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Elodie Cingal/ 06.33.55.39.43

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  • : En tant que psychologue psychothérapeute (N° ADELI 75 93 4781 8), j’ai eu l’occasion de travailler sur différents problèmes et différentes pathologies. Capable de m’intéresser à beaucoup de domaines, j’ai voulu créer un petit blog qui parle de la psychologie en générale et des sujets qui me tiennent à cœur à un moment donné. Téléphone : 06 33 55 39 43
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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 10:04

Les beaux-parents, qui vivent avec un ou plusieurs enfants, dans une famille recomposée, pourront désormais l'accompagner dans des démarches de la vie courante plus simplement...

Christine Diego Hernandez - avec Elodie Cingal, psychologue soutien et conseil dans les divorces, et Agnès de Viaris, psychologue, spécialisée dans les problématiques familiale et soutien. - 1 juillet 2014

Beaux-parents : le mandat d’éducation quotidienne

L’Assemblée nationale a adopté un volet de la loi famille intitulée « autorité parentale et intérêt de l’enfant » (loi APIE) dans la nuit du lundi 16 au mardi 17 juin 2014. Un « mandat d’éducation quotidienne » a ainsi été entériné pour le beau-parent. En quoi cela consiste, qu’est ce qui est prévu concrètement ? Qu’est-ce que ça va changer ? Explications.

Se séparer, ce n’est jamais facile. Refaire sa vie non plus. Aujourd’hui, près d’1,5 million d’enfants grandissent dans des familles recomposées. En tout, 510 000 enfants vivent avec un beau-parent. Réussir à maintenir une harmonie dans son foyer, même après un divorce difficile, est souvent le challenge des parents séparés. Le (ou la) nouveau (velle) compagnon (ne) doit faire sa place et endosser le rôle du beau-parent. Que va changer concrètement le mandat d’éducation quotidienne pour les belles-mamans ou beaux-papas ? Comment les enfants vont-ils vivre cette nouvelle mesure ?

Loi famille : le mandat d’éducation quotidienne en pratique

Si la loi APIE ne donne pas de « statut légal » aux beaux-parents, elle permet la mise en place d’un « mandat d’éducation quotidienne », avec l’accord des deux parents. Ce mandat permet, à belle-maman ou beau-papa vivant de manière stable avec l’un des parents, d’accomplir des actes usuels de la vie quotidienne de l’enfant pendant la durée de leur vie commune. Le beau-parent peut notamment signer officiellement un livret scolaire, participer à des réunions avec les professeurs, emmener l'enfant chez le médecin ou à une activité extrascolaire. Ce document, qui peut être rédigé à la maison ou devant un notaire, certifiera les droits d’un tiers à s'occuper de l'enfant dans la vie courante. Ce mandat pourra être révoqué à tout moment par le parent et prendra fin en cas de rupture de la vie commune ou de décès du parent.

Une nouvelle place pour le beau-parent ?

La mise en place d’un tel mandat va-t-elle avoir un impact réel dans la vie quotidienne des familles recomposées ? Pour Elodie Cingal, psychothérapeute et conseil dans les divorces, explique « quand tout se passe bien dans la famille recomposée, il n’est pas nécessaire de revendiquer un statut particulier ». En effet, de nombreux enfants, vivant au sein de familles reconstituées avec des beaux-parents et des enfants d’une précédente union, grandissent auprès d’un beau-parent, et celui-ci l’accompagne régulièrement aux activités extrascolaires ou chez le médecin. Selon elle, il aurait été plus intéressant de donner un statut légal au « tiers » que d’opter pour ce mandat en demi-teinte. Elle ajoute même que « quand les relations sont difficiles entre la belle-mère ou beau-père et l’autre parent, cela pourra accentuer les conflits. Il est possiblequ’un beau-parent qui prend beaucoup de place en prenne encore plus et revendique ce mandat, comme un pouvoir en quelque sorte. » Par ailleurs, Agnès de Viaris, psychothérapeute spécialiste des problématiques familiales précise que « l’enfant aura ainsi deux modèles masculins différents, ce qui est sain pour lui. » En revanche dans le cas où la garde principale est donnée à la mère, et où le père biologique ne voit ses enfants qu’un weekend sur deux, et donc, de facto, passe moins de temps avec ses enfants que le beau-père. « Ce nouveau mandat va accentuer cette inégalité entre le père et le beau-père» selon la psychothérapeute Elodie Cingal. Céline, mère de famille divorcée et vivant dans une famille recomposée, explique ainsi que « pour mon ex-mari, cela va être très compliqué, il a déjà du mal à avoir une relation stable avec ses enfants ». Cette maman estime qu’il ne faut pas donner plus de place au beau-parent.« En ce qui concerne les réunions à l'école, le médecin, je ne veux pas que cela soit le beau-père qui s’en occupe. Mes enfants ont un papa et une maman et nous sommes responsables de ces choses "importantes" de leur quotidien. Pas besoin d'impliquer une autre personne là-dedans. De même, je ne tiens pas à gérer plus que ça les enfants de mon nouveau compagnon, je veux bien leur apporter confort, soin, mais les problèmes médicaux et/ou d'école ne regardent que les parents biologiques. »
Pour autant, ce nouveau droit octroyé, version édulcorée de ce qu’aurait pu être un vrai statut du « tiers », confère un peu plus de responsabilité, voulue et revendiquée, aux beaux-parents. C’est l’avis d’Agnès de Viaris qui explique que « cette avancée est une bonne chose pour que le beau-parent puisse trouver sa place et ne se sente pas oublié dans la famille recomposée. » Une maman du forum d’Infobebes.com, vivant dans une famille reconstituée, partage cette idée et se dit ravie de ce nouveau mandat : « les beaux-parents ont beaucoup de devoirs et aucun droit, c’est juste dégradant pour eux. Du coup, même si c’est pour de petites choses que beaucoup de beaux-parents font déjà, cela permet une reconnaissance de ceux-ci ».

Et pour l’enfant, qu’est-ce que ça change ?

Alors pour qui est-ce différent ? L’enfant ? Elodie Cingal précise à ce sujet : « si une compétition ou des conflits existent entre les parents, les ex-parents et le beau-parent, cela va les renforcer et l’enfant subira une nouvelle fois la situation.Il sera tiraillé entre les deux. L’enfant de toute façon subit depuis le début la séparation. » Pour la psychothérapeute, c’est l’enfant qui favorise le succès de la famille recomposée. Il fait le lien entre les deux familles. Pour elle, il est important quele beau-parent reste « un amoureux » la première année. Il ne doit pas s’imposer trop vite, cela laisse aussi la place à l’autre parent d’exister. Ensuite, au fil du temps, à lui de se faire adopter par l’enfant. C’est d’ailleurs lui qui nomme le « beau-parent » et c’est à ce moment-là que le tiers devient le « beau-parent ».

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Published by Elodie CINGAL - dans Publications d'Elodie
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