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Elodie Cingal/ 06.33.55.39.43

  • : psy-conseil-divorce
  • psy-conseil-divorce
  • : En tant que psychologue psychothérapeute (N° ADELI 75 93 4781 8), j’ai eu l’occasion de travailler sur différents problèmes et différentes pathologies. Capable de m’intéresser à beaucoup de domaines, j’ai voulu créer un petit blog qui parle de la psychologie en générale et des sujets qui me tiennent à cœur à un moment donné. Téléphone : 06 33 55 39 43
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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 09:10

Plus de 160 pères ont répondu en quelques heures, à l'appel à témoignage lancé lundi 18 février sur LeMonde.fr : "Père séparé, vous avez rencontré des difficultés à obtenir la garde de votre enfant".

Ils ont entre 23 et 59 ans, ils vivent un peu partout en France, ils sont cadre, fonctionnaire, ingénieur, carrosier, kinésithérapeuthe ou technicien du spectacle. Tous racontent peu ou prou la même histoire : l'injustice, la colère et la tristesse ressenties après le refus du juge aux affaires familiales (JAF) de leur accorder la garde ou la résidence alternée des enfants après la séparation d'avec leur compagne.

Nous avons sélectionné quelques-uns de ces témoignages.

  • "Un père qui n'a pas la garde de son enfant est un père inexistant", par Vanno, 42 ans

"Dès qu'on parle de père et de mère, l'égalité homme-femme n'existe plus. Ma demande de garde alternée a été traitée en 2005. Mon fils avait 2 ans. Ma demande a été refusée soi-disant pour préserver l'enfant de la relation conflictuelle entre ses parents. A la place j'ai obtenu un droit de visite classique plus tous les mercredi de 9 heures à 18 heures. Autant de moments où mon fils allait être exposé à la relation conflictuelle entre ses parents. Il en a énormément souffert. Au bout de deux ans, j'ai lancé une nouvelle requête. J'espérais obtenir le droit de pouvoir le ramener à l'école les jeudi/lundi matins au lieu de chez sa mère la veille. J'ai été débouté.

L'intérêt de l'enfant ? La juge s'est assise dessus. En prime, la pension alimentaire a été augmentée de 60 %. Notons que sur les quatre ou cinq juges à la chambre de la famille de ce TGI, il n'y a aucun homme. J'ai par ailleurs été choqué par l'agressivité de la juge à mon égard. Chez moi, mon fils a toujours eu sa chambre, son lit, ses vêtements, ses activités extrascolaires etc., que je finance seul. J'ai maintenant deux autres enfants, mais pour les impôts, pour la sécu, pour la CAF, pour les services munipaux de la ville où j'habite, pour la carte SNCF famille nombreuse etc., je n'ai que deux enfants. Conclusion: un père qui n'a pas la garde de son enfant est un père inexistant. Sauf quand il est question de payer."

  • "J'ai eu l'impression qu'il était obscène qu'un père demande la garde de son fils", par Christian, 42 ans

"Apres être passé de nombreuses fois devant le juge aux affaires familliales, j'ai obtenu la garde de mon fils âgé d'un an à l'époque. La procédure fut un long combat juridique durant lequel la mère, se sentant spoliée de sa maternité, a de nombreuses fois, en vain, fait appel de la décision. Les JAF que j'ai croisé à Paris semblaient accepter l'idée qu'un père puisse obtenir la garde, mais il faut tout de même blinder son dossier, être combatif, prévoir une grande disponibilité pour l'enfant et choisir un très bon avocat.

Les nombreuses visites des enquêteurs sociaux et leurs regards soupconneux ont été difficiles à vivre. Ils brassent du vent dans le sens des clichés, ouvrent le frigo, paraissent surpris que l'on sache cuisiner, inspectent vos toilettes... J'ai eu l'impression face à eux d'avoir quelque chose à me reprocher et qu'il était obscène qu'un père demande la garde de son fils.

Lorsque la décision définitive a été rendue vinrent de nouvelles inquiétudes, celles de la mère qui ne se remettait pas de la situation, et les miennes. Après quatre ans, je vis toujours comme si la décision du JAF ne tenait qu'à un fil. J'ai l'impression que mon ex et la justice me feront payer la moindre erreur. Je ne sais pas trop si c'est une parano ou le fond d'idées reçues sur les compétences éducatives des parents selon leur sexe qui provoque cela. Certains doivent encore penser que cette situation est contre-nature."

  • "Un père qui se bat pour la garde de ses enfants est plus que suspect" par Pierre

"C'est mot pour mot la justification donnée par le juge il y a neuf ans, lors de l'ordonnance de non conciliation, pour me refuser la garde que je demandais. J'étais alors père au foyer, les enfants voulaient vivre avec moi et c'est mon ex-épouse qui m'avait trompé et détruit notre famille. Neuf ans plus tard, et je ne sais plus très bien combien de jugements toujours dans le même sens, le fait accompli s'est pérénisé et les enfants sont toujours chez leur mère... Visiblement pour les juges comme pour les psys, un père qui se bat pour la garde de ses enfants est plus que suspect. A quand l'égalité ?"

  • "Un père a bien moins de droits qu'une mère", par Christophe

"Mon fils me voit chez sa mère - quand elle est d'humeur à me recevoir. Mon fils de 8 ans a fait un arrêt de croissance depuis qu'il ne m'a plus régulièrement trois à quatre jours par semaine. Une séparation et la vente d'une maison ont tout bouleversé.

D'audience en audience à coups de 700 € de frais d'avocat tous les quatre mois; tant qu'on est un père, on a bien moins de droits qu'une mère même lorsque l'on est précisément dans son droit et que l'on a rien à vous reprocher. La vie de mon fils est gâchée et la mienne aussi. Alors je comprends parfaitement cet homme qui demeure en haut de cette grue depuis trois jours et ce qu'il a fait.

A quand des magistrats hommes comme JAF dans les tribunaux de France et une reconnaissance sincère d'autre chose que le portefeuille, le doute ou la rancœur devant les tribunaux pour nous les papas qui aimons nos enfants plus que tout ?"

  • "J'ai vécu la séparation d'avec mes enfants comme s'il s'était agi d'un rapt légal", par Daniel, 58 ans

"Cinq ans ans après mon divorce, j'ai vécu la séparation d'avec mes enfants comme s'il s'était agit d'un rapt légal. Mon ex-épouse avait tout simplement décidé de s'éloigner en emportant les enfants comme un bagage, au mépris de la relation nécessaire de ses enfants avec leur père. La justice lui a donné raison. Elle nourrit évidemment, culturellement une forte prédilection pour la mère et lorsqu'elle se prononce, en principe, dans l'intérêt des enfants, lorsqu'elle nie une paternité, elle ment et elle blesse les enfants qu'elle prétend défendre.

Ma fille a 30 ans maintenant. Elle m'a avoué il y a quelques années regretter ne pas avoir davantage osé dire qu'elle préférait rester avec moi. Je lui ai dit qu'elle ne devait rien regretter puisqu'en faisant cela elle se serait opposée à sa mère, ce qui n'est pas facile pour un enfant.

En conclusion rapide je dois dire que je ne trouve rien de plus simple et de plus intelligent que d'appliquer, comme au Canada, le principe suivant: donner la résidence principale des enfants au parent faisant le moins obstacle à l'autre parent. Dans mon cas, c'était moi. Si la résidence principale de mes enfants avait été fixé à mon domicile, mes enfants auraient pu rencontrer leur mère autant qu'il l'aurait souhaité."

  • "Un juge aux affaires familiales décide de l'avenir de vos relations avec vos enfants", par Didier, 46 ans

"Lorsqu'on divorce ou se sépare subitement un JAF decide de l'avenir de vos relations avec vos enfants ! Du jour au lendemain sans autre forme de raison qu'un soi disant intérêt de l'enfant de tous les jours (malgré le fait que la maman vit à 500 mètres) vous ne voyez votre enfant que quatre jours par mois en passant tous les jours devant son lieu de résidence et son école et tout s'écroule .(...) Et les années défilent et les liens se coupent et l'éducation n'est faite que par un seul parent .... et l'enfant dans tout cela ?

voilà mon histoire c'est pourquoi je milite pour qu'un magistrat n'ait plus à traiter du temps libre d'un enfant ni de pension alimentaire. En quoi le partage du temps libre d'un enfant et le coût de son éducation doivent-ils dépendre de la loi ?"

  • "J'ai ressenti une grande discrimination en tant qu'homme", par Heykel, 45 ans

"Séparé en mai 2010, j'ai la garde et la résidence principale de mes deux enfants depuis décembre 2012. Je ne dois rien à mes trois avocats successifs qui n'avaient de cesse de me dire que mon dossier était compliqué. Selon eux, je n'avais pas assez de fric pour me défendre ! Les divorces ne les intéressent pas. Ils m'ont fait signer le protocole de divorce devant le JAF sans m'en dire les conséquences... (...)

J'ai eu mon ex à l'usure et l'ai contraint par la force des choses à lui faire reconnaître que j'étais le plus capable pour élever les enfants. Si j'avais cédé et écouté mes avocats, je serai peut-être aujourd'hui perché à mon tour sur une grue. Les enquêtes sociales sont indigentes et partiales.

J'ai ressenti une grande discrimination en tant qu'homme aux moyens financiers communs. Le JAF traite les dossier de manière mécanique à l'audience et les enfile à la chaîne en les survolant. Les femmes jouent en terrain conquis, se jouent des failles d'un système acquis à leur cause et n'hésitent pas à mentir grossièrement. Les avocats sont avides d'affaires rentables, pas de divorces."

  • "Un sentiment d’injustice insupportable", par Thierry, 36 ans

"Lorsque j’ai reçu le jugement début janvier, j’ai ressenti un sentiment d’injustice insupportable. J’ai pleuré de tout mon corps. Une semaine sur deux et la moitié des vacances, voici ce que la justice des hommes a daigné m’accorder pour transmettre à mon fils.

Je travaillais depuis deux ans à temps partiel pour m’occuper de lui le mercredi et me suis toujours énormément investi. Mon ex-compagne était vigilante à ce que je partage les tâches à 50% bien qu’elle ne travaillait pas et ne cherchait pas de travail. J’ai passé de nombreuses nuits sans dormir et autant de soirées à bercer mon fils pendant des heures le soir.

J’ai fait tout ce qu’il fallait pour demander une résidence alternée : j’ai réussi à trouver un appartement avec deux chambres à dix minutes à pied de l’école, ce qui est un exploit dans le centre-ville ; j’ai rassemblé un vingtaine d’attestations de médecins, de l’école et de proches montrant l’attention que je porte à mon fils.

Mais il aura suffit d’un stage de trois mois non rémunéré à mon ex-compagne pour arracher notre enfant de son école et de l’emmener à 200 kilomètres de là pour rendre toute résidence alternée impossible. Car puisque mon fils avait moins de trois ans le jour de l’audience (2 ans et 9 mois), la juge a appliqué la jurisprudence qui dit que tout enfant de cet âge doit rester avec sa mère. Et peu importe mon engagement, peu importe les raisons de cette séparation, ce fut un jugement à charge contre le père, tout simplement."

  • "Un calvaire", par Guillaume, 38 ans,

"En 2007, suite à la séparation d'avec la mère de ma fille, la garde de notre enfant est attribuée à la mère. Bien que j'ai prouvé que je m'occupais autant et même un peu plus de l'enfant (la mère était souvent en voyage pour raisons personnelles), la juge décide qu'il est "préférable de ne pas rompre le lien avec la mère."

C'est pourquoi on lui accorde la garde, et même on l'autorisa à retourner vivre en Italie, son pays d'origine, avec notre fille. Au bout de cinq ans et demi, la mère a déménagé quatre fois, elle n'a pas de travail. Mon travail est stable, et je n'ai jamais déménagé. Je ne vois plus ma fille que sept fois par an environ, le plus souvent pour quelques jours, et cela au prix de tractations interminables sur la date et le prix du trajet. Les conversations au téléphone ou via Skype sont également très difficiles à obtenir, je dois parfois réclamer pendant plusieurs jours de parler à ma fille.

Parallèlement, la mère refuse toute médiation, et m'envoie des mails pleins de menaces et d'accusations ridicules. Je sais que je ne dois pas répondre, sous peine de voir mon droit de visite encore diminué. Elle a le droit de me menacer, moi pas. Cela alors que je constate tous les jours que notre fille est élevée de façon erratique, sinon inquiétante.

Ma fille a bientôt neuf ans. Elle réclame depuis trois ans environ de revenir vivre avec moi, et il semble qu'on va enfin l'écouter. Ce sera pour moi la fin d'un calvaire et l'occasion de jouer réellement mon rôle de père."


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Published by Elodie CINGAL - dans Séparation - divorce
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commentaires

Sylvie Hippolyte 21/06/2015 13:45

L’histoire de ces pères ne m’est pas inconnue, le mien a vécu la même, et pourtant elle se passait dans les années 60 : même injustice, même impuissance, même espérance suivie de déception, même profond chagrin… Ceux qui jouaient « les singes de la sagesse » : ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire, jouaient contre lui et ses enfants. Relation conflictuelle, interminables procès, un père en grande souffrance, des enfants maltraitées, ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire. « Les singes de la sagesse », plutôt les singes de l’indifférence, se sont rendus complices de cette situation. Une vie gâchée, celle de mon père, et trois vies estropiées pour jouer correctement leur rôle dans la société, les nôtres.
Un demi-siècle après, les mêmes plaintes se produisent : des papas qui voudraient s’investir dans l’éducation de leurs enfants et qui rencontrent de nombreux obstacles, des enfants privés de leur papa.
Et si c’était ces enfants qui, devenus adultes, faisaient bouger les lignes en témoignant… pour que le droit de l’enfant d'entretenir des relations régulières avec ses deux parents soit réellement respecté, pour rendre l’injustice concernant les pères moindre, pour qu’il y ait davantage d’égalité parentale.
Sylvie Hippolyte, auteur du livre Les jeudis muets Moi, Fina, enfant du divorce.

Michel Willekens 04/05/2015 20:22

Les témoignages de ces 9 papas, sur les 160, donnés en quelques heures, au média ''Le Monde'', en 2013, est vraiment édifiant ! 
Ces 9 témoignages résument très bien les millions d'autres situations similaires de pères grugés, spoliés, par cette justice de bric-à-brac !

Moi, ''papa-tiroir-caisse'' je connais très bien ça ! Des huissiers m'ont saisi mes indemnités d'invalidité durant 8 ans ! Ces pensions alimentaires étaient versées à l'avocate de mon ''ex''... et mes 5 avocats successifs (depuis 1994) n'ont rien fait pour arrêter ces actions mafieuses. 
Sur 8 ans, j'avais été saisi de plus de 20.000 € en trop (versés à l'avocate de mon ''ex'') et que je n'ai pu récupérer, sauf de dépenser encore 5.000 €/an, à mon avocat... et d'attendre encore 10 ou 15 ans pour récupérer mon dû ! 
Si cette ''justice'' n'est pas autre chose que du ''bric-à-brac''... c'est quoi donc ?
Et bien d'autres papas ont connu des situations similaires !

Cedric 04/05/2015 16:58

Moi j'ai eu beaucoup de mal à vivre mon divorce. Pourtant étant un divorce amiable nous nous sommes rapprochés d'un avocat en divorce en Val de Marne, mais nous avons constatés rapidement ne pas être d'accord sur de nombreux points.
J'ai donc du être accompagné de mon avocat durant mon divorce ma femme ayant décidée de passer par un autre pour obtenir la garde exclusive des enfants.
Le « combat » à était long et difficile cependant j'ai réussi à obtenir une garde alternée de nos enfants. Je ne peux pas imaginer ne plus être présent pour mes enfants, eux comme moi nous avons besoin d'être ensemble.