Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Elodie Cingal/ 06.33.55.39.43

  • : psy-conseil-divorce
  • psy-conseil-divorce
  • : En tant que psychologue psychothérapeute (N° ADELI 75 93 4781 8), j’ai eu l’occasion de travailler sur différents problèmes et différentes pathologies. Capable de m’intéresser à beaucoup de domaines, j’ai voulu créer un petit blog qui parle de la psychologie en générale et des sujets qui me tiennent à cœur à un moment donné. Téléphone : 06 33 55 39 43
  • Contact
23 novembre 2014 7 23 /11 /novembre /2014 13:23
Pourquoi je suis contre la fessée ?

Dans cet article, je ne vais pas m’intéresser aux autres atteintes corporelles et/ou psychologiques. Je pense que la majorité des gens sont d’accord sur le fait que les gifles, coups de pied, de poing ….etc. sont pénalement répréhensibles et donc nocifs. Le débat est donc uniquement sur la fessée. Il fait à nouveau fureur depuis que Mme Laurence Rossignol appelle à "une prise de conscience collective" de la société française concernant les punitions corporelles envers les enfants. Les français sont mécontents et se battent pour maintenir leur droit de corrections envers leur enfant.

Selon ce que j’entends autour de moi ou dans les médias, chacun a sa définition de la fessée. Il y a celle dite :

  • De vexation : plus ou moins petite tape sur la couche ou à travers le vêtement.
  • Déculottée : il s’agit de faire un minimum mal à l’enfant afin qu’il comprenne mieux le fait qu’il est puni

Chacun arguant avoir pris des fessées et de s’en porter très bien aujourd’hui. La réticence de ces adultes à lâcher la fessée est bien plus liée en réalité à une difficulté à remettre en question leur propre enfance. Critiquer la fessée revient à dire que nos propres parents ont mal fait. Or, la notion de l’enfant est une notion très jeune. Elle a à peine 50 ans. Nos parents appliquaient ce qu’ils pensaient approprié. Aujourd’hui, nous connaissons mieux le développement de l’enfant et nous savons que cela a un impact sur eux.

Un enfant de 2 ans qui reçoit déjà systématiquement la fessée présente dès l’âge de 5 ans des troubles du comportement (qui vont entrainer de nouvelles punitions et donc de nouveaux troubles = cercle vicieux qui donne un fort sentiment d’échec, de mésestime de soi, de ne pas être aimable… chez l’enfant), des risques d’addictions et des attachements fragiles à l’adolescence.

Concernant la fessée de vexation, je suis étonnée qu’on puisse penser que de vexer soit une bonne chose pour se faire entendre. La vexation est une atteinte à l’amour propre et à l’estime de soi, deux entités essentielles pour grandir en sécurité. La vexation est un processus intrusif qui brise les barrières psychiques. Comme la vexation n’est qu’une blessure superficielle, qui ne porte pas atteinte à la totalité de notre intégrité comme le fait l’humiliation, on peut s’en remettre. Mais si elle est répétée, quel est son impact ? L’enfant qui reçoit une fessée vexatoire n’apprend rien d’autre que le sentiment d’être vulnérable et en danger. Or, le la vulnérabilité ne laisse pas de place au rationnel et l’enfant ne peut donc pas entendre et intégrer ce qu’il a fait de mal.

Et je demande aux adultes si en les vexant, ils se sentiront plus fort pour apprendre et changer ?

Au-delà des raisons purement psychologiques, il y a des raisons liées au développement cognitif (processus intellectuels) et neurologiques qui nous disent que la fessée est inutile. Le cerveau a fini d’être développé à 25 ans. Jusqu’à 6-7 ans, l’enfant est égocentrique en ce sens qu’il pense l’environnement uniquement en fonction de son point de vue à lui. Il est donc incapable de considérer les éléments de l’environnement comme nous le souhaiterions. Il n’est neurologiquement pas capable de prendre en compte, par exemple, que s’il bouge trop, le verre d’en face peut tomber.

Vous me direz « on fait quoi alors ? On le laisse tout faire. Faire tomber les verres, courir partout, hurler dans les magasins… » ? Évidement que non !! Le rôle d’un parent est justement de donner les lignes de conduites et les directions à prendre. L’enfant fonctionne beaucoup par mimétisme. Je commence donc par regarder mon comportement. Si je m’énerve tout le temps, je lui donne l’envie de faire pareil…

Ensuite, l’éducation est un processus continu qui commence de la naissance (voire in utero) à l’âge adulte. Parce qu’un enfant ne peut intégrer certaines consignes (son cerveau n’en est pas encore capable), il faut accepter que la REPETITION est l’outil d’éducation le plus important et le plus efficace. Avant d’être dans la répréhension, je dois être dans l’éducation.

Par exemple, je dis à mon enfant de mâcher la bouche fermée. Je le lui ai dit au moins 20 fois. Au bout d’un moment je le menace d’une fessée. « Il le fait exprès ou quoi ??? » Et bien non !! C’est un enfant et fessée ou pas, je devrai le lui répéter encore et encore. La fessée ne sert donc à rien mais la répétition finira par faire son effet quand son cerveau sera prêt.

En me répétant, je montre à mon enfant que je ne laisse rien passer, que je le regarde, que je suis son développement, que je connais ce qui doit ou ne doit pas être fait. Je ne démissionne pas et je n’abandonne pas mon enfant. Et je ne l’autorise pas à faire tout ce qu’il veut.

Quand il est excité et impossible à calmer, que faire ? Avec 40% de séparations, c’est difficile de tenir avec un ou des enfants énervés. La fessée, en effet soulage le parent. Il se sent impuissant, à bout de nerf et donner la fessée est un moyen d’exulter la tension. Mais, il existe d’autres manières de faire, bien sur, plus fatigantes pour le parent. Le « NON » ferme et dit avec un très grand calme fonctionne très bien.

Encore faut-il que le parent l’applique derrière. Je vois trop de parent dire non un jour et oui le lendemain. Dire non, puis oui 2 mn après. Ce qui fonctionne ce n’est pas le « NON » en soi, c’est la valeur sure et stable du « NON ». Je dois accepter de frustrer mon enfant et de ne pas être toujours sympa. Je dois accepter de ne pas être aimé (pendant quelques minutes voire quelques heures) de mon enfant.

Isoler son enfant est une très bonne technique. Je le mets dans sa chambre. Je le laisse même jouer avec ses jouets ou lire ou s’allonger sur son lit. Sa punition, c’est d’être isolé du groupe, je n’ai pas besoin d’en rajouter. Quand ils sont petits, j’encourage les parents à acheter un minuteur qu’ils utilisent comme augmentation ou diminution de la punition pour bon ou mauvais comportement. Par exemple, je prive l’enfant de son jouet pendant 10 mn. S’il agit bien, je peux réduire d’une puis deux puis trois minutes. S’il continue, j’augmente de la même manière.

La fessée est une réaction viscérale de l’instantanée, une réaction de l’impuissance et de l’absence de créativité. Parfois, je ferais mieux de dire à mon enfant « je ne sais pas encore comment je vais te punir, mais ça va tomber. Je vais d’abord me calmer » (le temps entre cette phrase et l’énoncé de la punition doit varier selon l’âge d’un enfant. Une heure est trop long pour un enfant de2 ans). Puisque vous connaissez votre enfant, vous savez ce qui va le frustrer/ l’embêter. Le priver de ce jouet, d’une sortie, d’un dessert, le coincer dans sa chambre à lire un livre, lui faire recopier des définitions de mots du dictionnaire…. Ainsi la punition est appropriée à la faute et l’enfant enregistre la bêtise qu’il a faite. L’important d’une punition, c’est qu’elle soit appropriée et proportionnelle. Si je prive d’une heure de jeu mon enfant parce qu’il a oublié d’éteindre la lumière et d’une heure aussi parce qu’il m’a tapé, l’enfant n’y comprend plus rien. Je dois, moi adulte, bien évaluer ma punition en fonction de la bêtise.

Enfin, j’ai vu trop de parents penser que faire la tête après la punition, faire preuve de rancune aura plus d’impact sur l’enfant. C’est tout à fait le contraire. Notre société porte encore en elle l’idée que grandir doit faire mal. Or, ce n’est plus le cas. Une fois la punition terminée, je peux enlacer mon enfant et même le réconforter. C’est justement à ce moment privilégié que je lui explique le pourquoi. Car il est rassuré de l’amour inconditionnel de son parent, il pourra entendre ce que celui-ci a à lui dire.

Partager cet article

Repost 0
Published by Elodie CINGAL - dans Parentalité
commenter cet article

commentaires

Émilie 05/03/2015 09:12

Je suis déçu par votre article. Je suis opposée à l'éducation par la fessée. Mais je suis aussi contre les punitions qui va dans le service de l'éducation bienveillante. Vous avez apparemment du retard dans vos lectures. Je vous conseille filiozat ou faber et malish par exemple. Savoir parler aux enfants pour qu'ils écoutent s'apprend. Cela m'a beaucoup aidé car ma fille refusait la punition que je pensais indispensable donc je la tapaispour qu'elle reste dans sa chambre. Depuis nous avons trouvé ce qui n'allait pas et j'essaie d'être plus zen même si des fois il y a des ratés.

Will 23/11/2014 16:57

Par contre, " Si on parle d'une fessée qui a pour but de faire mal à l'enfant, je suis évidemment contre, mais si c'est une légère tape sur le fessier, un geste symbolique, pourquoi pas....
A travers cette tape, le parent veut signifier un « Non » à l'enfant et lui met des limites dans une situation particulière de résistance à des interdits déjà formulés.
Mais on peut aussi dire ''NON'' à un enfant... On dit bien ''NON'' à un chien, à un chat ou à un cheval... Alors, pourquoi ne pas dire... aussi... NON à un enfant ? Au lieu de lui donner une ''Tape'' ou une ''Fessée''...
Quand on fait du mal à un enfant, on l'éduque à faire du mal à autrui...

Moi, j'ai 71 ans, et je n'ai jamais reçu une ''tape'' ou une ''fessée'' de ma maman, ni de ma grand-mère qui m'a aussi élevé de 1943 à 1955...
Et je n'ai jamais donné de tape ni de féssée à mes 5 enfants, de 1967 à 1993...

Will 23/11/2014 16:56

Dans le temps, lorsque des enfants étaient très difficiles ou avaient fait des choses de travers (assez graves) on les punissait en leur demandant d'aller ''au coin''... et, ou ils étaient privés de certaines choses bien appréciées...
Mais la ''violence'', comme la fessée... est toujours un débat du POUR et du CONTRE...
Mais... ''Un projet de loi interdisant la fessée ne réglerait pas le problème des parents qui se sentent soudain dépassés''...
http://www.enfant.com/votreenfant-1-3ans/education/Pour-ou-contre-la-fessee-l-avis-de-5-pros-de-l-enfance.html