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Elodie Cingal/ 06.33.55.39.43

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  • : En tant que psychologue psychothérapeute (N° ADELI 75 93 4781 8), j’ai eu l’occasion de travailler sur différents problèmes et différentes pathologies. Capable de m’intéresser à beaucoup de domaines, j’ai voulu créer un petit blog qui parle de la psychologie en générale et des sujets qui me tiennent à cœur à un moment donné. Téléphone : 06 33 55 39 43
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29 septembre 2015 2 29 /09 /septembre /2015 14:41
Parents séparés et cohabitation!

Aujourd’hui, et surtout en Ile de France ou dans les grandes villes, il n’est plus si facile de se reloger après une séparation. Les prix sont exorbitants et il y a peu de logements vacants.

Il est d’autant plus difficile de se reloger que l’on cherche un appartement, une maison, pouvant accueillir toute une famille avec un salaire de parent solo. On a aussi vieilli, et il est douloureux de se voir passer d’un 100m² à un 45m².

Le logement, au-delà du confort, a une symbolique important. Il représente le parcours accompli. Il me représente socialement. Il dit de moi si j’ai du goût, réussi ma vie, si j’ai une famille, si je sais tenir une maison…. Mon logement est la partie visible de moi.

Se reloger, participe du processus d’acceptation de la séparation. Il est donc source de conflit dans la séparation. Il est ce que l’on ne parvient pas à quitter. Alors, il arrive que le couple séparé fasse le choix de cohabiter. Il pense ainsi s’habituer progressivement à l’inévitable. Il pense ainsi faire l’économie d’un réaménagement psychique trop rapide. Il pense ainsi préserver les enfants d’une séparation trop soudaine….

Mais, malheureusement, cela ne fonctionne pas. Ce n’est que repousser la douleur de la séparation. C’est même ajouter de l’épuisement et de la tension. Cohabiter, ce n’est pas s’habituer progressivement, c’est se faire du mal plus longtemps.

1/Du coté des adultes :

  • Le cas de ce couple où l’un est encore amoureux quand l’autre est déjà heureux ailleurs. Cohabiter, c’est juste rappeler au « triste » ce qu’il est en train de perdre tous les jours. La cohabitation ne deviendra que le lieu des frustrations, des surveillances pour tenter de comprendre pourquoi l’autre sourit, des règlements de compte, des nourritures pour créer encore plus d’animosité…. Même si le « triste » est une personne gentille, sans volonté de nuire, il ne pourra s’empêcher de tenter d’attirer l’attention de l’ex. Soit il fera preuve de grande tolérance, grande ouverture d’esprit en acceptant tout, soit il sera teigneux, dans le conflit. Dans tous les cas, le « triste » encaissera de la douleur de manière répétée et finira rancunier. Le « triste » se sent trahi par chacun des gestes de celui qui est heureux et il ne peut s’en échapper car il le voit à chaque moment de la journée. Sans compter qu’il imagine ce qu’il se passe quand l’ex est absent. Avec qui est-il ? Depuis combien de temps ? que fait-il ? Ce sont ces situations qui font souvent naitre les pires séparations.
  • Le cas de ce couple où les deux ne se supportent plus. Chacun tente d’éviter l’autre. Chaque geste de l’autre est perçu comme une agression. L’ambiance est pesante et pourtant on doit continuer à se parler pour l’organisation de la maison ou pour les enfants. La haine réciproque se nourrit d’elle-même.
  • Le cas de ce couple où les deux s’entendent bien. En apparence, tout a l’air extra. On se sépare et on se marre bien. Pourquoi pas ? je suis largement favorable à ce que l’on devienne ami après une séparation. Qui a décidé qu’on devait perdre les gens qu’on aime. on écrit un nouveau contrat basé sur des données différentes…. A condition qu’il n’y ait pas d’enfant au milieu.

2/ Du coté des enfants

  • Dont l’un est heureux et l’autre pas: L’enfant ne peut s’empêcher de s’assurer que ces deux parents vont bien. Il ne peut s’empêcher de voir en quoi il peut aider ses parents. Il ne peut s’empêcher de se sentir personnellement concerné par ce qui arrive à ses parents. Quand il observe que l’un des deux est malheureux quand l’autre va bien. Il va s’identifier à l’un des deux - Soit le triste pour tenter de le réconforter et créer une (plus ou moins grande) forme de colère pour l’autre parent - Soit l’heureux et créer une forme de rejet du triste. Dans tous les cas, l’enfant perd de sa spontanéité envers l’un des deux parents. Puisqu’il voit deux états psychologiques chez chacun de ses parents, il pense qu’il doit choisir. Après tout, il observe que ses parents se sont désolidarisés. Il doit lui, par réaction, créer de la solidarité avec l’un d’eux. Son énergie n’est plus au service de son développement mais au service du lien au parent qu’il a choisi. L’enfant perd aussi en sécurité dans sa relation à chaque parent. Il fera tout son possible pour s’assurer que au moins l’un des deux ne va pas se détourner de lui. Comme dans toute séparation, l’enfant a peur que cela lui arrive aussi. Et dans cette configuration, parce que la cohabitation dure, l’enfant va constater encore et encore que l’un des parents s’est détourné et que cela peut donc lui arriver. Enfin, puisque l’un des parents est encore amoureux, c’est aussi qu’il y a encore une chance pour que les parents se réconcilient. Alors l’enfant va tenter de créer également du lien entre ses parents. Il peut créeer des problèmes (voire des accidents, des conduites à risque) pour que les parents soient ensemble autour de lui. Il peut se sentir obligé d’être le « Clown » pour les faire rire ensemble…. Etc. Il va continuer d’espérer que cela ne devienne pas réel et ne peut donc pas entamer son processus d’acceptation de la séparation.
  • Dont les deux parents se méprisent : Je pense que tout le monde comprend en quoi il est impensable pour des enfants de devoir subir encore et encore le quotidien de deux parents qui se méprisent. Les enfants n’ont plus de parents, se retrouvent à devoir gérer leurs émotions seuls. Ils ont tendance à se faire tout petit pour être sur de ne pas ajouter de problèmes ; Ou encore, ils font du bruit pour être certains d’être vus. Bref, un enfant au milieu de deux parents qui se méprisent ne peut pas aller bien.
  • Dont les deux parents continuent de bien s’entendre : C’est évidement ce qu’il y a de moins pire, si ce n’est que les enfants ne croient pas à la séparation. Ils attendent que l’un des deux osent dire à l’autre que « c’est ridicule, absurde cette séparation !! », parce que c’est ce qu’ils ressentent. Ils se nourrissent de chaque rire, chaque complicité pour continuer d’espérer la réconciliation. Et puis lorsque la séparation devient réelle, ils s’écroulent. Ils se sont mis psychologiquement entre parenthèses durant cette période. Leur énergie, leur organisation psychique ont été tout entier au service de l’espoir.

Mais on fait comment quand on n’a pas le choix ?

Les adultes :

· On établit des règles honnêtes. On ne fait pas croire par exemple qu’on est d’accord pour que son ex prenne sa liberté quand on en souffre. C’est une bombe à retardement. Soit le conflit devient monnaie courante, soit le lésé finit par retourner cette colère, frustration, peur (…) contre lui-même. Donc, les règles d’organisation de vie, incluant le mode de garde des enfants, doit être le plus précis possible.

· On évite d’être ensemble. Si on peut mettre en place une alternance de présence et absence à la maison, c’est mieux. C’est ce que l’on appelle la maison Doltoienne (Dolto). On trouve des amis, de la famille chez qui rester. Le temps à la maison devient un temps pour les enfants. Mais, cela doit rester une décision temporaire, pas une organisation à long terme. Il a été prouvé que cela n’est pas viable sur la durée.

· On tente de cohabiter le moins longtemps possible. Plus la cohabitation dure, plus on s’épuise et plus on repousse l’inévitable. Du coup, quand elle devient réelle, on l’affronte avec moins d’énergie.

Les enfants :

· On leur dit bien CLAIREMENT que l’on est séparé. On explique l’organisation de la maison et on leur explique la motivation de la cohabitation (financière, difficulté à se reloger, chômage…). Faire une séparation progressive n’est pas un bon motif. En apparence oui, car on pense que l’on prépare les enfants. Or, on ne fait que les faire espérer, accepter la cohabitation (et pas la séparation) sans qu’ils ne comprennent. Et, quoiqu’on en dise, on finira par les confronter à la séparation réelle.

· On donne l’estimation de la date butoir de la cohabitation. On explique le projet pour l’avenir. On le projette dans la séparation concrète.

· On tente d’être le moins possible ensemble dans la maison pour que les enfants enregistrent la séparation.

· Quand on est ensemble, on ne refuse pas à l’enfant de le coucher, de le doucher sous principe que c’est le soir de maman. L’enfant se sentira rejeté et ne comprendra rien. Mais, on ne se mêle pas du style de l’autre parent. SI ce soir il a choisi de manger de la junk food, je prends sur moi et je ne dis rien.

Cohabiter est difficile et douloureux, il s’agit donc de faire le plus court et le plus simple possible. En réalité, cohabiter signifie sacrifier la mise en route de son deuil et s’épuiser dans une organisation nerveusement intenable.

Je souhaite beaucoup de courage et de force aux parents qui ne peuvent faire autrement.

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Published by Elodie CINGAL - dans Séparation - divorce
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commentaires

Lionel Blancher 08/03/2016 21:56

C vrai le papa a toujours tord