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Elodie Cingal/ 06.33.55.39.43

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  • : En tant que psychologue psychothérapeute (N° ADELI 75 93 4781 8), j’ai eu l’occasion de travailler sur différents problèmes et différentes pathologies. Capable de m’intéresser à beaucoup de domaines, j’ai voulu créer un petit blog qui parle de la psychologie en générale et des sujets qui me tiennent à cœur à un moment donné. Téléphone : 06 33 55 39 43
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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 18:23
La vengeance dans la séparation

Marc a trompé Claudine. Claudine, de colère, est allée voir sa maitresse, tenter de briser cette nouvelle idylle. Ca n’a pas marché. Alors, dans la séparation, elle influence les enfants, elle s’accapare l’appartement, propriété de Marc. Elle fait des dettes dont Marc est solidaire. Puis, devant le juge, elle revendique sa place de victime. Elle crie le plus fort possible sa douleur. Certaines iront même jusqu’à faire de fausses accusations d’agressions sexuelles, de mauvais traitements, d’abus sur enfance, de prise de drogue… afin de faire mal au futur ex.

Evidement cette histoire se conjugue à tous les sexes, à tous les âges et à tous les milieux. La vengeance n’est pas le propre de la femme. C’est le propre des hommes et même celui des animaux. Les primatologues parlent d’ « altruisme réciproque ». En réponse à une faute, une agression, une duperie (peu importe), je réponds par une faute, une agression, une duperie (peu importe).

Qu’est ce que la vengeance. A-t-elle une fonction ? Apporte-t-elle des bénéfices à celui qui la prodigue ?

La vengeance est une réponse à une attaque ressentie par un individu. La faute n’a pas besoin d’être avérée, il suffit de se SENTIR frustré, bafoué, trompée, trahi, volé, annulé… pour avoir envie de répondre de la même manière. Le désir de vengeance nait du ressenti d’un affront et n’a donc pas de valeur objective.

Répliquer à une attaque est ancestral et même naturel. C’est une manière d’annuler le sentiment d’injustice. C’est aussi une façon de reprendre le contrôle sur ce qui a été subi – je n’ai pas choisi d’être trompé, bafoué, volé,… La situation m’a échappée et elle m’a échappée par le biais d’une personne qui était supposée me vouloir du bien et en qui j’avais donné toute ma confiance. En rendant ce qui m’a été fait, j’ai le sentiment que je reprends le contrôle sur qui je suis et sur mon environnement.

La vengeance a donc bien une fonction bénéfique. Elle est réparatrice. Une personne qui ne se sentirait pas offusqué après un affront et qui n’aurait pas envie de se venger serait « anormale ». Elle manquerait probablement d’estime de soi et de respect pour elle-même. Le désir de vengeance est donc aussi un indicateur du degré d’amour propre.

Cependant, comme tout, ce n’est que dans la modération que la vengeance aura des effets bénéfiques. En effet, la vengeance peut causer des dégâts irréparables, aussi bien psychiques que physiques que situationnels. La vengeance a un sens si elle est une réponse EGALE à l’agression ressentie. Si un fort ressentiment submerge la victime et que celle-ci s’installe et se définit dans ce désir forcené de se faire justice, alors la vengeance devient pathologique et détruit tout sur son passage. C’est le cas de Claudine qui, envahie par son sentiment de rejet, sa haine, enchérit, augmente les degrés des répliques. A un adultère, elle répond par une tentative de meurtre symbolique de l’ex.

Dans les tribunaux, nous rencontrons des centaines de cas de parents qui se déchirent à coups de procédures. L’un est blessé et veut faire valoir en pire ce qu’il a vécu. L’autre en réponse, à son tour blessé, veut aussi faire valoir sa blessure et répond en pire. Et le cercle vicieux commence. D’une 1ère vengeance, on finit à la loi du talion. Chacun va répondre éternellement à l’autre et rendre la situation plus douloureuse.

Parfois, il suffit d’excuse, de repenti pour que le besoin de vengeance disparaisse. Marc aurait pu s’excuser auprès de son épouse pour cette trahison et faire un peu preuve de pudeur et de contrition. Mais au contraire, il est resté dans le silence, donnant l’impression de l’indifférence et du rejet.

Mais ce ressentiment qui s’installe, cette acidité qui corrode l’être n’aura pour conséquence que le désamour de soi. A long terme, le vengeur aura un sentiment négatif de lui-même. ll finira isolé car l’homme n’aime pas les « méchants » et finira par le rejeter (renforçant à nouveau le sentiment d’injustice). Va s’installer dans la vie du vengeur un quotidien de stress, d’anxiété et on finira par y trouver une dépression. Un désir de vengeance qui dure trop longtemps et qui s’intensifie mobilise l’énergie disponible. Le vengeur mettra toute son énergie et ses ressources au service de la vengeance. Il est en proie à des idées obsédantes, des ruminations et passera à coté des choses essentielles de sa vie et de sa reconstruction post séparation.

Alors si la vengeance peut avoir un sens, elle ne l’a qu’à condition qu’elle soit propositionnelle à la faute et qu’elle se limite dans la forme, le degré et le temps. Dans la vengeance, il y a toujours le risque d’une réponse de celui qui la subit (et la ressente avec sa subjectivité). Il faut donc mesurer le risque de sa vengeance.

Parfois, juste dire ce que l’on a sur le cœur, juste pour soulager sa douleur, sans espérer une réponse, une intelligence en face est plus réparateur qu’une vengeance dévastatrice. Désirer se venger est normale mais le contrôle l’est plus encore !!

image : http://citation-comme-sa.skyrock.com/3166499488-Vengeance.html

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Published by Elodie CINGAL - dans Séparation - divorce
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