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Elodie Cingal/ 06.33.55.39.43

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  • : En tant que psychologue psychothérapeute (N° ADELI 75 93 4781 8), j’ai eu l’occasion de travailler sur différents problèmes et différentes pathologies. Capable de m’intéresser à beaucoup de domaines, j’ai voulu créer un petit blog qui parle de la psychologie en générale et des sujets qui me tiennent à cœur à un moment donné. Téléphone : 06 33 55 39 43
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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 08:04
Le père dans l’histoire Versus la montée du féminisme

L'histoire du père est marquée par de nombreuses phases qui nous montrent sa disparition progressive :

L’histoire du père débute par le Code Civil romain avec le Paterfamilias. L’homme - le père - est doté de tous pouvoirs sur sa famille, dont celui de vie et de mort sur ses enfants.

A l’époque féodale, le paterfamilias va se fondre avec l’église. Le père devient encore plus puissant. Le père féodal devient une institution primordiale dans la société. Il est le socle de la société. L’institution de la paternité est encadrée par l’État et par l’Église.

Progressivement, le paterfamilias va diminuer et l’état va lui retirer des droits pour se les accaparer et en transférer à la mère.

Au 18e siècle, le juridique commence à regarder ce qu’il se passe dans le Paterfamilias et légifère de plus en plus :

1790 : abolitions des lettres de cachet qui permettaient aux pères de faire emprisonner son enfant. Institution d’un « tribunal de famille » pour les enfants difficiles. La famille n’est plus une institution sans droit. L’extérieur, le juridique pénètre la sphère intime. Et enfin, abolition de la puissance paternelle

De 1789 (la révolution) à 1801 : abolition du paterfamilias. Destituer le roi revenait à destituer le père.

1804 est l’année déterminante, celle qui définira les prémisses du père d’aujourd’hui. L’enfant ne dépend plus de son père et peut se développer économiquement. Le père ne peut plus déshériter son enfant et il ne peut plus pratiquer son droit d’Aînesse.

En 1889, une loi autorise la justice à « déchoir » de leurs droits les pères reconnus comme indignes.

La loi du 30 octobre 1935 abolit le droit de « correction paternelle ».

1938 : abolition de la « puissance maritale ».

C’est sous le régime de Vichy que s’est posée réellement la question de la paternité – non pas pour lui (re)donner une place mais pour restaurer la notion de la famille. Le père est pointé en tant que responsable des pertes du sens de la famille. Car, en effet, dans les années 50, les hommes protègent et contrôlent la vie familiale alors que les femmes sont à son service. Injustice, que la société va tenter de rééquilibrer de manière accélérée à partir des années 50 en parallèle de la destitution progressive des droits des pères.

1955 : introduction de l’analyse sérologique – pour preuve de non paternité. Le critère de « vérité biologique » entre dans le Droit.

1965 : réforme des régimes matrimoniaux

La loi de 1970 qui « dans le cas des familles naturelles, si l’un et l’autre parent ont reconnu l’enfant, l’autorité est exercée en entier par la mère. L’autorité paternelle devient l’autorité parentale.

La loi du 29 avril 1981 sur le nom des personnes proclame que la transmission du nom du père n’est plus une norme. Le nom de la mère peut suffire ou être associé à celui du père.

Auparavant, le père existait par l’importance accordée à l’institution du mariage. Les fonctions du père sont donc nouées à la personne du mari. Le mariage le désigne comme père. Et ce titre lui confère donc autorité et il devient le garant de l’ordre public et la société est alors patriarcale. C’est dans les années 70 qu’un profond bouleversement se saisit. Le nombre de mariage diminue et les divorces augmentent, entraînants avec eux l’abolition de la puissance paternelle au profit de l’autorité parentale. L’apparition de l’autorité parentale en 1970 rend la tache difficile pour les pères qui ne le sont plus par le lien du mariage. Pour devenir père, il s’agissait de faire une démarche supplémentaire s’ils désiraient la reconnaissance de l’autorité parentale. Beaucoup l’ignorait alors que la mère le faisait automatiquement car elle était informée à la maternité. Elles obtenaient alors d’emblée l’exercice de l’autorité parental. L’exclusion juridique des pères s’expliquent donc par leur méconnaissance de la loi et la lenteur de l’évolution des mentalités. Il aura fallu attendre plusieurs décennies avant que les pères intègrent la notion de reconnaissance de l’autorité parentale.
Si dans les textes, les pères perdent de leurs droits, dans les faits les hommes restent dominants dans toutes les sphères de la vie. De fait, un mouvement sociétal international se durcit, le Féminisme.

L’histoire du féminisme est divisée en trois vagues avec des revendications différentes :

La 1ère vague (du XIXe au début du XXe siècle) : les revendications se rapportent au droit de vote, aux conditions de travail et aux droits à l'éducation pour les femmes et les filles. Le droit de vote des femmes en France est accordé en 1944.

La 2ème vague (1960-1980) dénonce l'inégalité des lois, mais aussi les inégalités culturelles et questionne le rôle de la femme dans la société.

La 3ème vague (1990-2000) est un prolongement de la vague précédente mais elle s’inscrit plus dans une revendication où les femmes sont victimes des hommes.

Des institutions, des organismes nationaux et internationaux voient le jour, par exemple:

  • En 1991, Amnesty International sur les violations des droits fondamentaux des femmes

  • L’UNICEF avec la défense des droits des femmes

  • …etc

Il existe des RENDEZ-VOUS ANNUELS

      • 6 février : Journée internationale contre les mutilations génitales féminines et l’excision.

      • 8 mars : Journée internationale des droits de la femme.

      • 25 novembre : Journée internationale pour l’élimination de la violence à l'encontre des femmes.

En France,

  • En 1972, le Centre National d'Information sur les Droits des Femmes voit le jour

  • En 2007, création du numéro unique, le 3919, pour aider les femmes victimes de violence conjugale

  • En 2010, la prévention des violences faites aux femmes devient grande cause nationale avec des campagnes d’affichage massives dans tout le pays

  • Loi du 9 juillet 2010 relative aux violences faites spécifiquement aux femmes, aux violences au sein des couples et aux incidences de ces dernières sur les enfants

  • 2012 à aujourd’hui, sous le mandat de François Hollande, création du ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes avec une page internet dédiée aux femmes : http://femmes.gouv.fr/

Alors que les hommes perdaient progressivement de leur droit en tant que père, naissait parallèlement le féminisme et le combat, nécessaire, des violences faites aux femmes. On voit progressivement apparaître l’image de l’homme prédateur face à la femme fragile. Comme le disait Elisabeth Badiner dans « XY de l’identité masculine, l’homme est associé à « prendre, pénétrer, dominer et s’affirmer, si nécessaire par la force », et la femme est associée à « être possédée, docile, passive et soumise ».

De cet image de l’homme prédateur en découle une approche du père, père incompétent, voire défaillant si ce n’est néfaste ; mauvais père, père alcoolique père violent, père abandonnique, père incestueux,…

Elisabeth Badinter, interviewée dans le Marianne.net le 21 janvier 2016 au sujet de la réaction des féministes face aux femmes violées à Colonne insiste sur le fait « … que le féminisme, depuis une dizaine d'années, a pour principal objet, pour leitmotiv même, la lutte contre les violences faites aux femmes, ici, en France ». Ce nouveau féminisme induit donc l’idée que l’homme est la cause de la condition des femmes et donc de celle des enfants et des familles.

Les professionnels de l’enfance, déjà formés et marqués par des théories de la petite enfance qui « excluent le père », se voient prendre le relais sur le mauvais père.

Dans « l’amour en plus », E. Badiner nous montre comment les professionnels de l’enfance s’intéressent de plus en plus au père dès lors qu’il s’agit d’expliquer l’enfant délinquant, victime ou démuni. Au départ, les psychiatres, pédopsychiatres, assistantes sociales, éducateurs se focalisent sur l’absence du père puis de plus en plus sur l’idée que le père est nocif par sa violence.

On ne trouve pas dans les commissariats d’affiches de « violences intrafamiliales », ni de « violences faites aux hommes » alors qu’en 2013, 25 hommes mouraient sous les coups de leurs femmes. Une vidéo virale faite par l’association anglaise "Mankind Initiative" (https://www.youtube.com/watch?v=SzfLVyNHJgQ) montrait que lorsqu’une femme était agressée par son compagnon dans la rue, les passants intervenaient. Mais lorsqu’un homme se faisait agresser par sa femme, les passants souriaient, moqueur, ou s’éloignaient.

La violence n’est jamais présentée dans son intégralité. Elle est toujours amenée sous l’angle de la violence sur les femmes par les hommes. On méconnaît ou ignore la violence des femmes, des mères, des enfants, des personnes âgées, des handicapés. On ne parle que de celles des hommes.

En conclusion, l’homme n’a jamais pu être un père, soit despote au passé, soit maltraitant dans l’imaginaire d’aujourd’hui.

Nous continuons à percevoir les pères selon cette représentation et on en est à se questionner sur ce qu’est un père ? Un géniteur, un éducateur, un père légal ? La psychologie, principalement d'orientation psychanalytique n'aide pas les pères à trouver une place

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Published by Elodie CINGAL - dans Homme - femme
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