Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Elodie Cingal/ 06.33.55.39.43

  • : psy-conseil-divorce
  • psy-conseil-divorce
  • : En tant que psychologue psychothérapeute (N° ADELI 75 93 4781 8), j’ai eu l’occasion de travailler sur différents problèmes et différentes pathologies. Capable de m’intéresser à beaucoup de domaines, j’ai voulu créer un petit blog qui parle de la psychologie en générale et des sujets qui me tiennent à cœur à un moment donné. Téléphone : 06 33 55 39 43
  • Contact
27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 20:05

Dans quelques semaines, pour les vacances d'hiver, votre enfant devra peut-être prendre le train ou l'avion seul. Si le laisser vivre l'expérience le responsabilise et le rend fier, les parents peuvent angoisser, craindre que le trajet se passe mal ou culpabiliser de ne pas l'accompagner. Y a-t-il un âge pour le laisser prendre la route sans nous ? On fait le point.

Entre les week-ends et les vacances scolaires passés chez les grands-parents ou chez un parent lorsque le couple est séparé, les enfants doivent parfois voyager seuls, et ce dès le plus jeune âge. Mais si on imagine fort bien son ado de 17 ans gérer son trajet en train ou enavion, quand il s'agit de notre progéniture haute comme trois pommes, on panique.

L'angoisse fait partie du quotidien des parents. Elle est inhérente à la parentalité. Alors sur le quai de la gare, on se fend de larges mouvements de bras à travers la vitre et on s'envoie des bisous. Toute maman que l'on est, en suivant le train du regard, on a la désagréable sensation non seulement de faire partir son enfant seul, mais aussi - et surtout - de l'abandonner.

Sauf que le laisser vivre cette aventure ne fait pas de nous des parents indignes. Air France n'y voit même aucun problème et a mis en place depuis des années des services d'accompagnement pour les enfants entre 4 et 14 ans. Côté rails, la SNCF propose un service identique et encadre les petits du début à la fin du trajet.

"Petit, on lui décrit le trajet comme une grande aventure"

Mais est-il capable, du haut de ses 4 ans, de gérer le voyage ? N'est-il pas trop jeune ? Ne faut-il pas attendre qu'il grandisse ? « Ce n'est pas pour rien qu'il existe des services d'accompagnement. Il n'y a pas d'âge idéal pour les faire voyager seuls. Tout dépend de leur maturité, de leur autononomie et de l'environnement dans lequel ils évoluent », explique Élodie Cingal, psychologue. « L'avion, par exemple, ne leur fait absolument pas peur ; ça les fascine, ils se sentent comme des oiseaux ! » L'enfant sera bien sûr beaucoup plus à l'aise s'il est dejà responsabilisé. Notamment s'il maîtrise ses trajets du domicile à l'école ou va de temps en temps acheter seul une baguette.

Bien sûr, on ne le lâche pas dans la nature non plus. Le principal est de le préparer au jour J pour le rassurer. « Pour les plus petits, de 4 à 8 ans par exemple, il faut décrire le trajet comme une grande aventure. Lui dire que le train - ou l'avion - va aller très vite et qu'il sera un grand garçon », explique la psychologue. Et si on ne peut pas s'empêcher d'être angoissé par son départ, on ne le lui montre pas : « Si le parent a peur, il aura peur.L'enfant agit par mimétisme. Pour le rassurer, on le mêle à l'organisation, on achète des livres et des jouets pour qu'il s'occupe pendant le trajet », ajoute Élodie Cingal.

Après 8 ans, voyager tout seul angoisse

Paradoxalement, c'est après 8 ans que le voyage « comme un grand » peut effrayer. « Entre 8 et 12 ans, l'enfant est très fragile, il est dans l'évaluation et fait attention au regard des autres. À l'idée de voyager non accompagné, il se mettra beaucoup de pression pour être à la hauteur. » Dans ce cas, pour éviter les drames et crises d'angoisse la veille du départ, on lui expose le déroulement du voyage, étape par étape : « On peut lui dire qu'on l'accompagnera jusqu'à l'intérieur du train et qu'on l'installera à sa place, qu'il sera entouré d'adultes qui l'accueilleront et le feront descendre du train. On peut aussi lui rappeler que si les personnes qui doivent le récupérer à la gare sont en retard, il n'hésite pas à se rapprocher des contrôleurs pour les attendre », conseille la psychologue. Et l'équiper d'un téléphone pour qu'il puisse joindre un proche. Enfin, on peut lui suggérer de voyager à côté d'autres familles s'il se sent seul dans le train, ou en danger.

Après 14 ans, les enfants peuvent voyager sans encadrement particulier, mais à la condition « qu'ils soient matures et maîtrisent la géolocalisation. De cette façon, ils pourront repérer leur arrêt », insiste Élodie Cingal. Stade supérieur, les vacances avec les copains : « Oui, mais en imposant des règles avant le jour J. SMS, appels, on peut exiger un contact par jour, en lui expliquant qu'on en a besoin et qu'on veut savoir s'il va bien. » Et surtout, on prend sur soi !

Au final, si l'aventure peut se transformer en épreuve pour les parents, elle reste un moment important pour l'enfant. Celui-ci en ressort grandi et fier d'avoir été pris au sérieux. On lui aura prouvé qu'on a confiance en lui. En attendant, profitez de ce moment... sans enfant !

Partager cet article

Repost 0
Published by Elodie CINGAL - dans Publications d'Elodie
commenter cet article

commentaires

Enigma 25/02/2015 17:03

C'est une question délicate pour lequel j'ai eu le plaisir d'avoir un grand débat avec une maman avocate qui venait chercher son enfant à l'école les mêmes jours que moi.
Je pense que chaque enfant est différent et à son propre tempérament donc il est difficile de cerner un age. Cependant ce qui m'a frappé chez les enfants c'est effectivement le phénomène que vous évoquez où avant 8 ans, ils n'ont pas conscience de la grandeur du monde qui les entoure. J'ai failli perdre le mien une fois à Disneyland et à un autre parc d'attraction où il courait comme un fou furieux vers tous les manèges... Alors que 5 ans plus tard, il a une peur bleue de la foule et de m'y perdre... ^^