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Elodie Cingal/ 06.33.55.39.43

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  • : En tant que psychologue psychothérapeute (N° ADELI 75 93 4781 8), j’ai eu l’occasion de travailler sur différents problèmes et différentes pathologies. Capable de m’intéresser à beaucoup de domaines, j’ai voulu créer un petit blog qui parle de la psychologie en générale et des sujets qui me tiennent à cœur à un moment donné. Téléphone : 06 33 55 39 43
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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 13:46

 Dès que je défends la résidence alternée, je me heurte à des réponses outrées, parfois violentes, m’accusant de vouloir mettre les enfants dans les pattes des parents maltraitants.

Seulement, voilà, la maltraitance sur conjoint ou sur enfant, n’a rien à voir avec le conflit du divorce ou de la séparation.

Reprenons tout simplement la définition de l’OMS sur les violences : « La violence est l'utilisation intentionnelle de la force physique, de menaces à l’encontre des autres ou de soi-même, contre un groupe ou une communauté, qui entraîne ou risque fortement d'entraîner un traumatisme, des dommages psychologiques, des problèmes de développement ou un décès. »

Ainsi que celle de la maltraitance à  enfant : « La maltraitance à enfant désigne les violences et la négligence envers toute personne de moins de 18 ans. Elle s’entend de toutes les formes de mauvais traitements physiques et/ou affectifs, de sévices sexuels, de négligence ou de traitement négligent, ou d’exploitation commerciale ou autre, entraînant un préjudice réel ou potentiel pour la santé de l’enfant, sa survie, son développement ou sa dignité, dans le contexte d’une relation de responsabilité, de confiance ou de pouvoir. Parfois, on considère aussi comme une forme de maltraitance le fait d’exposer l’enfant au spectacle de violences entre partenaires intimes. »

 Partant de ces définitions, nous pouvons comprendre que tout parent déjà maltraitant avant la séparation, que ce soit envers son(sa) conjoint(e)  et/ou envers l’enfant doit être isolé de l’enfant (pas privé, mais isolé de l’enfant). Dans un monde où la justice aurait les moyens, nous aurions même des injonctions thérapeutiques systémiques de la familleetc. Mais la justice est imparfaite :-/

 Il est évident qu’en cas de maltraitance de l’un des parents, la résidence exclusive à ce parent et celle alternée doivent être proscrites. Les Droits de Visite (et non d’Hébergement) doivent être sous surveillance. Tout cela va de soi.

Alors, qu’est ce que le conflit dans le divorce ou la séparation ? Car celui qui vit ce conflit se sent maltraité(e), bafoué(e), nié(e), trahi(e), harcelé(e) ... Et il montera, en toute sincérité ou en toute stratégie, un dossier en ce sens. Or, ce n’est pas de la maltraitance.

Au départ, on se sépare et on doit accepter l’inacceptable. Pour certains rester en contact pour les enfants avec l’être le plus haï au monde. Pour d’autres, perdre l’être le plus aimé au monde. Certaines personnes ne le supportent pas et créent des problèmes pour « tuer » l’autre ou pour continuer à exister auprès de l’autre. Ces conflits prennent plusieurs formes et peuvent parfois s’apparenter à de la maltraitance.  On peut y retrouver une forme de harcèlement, de mensonge, de stratégie destructrice, d’injonctions contradictoires bref, tout ce que l’on retrouve dans la maltraitance psychologique. Mais cela dure le temps de la séparation.

Les modes de gardes très inégalitaires entretiennent et renforcent ces conflits et le font durer. Un va se battre pour avoir quelque chose de l’autre (plus de temps avec l’enfant, des infos, des vêtements, une autorité parentale respectée) et l’autre va s’y opposer. Puis au fur et à mesure, cela devient omniprésent pour les deux. Les deux rentrent dans un cercle vicieux.  L’un se sent légitime à faire appliquer le peu que la loi lui donne et harcèle celui qu’il trouve omnipotent. L’autre se sent harcelé, ce qui rend son sentiment d’être maltraité réel et le confirme dans son idée de devoir « tuer » l’autre parent. Ces conflits peuvent durer très longtemps et devenir extrêmement destructeurs pour les deux parents et pour les enfants. C’est pourquoi dans ces conflits, une résidence alternée, même inégalitaire, est nécessaire. Celui qui veut quelque chose l’a obtenu et dépend moins de l’autre. Celui à qui on a pris quelque chose finit par s’y habituer et subira moins le harcèlement. Les échanges houleux vont progressivement disparaitre et même devenir cordiaux. Le temps fera son travail d’apaisement.

Si le mode de garde reste inégal, le conflit va perdurer et s’installer. Et alors, on peut dire qu’une nouvelle forme de maltraitance est née. Et cette maltraitance n’a même pas de coupable, les deux parents sont à la fois auteurs et victimes. Pendant ce temps là, les enfants trinquent.

Pour réussir à distinguer ce qui est de l’ordre de la maltraitance ou du conflit dans la séparation, il s’agit de regarder avant la séparation si cette maltraitance existait (et sur la vie entière du couple, pas sur les derniers mois où on se déchirait). En ce qui concerne celle psychologique, elle est difficile à identifier et à prouver. Il s’agit alors de faire confiance à un psychologue, spécialisé en criminologie ou victimologie, pour distinguer ce qui est de l’ordre de la croyance et de la réalité. Je reçois aussi des individus qui se pensent maltraités alors qu’ils ne le sont pas. Leur sentiment est réel, mais il vient d’ailleurs. Ces situations sont complexes et il faut une aide extérieure pour les dépatouiller.

Pour conclure, dans le conflit de la séparation, c’est la résidence alternée qui est la plus apaisante sur le long terme. Dans la maltraitance, aucun mode de garde n’est possible en dehors de Droit de Visites en milieu fermé.

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Published by Elodie CINGAL - dans Séparation - divorce
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