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Elodie Cingal/ 06.33.55.39.43

  • : psy-conseil-divorce
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  • : En tant que psychologue psychothérapeute (N° ADELI 75 93 4781 8), j’ai eu l’occasion de travailler sur différents problèmes et différentes pathologies. Capable de m’intéresser à beaucoup de domaines, j’ai voulu créer un petit blog qui parle de la psychologie en générale et des sujets qui me tiennent à cœur à un moment donné. Téléphone : 06 33 55 39 43
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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 08:48
TEMOIGNAGE : Le cri d'un papa

Je m'appelle Jérémy, j'ai 37 ans. L'histoire que je vais vous raconter est vraie, c'est la mienne.

Vendredi 27 Mars 2015, 17h50, la sentence tombe. Déjà au chômage depuis peu, voilà à présent que je serai privé de mes enfants. L'ordonnance de non conciliation rendue par le JAF prévoit en effet que je ne pourrai rendre visite que 4h tous les 15 jours à mes enfants, âgés de 6 mois et 4 ans, au domicile de mes ex beaux- parents et en leur présence, eux qui me détestent cordialement.

Le monde s'écroule sous mes pieds. Comme si ça ne suffisait pas, me voilà congédié de chez moi manu militari, sommé de rendre les clés de notre appartement que j'occupe seul depuis des mois et le départ de mon ex épouse avec les enfants. Ce n'est pourtant pas faute depuis ce 15 janvier, et sa fuite chez ses parents, sur un coup de tête et avec les enfants, de lui avoir proposé de réintégrer l'appartement familial, en vain. Je dois aussi rendre la voiture, que j'utilise pour chercher un emploi et passer des entretiens, dans l'intérêt des enfants me dit-on et de mon ex épouse. Déroutant, quand on sait qu' elle n'a jamais voulu conduire en 3 ans notre break familial qu'elle jugeait trop grand et peu pratique, et que ses propres parents possèdent eux mêmes trois véhicules qu'ils se proposent de lui prêter quand bon lui semble.

En quelques minutes j'ai tout perdu, me voilà démuni de tout, dépossédé de ce que j'ai de plus cher à commencer par mes enfants. Même les pères emprisonnés voient davantage leurs enfants au parloir des maisons d'arrêt, allez comprendre !

Mais pour comprendre ce qui m'arrive aujourd'hui un retour en arrière s'impose. Le 10 janvier 2005, théâtre de l'Empire, gala d'une grande école de commerce. Je m'y rends contraint et forcé pour servir de cavalier à une amie qui s'y rendait seule. La soirée avançant, je fais la connaissance d'une de ses amies, étudiante elle aussi au sein de cette prestigieuse école. Elle s'appelle Emilie, elle a 24 ans. Nous dansons, flirtons ensemble. Puis de façon assez classique, nous décidons de nous revoir et nous fréquentons plusieurs mois, avant d'emménager ensemble dans un petit appartement de 17m² sous les toits dans le 11ème arrondissement. Epoque heureuse et insouciante de la vie étudiante, faite d'amour et d'eau fraîche. Nous nous contentions alors de peu de choses, vivions heureux notre vie de jeunes stagiaires sans le sou. Quatre ans plus tard, ma colocataire d'alors devint ma femme. Je me lançais dans le grand bain, sans enthousiasme ni folle passion, persuadé qu'il fallait en passer par là pour devenir quelqu'un. Autour de nous, les unions fleurissaient. Les bébés aussi. Ha les bébés...j'en voulais pour ma part, mais pourquoi diable faut-il se convaincre de devoir se marier pour en faire ?

Ca y est le grand jour est enfin arrivé. Ce 5 juillet 2009, en cette petite mairie d'une charmante bourgade du Val de Loire, je m'apprête à sceller mon union à celle rencontrée 4 ans plus tôt dans cette soirée arrosée et que peut être je n'aurais jamais dû rappeler...OUI, c'est fait ! Sourire de façade et de circonstance, près de 7 ans plus tard je réalise qu'à ce moment là je ne suis pas submergé par la vague d'émotion qu'on m'avait décrite. La vie s'écoule paisiblement, nouvel appartement, nouveaux jobs, soirées, voyages et bons moments passés auprès de nos amis.

Trois ans plus tard, grande nouvelle ! Après avoir subi un traitement hormonal intensif dans le cadre d'une PMA, mon épouse tombe enceinte de notre premier enfant. Bonheur absolu, je suis aux petits soins. Ce sera une fille, nous l'appellerons Julie en hommage à l'arrière grand-mère maternelle. Je bosse alors comme un dingue et madame doit se ménager, elle est vite contrainte de rester allongée tout le restant de sa grossesse à partir du 3ème mois. Tous les soirs, je cède à ses envies et cours lui chercher son plat favori d'alors, son envie de femme enceinte, une double pizza supplément artichaut !

Julie naît le 15 Juillet 2011. C'est une très jolie petite fille, vive et éveillée. Ma petite princesse grandit très vite et chaque jour qui passe, je découvre la force du lien fusionnel qui m'unit à elle de façon passionnée. Les choses se gâtent peu à peu avec ses parents, omniprésents, omnipotents, donneur de leçons et de conseils à tout va. Nous achetons un nouvel appartement très vite, avec leur bénédiction et leur soutien financier. Avec le recul j'aurais dû refuser leur aide au vu des relations qui ont suivies et de leur tendance à la culpabilisation à outrance.

Je m'investis dans notre nouveau chez nous, en refais les peintures et la décoration avec l'aide de mes parents. Ces derniers ont peu de droit de visite concernant Julie. Mon épouse régente leurs droits à l'égard de leur petite-fille qu'ils n'auront vu en 3 ans en moyenne que toutes les 6 à 8 semaines. Nous sommes pour ainsi dire voisins et habitons à 20 minutes en voiture de chez eux. Sans lui imposer une présence quotidienne à l'image de ses parents au courant de nos moindres faits et gestes, disputes, projets ou engueulades, il y a tout de même une marge !

L'envie d'agrandir la famille se fait sentir. Mais les choses entre nous empirent. Nous nous disputons sans arrêt, pour rien, pour tout. Je ne supporte plus l'influence de ses parents qui vont jusqu'à venir essayer le véhicule qu'on s'apprête à acheter, pour en vérifier l'aspect. Nouvelle PMA, qui marche du premier coup. Emilie tombe à nouveau enceinte. Trop tard pour reculer. Je ne suis plus tout à fait sûr d'avoir envie d'élever avec elle un deuxième enfant, fût-il un garçon. Ce sera un garçon. Je n'aurai même pas le droit d'en choisir le prénom. Il s'appellera Antoine.

Les mois passent et la tension entre nous devient palpable. Première séparation en Septembre 2014. Je rentre chez mes parents pour laisser reposer mon épouse. La séparation se précise et devient inéluctable. Vacances de la toussaint. Je regagne l'appartement familial pendant qu'Emilie emporte avec elle notre fille et sans mon accord se réfugie chez ses parents. Je parviendrai à négocier un droit de visite pour ma fille à raison d'un week-end sur deux et d'une journée par semaine. Echanges musclés avec ses parents, menaces par mail et sms. Jusqu'à la dernière minute je ne sais pas si je pourrai assister à la naissance de mon fils. Antoine naît le 12 décembre 2014. Nous tentons de reprendre une vie de famille en vain. Quelque chose s'est cassé. Nous faisons chambre à part. Je m'occupe une nuit sur deux de mon fils pour laisser sa mère se reposer. Grosse tension, devenue invivable. Le divorce se précise, jusqu'à ce 15 janvier 2015.

Emilie pète les plombs et me menace une nouvelle fois de me priver de mon fils. Je deviens fou de colère et m'emporte. Echanges verbaux violents, pas physiques.

Elle prend alors nos enfants par le bras, s'enfuit chez une voisine, puis appelle ses parents. J'en fais de même. Grand bien m'en a pris. Mes beaux parents arrivent en même temps que les miens. Mon beau père se plante alors dans le salon devant moi et me regarde en rigolant et en affichant un petit sourire narquois et volontairement provocateur. Je m'approche de lui en larmes et lui rappelle que contrairement à ce que sa fille insinue, j'ai toujours été un père aimant et investi que je ne m'en suis jamais pris à mes enfants ou à leur mère. Notre relation est vouée à l'échec mais je n'ai jamais été violent physiquement ni n'ai porté de coups à qui que ce soit. Peine perdue. Le divorce est consommé et je verrai bientôt fleurir dans le dossier parmi d'autres, des attestations totalement mensongères sur de supposés coups que j'aurai porté de façon répétée et habituelle devant mes enfants sur leur mère !

Ecœurement et dégoût ! La bataille s'engage, elle s'annonce sanglante et violente. Je dépose une main courante ce 15 janvier pour signaler le départ du domicile conjugal de mon épouse avec les enfants. Je ne les reverrai pas pendant près de 3 mois malgré mes demandes répétées.

S'en suivra un dépôt de plainte, heureusement classée sans suites, et surtout une demande faite au JAF pour me tenir éloigné des enfants. Heureusement là aussi elle n'aura pas gain de cause. Je réitère mes demandes de voir mes enfants, en vain. Elle part avec eux se mettre au vert jusqu'à la Non Conciliation qui suit de très près le jugement la déboutant de sa demande d'éloignement auprès du JAF. Avocat, psy et parents me soutiennent à bout de bras. Je suis effondré, pleure matin midi et soir, perds du poids et ne mange plus grand-chose. Mon médecin me prescrit un traitement anti dépressif.

Ce qui est absolument affreux est d'assister impuissant à la litanie de mensonges proférés par un avocat qui ne vous connaît pas et qui essaye de convaincre le juge que vous et votre famille réunis êtes des suppôts de Satan, des êtres sans foi ni loi, menteurs, violents et agressifs. Vis ma vie d'hystérique….Un peu comme ce dessin animé manga de notre enfance où le héros vicelard se mangeait des coups de masses de 550 méga tonnes dès qu'il matait une autre fille, j'avais envie de sauter sur l'avocate adverse et de lui écraser la tronche à coups de pelle à neige !

Lors de l'audience statuant sur la demande d'éloignement, j'ai pu m'exprimer et contester une partie des faits invoqués. Mon épouse m'avait inscrite à une émission télévisée, « Les maternelles » sur France 5 consacrée à la qualité de la relation père-fille. A cette époque, elle ne tarissait pas d'éloges sur moi et ma qualité de père aimant, présent et investi aux côtés de ses enfants. Je me suis toujours beaucoup occupé d'eux et nombre de mails, lettre ou courriers de sa part en attestent. Les mésententes datent essentiellement de la naissance de mon fils où l'atmosphère à la maison est devenue irrespirable. Je suis suivi par ma psy depuis plusieurs mois et je dois dire qu'elle avait vu juste dès le début. Nous courions tout droit à la catastrophe. Je lui ai fourni nombre de mails, de textos ou d'échanges longs comme le bras ou mon ex épouse se confond en reproches, menaces, accusations mensongères, brimades et vexations comme pour se venger d'une relation promise à un échec certain et qui ne ressemblerait pas à son rêve de petite fille.

Grâce à elle mon dossier a été soudain moins vide. Elle m'a fourni une attestation décrivant la relation néfaste qui s'est instaurée entre nous au fil du temps et qui conduit à une situation de conflit et de co construction violente.

Même si la partie adverse a semblé contester le bien fondé de cette attestation versée à mon dossier, l'argument fait mouche auprès de la JAF ; Je fournis également nombre d'attestations de proches qui me décrivent de façon précise et circonstanciée comme un paire aimant et investi, soucieux du bien être de ses enfants.

Pour la petite histoire, mon épouse a fourni nombre d'attestations mensongères comme celle d'une de ses amies prétendant qu'en sa présence je m'en serai pris physiquement à sa fille : sa fille justement, ou sa peste de fille devrais-je dire, du haut de ses 4 ans avait pour habitude de taper, mordre et tirer les cheveux de sa mère. Elle avait pris chez la nounou ma fille pour souffre douleur et l'avait mordu jusqu'au sang à plusieurs reprises. A la demande de mon ex épouse très copine avec sa mère, je n'avais pas fait de scandale et m'étais tu à contre-coeur. Résultat en ce 15 décembre 2014, sous notre toit invitée à un goûter, la peste en question, alors que je passais une tête dans la chambre pour m'assurer que tout allait bien, s'apprêtait à taper et mordre à nouveau ma fille pour lui piquer un jouet qu'elle convoitait.

Tout naturellement je l'ai rappelée à l'ordre et sermonnée comme il se doit, sans jamais la toucher mais en la grondant comme un adulte le fait avec un enfant turbulent. Ni plus, ni moins. Je suis passé pour un infâme psychopathe et cela m'a valu deux attestations identiques de la mère et de la grand-mère de la petite, décrivant une scène qu'elles n'avaient pas vue en exagérant le trait.

La justice a ses limites parfois, surtout dans ce genre de dossier. Première ordonnance du juge, rejet de la demande d'éloignement. Je souffle. Je vais donc enfin revoir mes enfants ? Hé non ! Leur mère part avec eux, en attendant la Non Conciliation demandée dans la foulée par mon avocate et qui doit avoir lieu 3 semaines plus tard. Comme dit plus haut, l'audience de non conciliation a été houleuse. Probablement déçue de ne pas avoir convaincu en racontant des histoires à dormir debout, l'avocate de la partie adverse me dépeint comme un homme qui présente bien, mais violent, menteur, et manipulateur.

Je risque à tout moment de me saisir de mon bébé âgé de 3 mois et de le secouer ! Je manque de tomber de ma chaise ! Pauvre imbécile, c'est elle que j'ai envie de secouer sur le moment ! Et elle joint le geste à la parole devant une juge qui semble se montrer réceptive à son argumentaire bancal, puisque ne reposant sur aucune preuve étayée, aucun fait avéré et uniquement des suppositions et des extrapolations de ce qu'elle croit percevoir de moi !

C'est donc ça la justice : une vaste blague ou des bobards à la chaîne s'ils sont dits avec tact, force et conviction peuvent convaincre un juge ? A mon tour de parler. Je prends sur moi et tâche de trouver les mots et le ton qui conviennent pour faire part de toute mon indignation devant de tels procédés grossiers et affirmations mensongères, preuve à l'appui. Y a-t-il des raisons de me croire violent ? Non pas de dépôt de plainte ou de traces de coups. Suis-je un mauvais père ? Non au contraire quand on voit comment ma fille réagit à ma présence et au vu des nombreux témoignages reçus confirmant mes qualités de père.

Un à un je déroule tous les arguments que je peux et espère convaincre la juge de m'accorder ce que je demande et qui ne me paraît pas excessif, un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires, plus une journée par semaine avec mon fils pour renouer des liens.

Trois semaines plus tard, le jugement tombe : je ne suis autorisé à voir mes enfants qu'un samedi sur deux, de 14h à 18h, d'abord chez mes beaux parents….On croit rêver, et je suis accusé de ne pas avoir noué de lien au cours des trois derniers mois avec mes enfants, alors que leur mère m'a justement empêché de les voir ! Je touche le fond, et crie de colère et de douleur à la lecture de la décision.

Aujourd'hui aidé par de nombreux témoignages de sympathie, y compris au sein même de mon ex belle famille étonnamment, je tente de refaire surface. Ayant perdu mon travail, je tâche d'abord de retrouver un emploi stable. Heureusement mes parents m'hébergent. Expulsé du logement conjugal et sans leur aide, je serai à la rue ! Prochaine étape, l'appel et l'expertise médico psy pour espérer ensuite saisir en référé le JAF, en espérant obtenir gain de cause.

Ma prochaine visite de mes enfants est prévue ce samedi, et j'ai peur….

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Published by Elodie CINGAL - dans Séparation - divorce
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commentaires

passant emmanuel 29/07/2015 21:36

tous mon courage pour vous ma vie es pas un conpte de fée mes es obtenue la garde de mon fils ;;ne lacher rien batter vous pour vos petit ange es y vous avait besoin un hebergement volontier je vous acceuil dans mon appartement !!!!

jérémy 27/04/2015 21:55

Sur fondement d'attestation mensongère, de plainte classée sans suite, et de demande d'éloignement déboutée, tout ce que je raconte là est vrai!

Pierre 23/04/2015 18:27

Je travaille dans un tribunal et il est étonnant qu'un verdict si sévère soit rendu uniquement sur le fondement d'attestations... Il serait intéressant d'avoir la version d'Emilie (ou le dossier...) !

R.G. CROWN 13/04/2015 15:32

Courage! Il faut avant tout tenir le choc contre toutes ces injustices. Tout cela est long et prendra encore du temps. Mais les enfants ont l'intelligence du cœur et se rendent (ou se rendront tôt ou tard) compte des réalités et de votre amour envers eux.

jo 11/04/2015 12:15

courage a toi... ton histoire est touchante j ai presque vécu la meme chose.. mais j ai obtenu la garde de ma puce.. enfin pour le moment car elle a fait appel en référé... je comprends ta douleurs mais je sais que dans te tels moments rien de ce qu'on pourra te dire ne l'apaisera... Seul le temps le fera... beaucoup de temps... mais ne lâche pas et bat toi pour eux.