m’occupais de mes trois petites femmes. Et c’est le cas de le dire. Ma femme était en fait une enfant. Et nous avions donc des rapports très platoniques. Je savais que ce n’était pas normal de n’avoir des relations sexuelles que tous les deux trois mois, mais je me faisais une raison. J’étais heureux, du moins je me croyais heureux !

La seule chose qui me pesait réellement, c’était l’absence totale de tendresse. Je ne pouvais la prendre par la main, m’allonger à coté d’elle, l’envelopper dans mes bras. Tout cela, je ne l’ai pas connu, ou du moins pas longtemps.

Un jour, la police m’appelle, me dit que ma femme a fait une main courante contre moi et m’encourage à aller consulter un psy au Centre Psychiatrique d’urgence à St Anne car je m’automutilerai et que je serai dangereux pour ma femme. Elle a peur ( ????).

Obéissant, comme toujours, je m’exécute. Le psychiatre conclut que rien chez moi n’est inquiétant. Je rentre chez moi, le soir. Pas de femme. Elle a passé deux mois chez ses parents en me laissant les filles. Ses parents m’ont conseillé d’accepter la situation, de faire lit à part, de jouer le jeu du couple et d’aller voir ailleurs. Ma femme ne supportait plus que je veuille de la tendresse et que je réclame des relations sexuelles.

J’ai refusé ! Depuis, je divorce de mon ex beau père. Ma femme ne gère rien. Elle a laissé à son père la totale liberté de m’exploser.

Ce n’est donc pas moi qui ai voulu me séparer, c’est ma femme. Cela a été violent et soudain mais surtout incompréhensible. Un tel déchainement de haine alors que je n’ai jamais fait de coups bas à ma femme !

Aujourd’hui, alors que j’ai eu l’occasion de rencontrer d’autres femmes, je me rends compte à quel point elle a des difficultés et à quel point je compensais l’absence d’amour dans l’organisation et la gestion du quotidien. J’ai toute une vie devant moi mais j’ai peur de ne plus jamais pouvoir faire confiance à une femme.

 

Où vous situez vous par rapport à l’autorité parentale conjointe (école, activité, santé…) ? Comment vous entendez-vous avec votre ex-compagne ?

 

Luc : Au début, c’était forcément difficile. Mon ex femme était remontée, en colère et voulait probablement ma mort. Et je peux la comprendre. La rupture était imprévisible pour elle. Puisque notre couple était pauvre, il n’y a pas eu de dégradation de la relation.

Elle a tout de suite accepté de mettre en place une résidence alternée car elle savait que quand j’avais les enfants, je n’étais pas avec Claire. On faisait en fonction de mon planning pro. En tant que pompier, je ne sais que le 25 de chaque mois, les jours où je travaille ou non. Nous avons des gardes de 24h, 48h ou 72h. Ce qui veut dire que lorsque j’ai les enfants, je suis totalement disponible pour eux. J’ai donc pu être très présent dans la vie de mes enfants qui étaient tout petit : 2 ans pour l’ainée et 10 mois pour le petit. Pour moi et les enfants, la rupture ne changeait rien. Je les voyais autant.

Apres 9 mois de séparation, je me suis installé avec Claire. Mon ex femme ne nous a plus confié les enfants. Puis après un mois, elle a réalisé que c’était difficile de refaire sa vie et elle nous les a confiés en résidence alternée. Je crois que ce qui la motivait surtout c’était que Claire lui avait dit ne pas vouloir d’enfant. Elle a du penser que Claire ne supporterait pas deux petits. Mon ex nous faisait quand même vivre un enfer. Elle n’informait pas des réunions à l’école, des soucis de santé. Elle inscrivait les enfants à des activités sur mon temps…etc.

Quand elle est allée voir son avocat, je pense qu’elle a pris conscience qu’une résidence alternée la prive de certaines prestations sociales et d’une pension alimentaire pour les enfants. Elle a donc refusé la résidence alternée auprès du Jude aux Affaires Familiales (JAF), ce qu’il a entériné après 18 mois de ce mode de garde. Mes enfants ont donc commencé à avoir trois foyers : chez maman, chez papa et chez ses parents !

Il a fallu attendre 2 ans après l’ONC avant que le divorce ne soit prononcé et durant toute cette période, mon ex a cherché des problèmes et a fait de son mieux pour me limiter dans mes mouvements et activités avec les enfants. Elle refusait de faire en fonction de mon planning et je ne voyais presque plus les enfants. J’ai alors décidé de passer au service administratif. Je travaillais donc tous les jours de 8h00 à 17h00 et j’étais libre tous les weekends. Je prenais quelques gardes dans le mois pour avoir mes mercredis de libre pour les enfants.

Après le divorce, et elle avait aussi rencontré un homme avec qui elle a fait un enfant tout de suite, elle a été plus cool. Elle a tout gagné, les biens, la résidence des enfants et la pension alimentaire. J’avais accepté de ne pas redemander une résidence alternée car mes enfants commençaient sérieusement à pâtir des conflits.

Aujourd’hui, on s’entend bien. Elle et Claire s’entendent bien. Quand mon ex femme ne peut pas garder les enfants, elle demande spontanément et directement à Claire. Elle reconnait que Claire est super avec les enfants et ceux-ci l’adorent.

Depuis, avec l’accord de mon ex femme, je suis retourné dans les camions avec le système de garde et donc avec un planning mensuel. Au début, mon ex était conciliante et puis, petit à petit, elle recommence à faire du chantage quand je me permets de lui faire remarquer que je ne suis pas d’accord pour certaines choses. Pour résumé, tant que je dis oui à tout, elle ne s’oppose pas à être flexible pour le planning mais dès qu’il y a une contrainte pour elle, elle fait des problèmes! Alors, on entre à nouveau en conflit et je parviens presque à tous les coups à obtenir de voir les enfants. Le conflit dure quelques jours et puis on redevient des parents sympas et conciliants.

Me battre pour mes enfants me fatigue et je trouve cela injuste. Le JAF a donné à ma femme le pouvoir de me laisser m’en occuper et les aimer comme bon lui semble à elle. Mes gosses m’adorent et eux aussi sont au bon vouloir de leur maman. C’est compliqué pour eux de comprendre pourquoi c’est maman qui décide pour papa. Je trouve que ça m’infantilise auprès des enfants.

 

Eric : ouh là !! Une belle catastrophe ma relation à mon ex ! Déjà je l’évite un maximum. Au début, à des fins juridiques, elle a refusé de me parler pendant des mois. Elle voulait des traces écrites pour son avocat. Donc, pendant au moins 8 mois, on ne s’est pas parlé, … mais alors qu’est ce qu’on s’est écrit !!

Depuis quelques mois, elle veut qu’on se parle. Je pense qu’elle en a marre de tous ces écrits et puis je suis assez fort pour me défendre à l’écrit. Ca dessert donc son dossier juridique.

On pourrait, en effet, essayer de se parler au téléphone plus régulièrement, sauf qu’à chaque fois qu’elle me parle, j’ai une réaction physiologique violente, je vomis. J’ai même vomi pendant deux jours une fois.

Même si j’ai tout gagné lors de l’ONC (Ordonnance de Non Conciliation = 1er passage devant le JAF pour décider des mesures temporaires en attendant la prononciation définitive du divorce concernant les biens, les enfants et les sous !), la résidence alternée, la nomination d’un notaire, le fait qu’elle conserve notre appartement à titre onéreux…. Je suis tellement heurté par ce qu’elle a fait, ce qu’elle fait ou ce que son père a fait ou son père fait que je ne peux plus la regarder ou l’entendre sans avoir une réaction de dégout.

Mon ex femme a de vrais problèmes avec l’argent. Du temps de la samaritaine, il y a bien 10 ans, elle allait régulièrement là-bas échanger les étiquettes des pulls pour s’acheter de la marque à un prix dérisoire. Et pourtant, elle n’a pas de difficultés financières. Son père a renié ses deux frères pour des histoires d’argent et je pense qu’elle a peur que son père fasse la même chose avec elle. En fait, en divorçant, elle prend le risque de perdre l’appartement qu’on a acheté dans l’immeuble de ses parents et de ne pas pouvoir payer ses traites de la SCI. J’ai compris sa stratégie, ses fausses accusations, c’est pour obtenir que ce soit le juge des Affaires Familiales qui tranche le conflit des biens en prenant en compte des dommages et intérêts.

Je ne suis pas inquiet avec ses fausses accusations. Je n’ai rien fait de mal et son dossier est vide. Sauf que la justice française est longue. Ca fait plus de 18 mois que j’attends qu’un procureur décide d’instruire ou de classer l’affaire. Quand on le relance, il répond qu’il a plus urgent à traiter. Mon cas est tellement vide qu’il passe en dernier. Sauf que pendant ce temps là, je ne peux pas relancer la procédure de divorce et je ne peux me défendre auprès de personne. J’ai de la chance, nos amis, l’école et les médecins me croient. Je ne suis donc pas lésé par rapport à nos filles. Mais, c’est lourd.

Pour l’autorité parentale conjointe, c’est à la fois simple et compliqué. On ne fait rien sans le soumettre à l’autre. Elle et moi sommes facilement d’accord quant aux décisions relatives à nos filles. Les conflits apparaissent quand je lui demande de me rembourser les frais avancés pour les filles. Par exemple, elle a refusé de me payer sa part des achats scolaires l’année dernière. Du coup, je l’ai laissé s’occuper de cette année. Mais, ce sont les filles qui trinquent. Elles ont un cartable bas de gamme, fragile, pas de crayons… Bref, je vais devoir tout racheter rapidement. Ou encore, elle ne veut pas avancer les frais de l’orthodontiste…

En tout cas, heureusement qu’on a les mails car si je devais me battre en face à face ou au tel pour la convaincre de payer ceci ou cela, je serai tout maigre aujourd’hui… En même temps, j’ai quelque kilos à perdre !!

Racontez-moi la vie, week-end ou quotidien, avec les enfants !

 

Luc : Tout tourne autour des enfants. Je les ai 6 à 8 jours par mois, c’est très peu. Je ne suis plus garant de leur éducation. Je peux un peu influencer mais je ne suis plus « en charge ».

Je suis ce que l’on appelle un papa loisir. Même si j’ai la possibilité d’aller chercher mes enfants à l’école 4 à 5 fois par mois et donc de les aider à faire leur devoir, je ne peux pas réellement suivre leur éducation scolaire. D’ailleurs, les enfants associent leur maman à l’école. J’ai de la chance, mes enfants adorent l’école. Quand ils parlent d’activités sympas avec maman, ils pointent l’école et le centre de loisir.

Je ne suis pas non plus leur santé. Je ne peux pas non plus les lier à leurs copains d’école ou de quartier, c’est maman qui y a accès.

La 1ère chose que nous avons faite avec Claire lorsque nous nous sommes installés ensembles, ça a été de chercher des copains pour les enfants… ce qui n’est pas évident quand on n’a pas accès à l’école et aux activités parascolaires. Je pourrais mettre mes enfants dans un centre de loisir les mercredis, mais ce serait deux jours de moins avec moi !

Du coup, nos temps ensembles sont assez centrés sur nous-mêmes. Le vendredi soir, je vais les chercher à 16h30 et on rentre directement à la maison pour ne rien faire. Je sais que les vendredis soirs, les enfants sont fatigués de leur semaine et énervés d’arriver chez papa. Ils sont souvent plus difficiles à gérer. J’ai choisi de ne pas jouer d’autorité car c’est de la tension nerveuse liée au plaisir d’arriver chez papa. Le vendredi soir, on mange de la junk food, du moins un truc rapide : saucisses purée, pates, pizza… devant un film ou un dessin animé. Dodo vers 21h30 car on traine au moment du coucher pour que la tension tombe un peu.

Le samedi matin, j’ai des enfants adorables, plein d’amour et de câlins qui débarquent dans notre lit vers 07h30. On fait le petit déjeuner et on se remet au lit pour regarder un dessin animé tous ensemble. On fait la même chose les dimanches et mercredis matins. C’est notre rituel glandouille des matins.

Ensuite, on se prépare, on discute des projets de la journée. Très souvent, on a organisé un weekend tourné autour du social : chez mes parents, chez tata et tonton, chez des copains, et avec les amis qu’on leur a trouvé.

On a une vie très tournée sur l’extérieur. On n’aime pas rester toute une journée à la maison. Quand on n’a pas un weekend social, on va au ciné, au théâtre, faire du patin à glace, du vélo, des pique-niques… On a la chance d’habiter un quartier à Paris où il y a beaucoup de parcs ; les buttes Chaumont, le parc de Belleville, la butte du chapeau rouge, la villette et le canal de l’Ourcq pour le vélo, un ciné super à 15 mn à pied, 3 piscines découvertes l’été à  15 mn aussi,  quelques théâtres. Bref, si on veut ne pas prendre la voiture ou le métro, on a tout en bas de chez nous. 

Le dimanche soir, la maman a accepté que je ramène les enfants à 20h30 au lieu de 19h00. Ca a changé notre vie. Avant, on était stress les dimanches, fallait rentrer pour 17h00, 17h30 max pour nous préparer à aller chez maman. Je n’aime pas être en retard et donner l’opportunité à la maman de faire des reproches devant les enfants. Maintenant, on peut organiser nos journées comme on le souhaite et nous offrir la sensation d’une vraie soirée. Vers 18h00, c’est le bain, on mange plutôt tôt, on regarde les cahiers de correspondance avec les enfants, on se câline… et je pars vers 20h00 avec des enfants en pyjamas, dents propres « prêt-à-coucher » comme on dit.

Avant les enfants pleuraient car ils ne voulaient pas rentrer chez leur maman. Pas qu’ils n’aimaient pas leur maman, elle est super avec eux et ils l’adorent. Mais, ils voulaient voir plus leur papa. Maintenant, avec cette soirée en plus, ils sont plus sereins. Ils réclament toujours de me voir plus et même une résidence alternée, mais ils ne pleurent plus, ne semblent plus souffrir. Je me dis souvent qu’ils se sont résignés et je trouve cela triste.

De mon coté, je n’ai pas le blues du dimanche soir, le blues du papa. J’ai l’habitude des absences à cause de mon métier. J’ai toujours du faire une alternance de plein temps et de rien avec les enfants. Je ne ressens pas de manque. C’est surtout à eux que je pense. Je peux les avoir quand je veux au téléphone et la maman les fait appeler dès qu’ils le souhaitent. On est vraiment très cool avec la maman pour la communication avec les enfants. Je ne suis donc pas frustré et triste quand je les dépose les dimanches et mercredis soirs. Cependant, j’attends avec impatience le jour où ils seront en âge de pouvoir faire une résidence alternée selon la définition de la loi. Je ne relancerai une procédure que si tout est réuni pour gagner. Je sais que mon ex femme s’y opposera et je ne veux pas refaire subir à mes enfants des conflits.

Eric : L’alternance se fait les vendredis. L’un dépose les filles le matin à l’école et l’autre les reprend le vendredi soir. Comme ca, on n’est pas obligé de se voir avec la maman.

Le vendredi soir, c’est rituel « plateau TV ». Je prépare une sorte de pique nique autour de séries que les enfants adorent. J’enregistre durant la semaine les programmes qu’elles aiment, surtout « grand Galop ». Les filles me collent toute la soirée, câlins, discussions, bobologie, résumé de ce qu’elles ont fait…etc. Ca discute sans cesse ! J’adore ça !

J’ai pris un chien pour la grande noël dernier et c’est donc de grandes retrouvailles pour la chienne aussi. Ce qu’il y a de bien, c’est qu’on se fait de longue balade avec les filles et la chienne. J’habite à coté du bois de Boulogne.  

Les samedis dimanches sont comme chez tous les parents, je pense. Activités extérieures, ciné, balades, brocantes, pique-niques…etc. On voit souvent des amis, à elles et/ou à moi. D’ailleurs, ca fait partie des 1eres questions que les filles me posent quand on se retrouve le vendredi soir : « on voit qui ce weekend » ? Je me débrouille donc pour qu’on fasse des choses avec des amis tous les weekends.

En semaine, l’organisation est plus tournée autour de l’école et des activités parascolaires. Le matin, on se lève avec un peu de temps devant nous. Je tiens à ce que l’on prenne le petit déjeuner tous ensemble. Les filles m’aident à préparer et on se retrouve une 20ne de minutes. Ce sont des moments précieux pour nous, presque plus que nos soirées. Les soirs, on court, entre les devoirs, les médecins, les activités, les câlins, le diner, les bobos, la chienne, les poux, les lessives, les disputes entre sœurs… Bref, le soir, c’est plus speed. Ca n’empêche que tous les soirs, chaque fille a le droit à son histoire ou son moment spécial avec papa pour discuter de ce qui les préoccupe ou de tout et de rien.  Malgré ces minutes précieuses, les filles ne sont jamais rassasiées de leur temps avec moi, alors j’ai régulièrement l’une ou l’autre qui se relève pour venir me faire un câlin ou parler d’un dernier truc. Je dois souvent élever la voix pour qu’elles comprennent que c’est l’heure du dodo.

Les mardis soirs, on traine un peu plus car elles vont au centre de loisir à 100m de l’appart. Leur école est à 15 mn et donc on est moins cool. Les mardis soirs sont plus cools et on profite de se refaire un plateau TV. Les mercredis soirs, j’ai souvent un(e) ami(e) qui vient diner avec les filles. Les filles adorent ces invitations. Elles sont déçues quand personne ne vient.

Les filles appellent leur maman tous les lundis et jeudis soirs. Je déteste cette obligation que mon ex a mise en place. Les filles n’ont pas le droit d’appeler en dehors de ces jours et c’est pareil pour moi. J’aimerai qu’on soit plus cool avec elles et qu’elles puissent nous dire librement si elles veulent plus ou moins. Je trouve que c’est à nous parents gardiens de créer un espace temps avec les enfants pour leur donner envie d’appeler l’autre parent. Le fait de forcer les filles à appeler à des jours fixes fait que parfois elles ne veulent pas parler ; trop fatiguées, occupées à autre chose, …etc. Souvent je suis frustré du caractère expéditif des appels.

Les semaines où les filles ne sont pas là, j’en profite pour faire des choses pour moi. Mais, ce n’est pas pareil. J’ai l’impression d’être en stand-by ! Qu’il manque quelque chose à mon quotidien. Je suis, comme la chienne, triste et seul. Tout le monde me dit que c’est génial la résidence alternée. On peut avoir plusieurs vies. Mais moi, j’adore être père et je voudrais l’être à plein temps, pas à mi-temps. Je déteste mon divorce pour ça !

 

Comment combinez-vous vie de père solo avec la vie professionnelle

 

Luc : c’est facile pour moi, soit je travaille et je n’ai pas de vie privée, de famille, de couple, de relations sociales.. soit je ne travaille pas et je suis un père et tout le reste à plein temps.

Ma seule difficulté est de pouvoir voir mes enfants en fonction de mon planning.

Avant j’étais dans une caserne avec un supérieur qui comprenait ma situation et dont le nombre d’effectif était trois fois supérieur à celle-ci. Je pouvais donc voir avec mon supérieur pour obtenir les weekends 1/3/5 et les mercredis 2/4. Mais maintenant c’est un centre de secours, et c’est donc une petite caserne. On est peu nombreux et donc plus gêné pour faire les agendas de l’équipe.

Je dépends donc du bon vouloir de mon ex femme pour l’agenda des enfants. 

Ma carrière ne pâtit en rien dans le fait d’avoir divorcé du fait de ce système de garde. Celle qui pâtit de ma carrière et de mon divorce, c’est Claire. Elle est celle qui gère à ma place quand je ne peux aller chercher les enfants les vendredis et mardis soirs.

Les gardes commencent les matins et se terminent donc les matins. Parfois, je rentre à la maison les samedis ou mercredis matin. Or, mes Droits de Visites et d’Hébergements (DVH) commencent la veille. Je ne suis pas obligé de prendre mes enfants dès la veille. Mon avocate m’avait expliqué qu’un DVH est un droit et non pas un devoir. Mais, pour moi c’est important d’offrir, malgré tout, un cadre stable et fiable aux enfants. J’ai demandé aux enfants s’ils préféraient rester chez maman avec leur petite sœur ou que Claire aille les chercher et qu’ils se passent une soirée entre marâtre et enfants. Ils ont choisi Claire. Les matins, je viens avec croissants et pains au chocolat dès 08h30. Ils sont comme fous.

En tant que pompier, je ne pourrais avoir une résidence alternée ou exclusive sans l’aide de ma compagne ou sans nounou/babysitter. Quand j’ai fait des enfants, j’étais marié et jamais je n’avais envisagé ma carrière comme une entrave à ma parentalité.

Aujourd’hui, ce sont les enfants qui sont lésés pas ma carrière. On m’a déjà dit « tu n’as qu’à changer de métier » !! Sauf qu’un pompier est formé à être pompier. Moi, ça fait 12 ans que je fais ce métier et je n’ai jamais rien fait d’autre. Il nous est difficile de nous reconvertir.  J’en connais beaucoup qui ne trouve rien de pertinent d’un point de vue du travail ou des finances après la brigade.

 

Eric : Quelle galère !! J’ai changé de travail l’année dernière. J’ai été licencié deux mois après avoir été viré de chez moi ! Quelle période !

J’ai retrouvé du travail en deux mois. Avec ma période de préavis, je n’ai pas eu de moment de répit en fait. J’ai caché au DG de ma nouvelle boite que j’étais en instance de divorce, mais encore plus que mes enfants étaient en résidence alternée. Je savais, et à raison, que je ne serai jamais embauché si cela avait été su. Je viens de quitter la boite après tout juste un an dans cette société.

Très vite, j’ai compris que je devrais cacher au DG ma vie privée. C’est un homme qui m’appelle 30 fois par jour pour savoir où je suis, avec qui et ce que je mange. Je me sentais harcelé mais surtout il fallait que je jongle sacrément pour gérer mes filles durant mes semaines. J’avais l’impression d’être marié au DG et d’avoir une maitresse.

J’aurais aimé pouvoir me donner à fond dans mon boulot la semaine sans les filles et rentrer pour 18h30 les semaines avec. Pour pouvoir le faire, je faisais croire à mon DG que j’avais des rdv extérieurs. Une fois, la petite a été malade et j’ai du rester à la maison. Je lui ai dit la vérité et il m’a d’emblée rétorquer « et votre femme, elle ne peut pas s’en occuper ». Je lui ai dit que ma femme était en déplacement. Et même là, il n’a pas compris. Quel vieux jeu ! Quel vieux schnock !

Normalement, j’évitais les RDV en dehors de l’Ile de France quand les filles sont chez moi, mais parfois il me piégeait et je devais partir à Rouen ou Le Mans pour la journée. Et c’est toujours quand il ne le faut pas que les problèmes arrivent. La nounou était malade et n’a donc pas pu aller chercher les filles à l’école. J’ai passé un temps fou à trouver quelqu’un de rassurant et de confiance pour me remplacer.

Une autre fois, les filles se sont retrouvées à m’attendre à la sortie de l’école et je ne savais pas que le nounou (un autre) n’était pas venu. L’école a appelé la maman alors que la directrice sait pour l’alternance et elle a tous les détails dans notre dossier. C’est affreux car cela a donné à la maman un argument pour dire que je ne peux pas les assumer convenablement. Maintenant je croise les doigts pour qu’elle ne revienne pas sur la résidence alternée.

Je commence dans 15 jours un nouveau travail. Je n’ai pas de bureau. Je dois gérer une équipe de chez moi et faire essentiellement du télétravail. Mes nouveaux Boss sont au courant pour ma situation et ont compris qu’une semaine sur deux, je ferai une pause professionnelle entre 18h00 et 21h30. J’attends beaucoup de cette nouvelle organisation.

 

Avez-vous refait votre vie? 

 

Luc : Oui, avec Claire et je n’ai aucun regret d’avoir divorcé. J’ai connu mon ex femme trop jeune. Aujourd’hui je vis une relation totalement différente dans laquelle j’ai le sentiment de pouvoir mieux exprimer mes désidératas.

Claire est contente du rythme de vie que je lui offre : 1/3 célibataire, 1/3 en couple et 1/3 avec les enfants. Elle a le sentiment d’avoir le beurre et l’argent du beurre. Je dois dire qu’elle m’a appris à voir la vie de la même façon. Je fais beaucoup plus de choses pour moi et surtout mes enfants n’en pâtissent pas trop.

Je me sens libre et les contraintes de la vie sont plus légères.

 

Luc : Oui. Quelques mois après avoir emménagé dans mon appartement, j’ai eu une aventure avec une femme mariée. J’ai découvert le sexe… et la tendresse. J’ai dit à une amie un jour « j’ai reçu 100 fois plus en 2 heures qu’en 15 ans de relation ». J’ai été sous le choc de tout ce que j’avais loupé dans mon passé amoureux.

J’aurai pu vouloir croquer la vie, mais non ! Je suis resté plusieurs mois avec cette femme. Je me suis attaché à elle, puis les liens se sont déliés. Nous sommes d’excellents amis aujourd’hui.

J’ai rencontré une autre femme mariée ensuite. Elle s’est attachée à moi tout de suite. Elle m’a parlé de quitter son mari. Elle me piégeait souvent pour que je la retrouve à des endroits où on croiserait ses enfants, des collègues, des amis. J’ai mis un terme rapidement à cette relation alors que je l’appréciais. Je n’étais pas prêt à me mettre dans quelque chose de sérieux.

Dans mon mariage, j’ai été naïf, j’ai aimé une femme qui, faut de générosité dans notre relation, m’a jeté dehors, humilié, fait de fausses accusations, des plaintes... Alors, comment refaire confiance ?

J’ai rencontré Jeanne au mois de mai. Une femme en instance de divorce également. Cassée comme moi. Belle, intelligente, généreuse, Pepsi, joyeuse. Elle a deux jeunes enfants. La recomposition nous fout la trouille, mais ça vaut le coup.

On prend notre temps mais on parle déjà de notre emménagement dans quelques mois, dans un an.

Je la désire et elle me désire. Et ça, c’est magnifique pour moi.

Nos enfants sont au courant. Mes filles, au début réticentes, pas longtemps, maintenant l’adorent. Ses enfants m’apprécient aussi beaucoup, surtout son fils. Seul hic à notre idylle, les enfants ne veulent pas entendre parler des autres enfants. Prochaine étape, pas des moindres !

J’attends le divorce avec impatience pour pouvoir aimer librement et ouvertement. Un divorce, c’est trop d’énergie mis au service du conflit au lieu de la mettre au service de la reconstruction … avec Jeanne.

 

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Published by Elodie CINGAL - dans Séparation - divorce
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