Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Elodie Cingal/ 06.33.55.39.43

  • : psy-conseil-divorce
  • psy-conseil-divorce
  • : En tant que psychologue psychothérapeute (N° ADELI 75 93 4781 8), j’ai eu l’occasion de travailler sur différents problèmes et différentes pathologies. Capable de m’intéresser à beaucoup de domaines, j’ai voulu créer un petit blog qui parle de la psychologie en générale et des sujets qui me tiennent à cœur à un moment donné. Téléphone : 06 33 55 39 43
  • Contact
4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 08:48
Refaire sa vie suite au décès de son amoureux (se)

Subir le décès de la personne que l’on aime est une épreuve violente et imprévisible. Elle s’impose à vous sans que vous n’en soyez préparé, sans que vous ne puissiez anticiper. Le décès est une intrusion psychique d’une rare violence. Elle créé un état de sidération et d’incompréhension.

Beaucoup écrivent sur le processus de deuil, sur ses étapes, parfois 5 parfois 7 selon les auteurs, mais peu aide après cette période de deuil. Je ne reviendrai donc pas sur cette période durant laquelle il est inconcevable de refaire sa vie. Il est même violent de se l’imaginer.

Cet article s’adresse à ces hommes et ces femmes qui se sentent prêts à reconstruire une nouvelle histoire.

Le deuil est un processus évolutif. Après une période plus ou moins longue de douleur, de repli, de colère, de dégout, de détresse – de débordement émotionnel ou d’un état dépressif – on se surprend à avoir à nouveau envie de vivre. Au départ, la dépression (normalement et justement) consécutive au décès, est comme une façon d’être loyale à celui qui est parti, celui que l’on a aimé et que l’on continue à aimer. Revivre, c’est comme trahir cet être aimé parti trop tôt.

Cette forme de loyauté reste malgré le gout à la vie qui revient. On n’ose pas s’autoriser à aimer à nouveau, à se laisser vivre. On reste comme figé dans ce passé, comme attaché au souvenir de cet amour. Même si en apparence, on parvient à donner le change, on tend à culpabiliser à reprendre gout à la vie. Il faut réussir à dépasser ce sentiment, commencer par identifier que vous êtes toujours en vie, et rien ni personne n’attend de vous que vous restiez dans ce deuil.

Dun point de vue amoureux, il est difficile pour un(e) veuf(ve) de s’aventurer dans une nouvelle relation. Tout d’abord pour des raisons simples et pratiques. Avant le décès de l’aimé(e), il y a eu une période plus ou moins longue où l’on a été en relation. Puis le décès est survenu avec cette période de deuil. Il peut donc se passer des années entre la rencontre de l’être aimé et le moment où l’on est à nouveau capable d’aimer. Le « célibataire » est donc perdu dans le jeu amoureux, il n’a plus les codes de la séduction. Comment fait-on pour « draguer » ? Comment fait-on pour rencontrer ? Est-ce que je sais encore faire ?

Quelque soient la raison du célibat et sa durée, personne ne sait plus comment faire. Personne n’a confiance en soi. On est comme un ado qui découvre la vie. Il faut alors tenter de regarder cette expérience de séduction comme une nouvelle aventure, un apprentissage qui aura son lot de positif et négatif.

Evidement suite à un décès, on a peur d’aimer à nouveau. On se dit, consciemment ou non, que l’on pourrait à nouveau tout perdre, que l’on pourrait à nouveau souffrir. Pour vous, cela n’est pas abstrait, c’est réel, c’est subit, c’est inscrit dans votre chair. C’est vrai ! Vous pourriez souffrir à nouveau. Mais cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas prendre le risque de vivre. La vie est un perpétuel risque dans lequel on tente de conjurer l’imprévisible. Vous avez subi cet imprévisible et ses conséquences, mais cela au fond vous a peut être rendu plus compétent à aimer, à apprécier chaque moment de la vie. Vous êtes peut être plus apte au bonheur aujourd’hui. Prendre le risque d’aimer à nouveau en goutant chaque instant avec l’autre.

Durant cette période de deuil, on a souvent subit l’isolement et la solitude. Le repli a pour fonction de conserver son énergie pour gérer les débordements émotionnels mais aussi pour protéger l’autre de l’état pesant dans lequel on est. Malheureusement, lorsque l’on sort de sa période de deuil, on fait parfois le constat de l’isolement. On fait également le constat que l’on s’est installé dans des habitudes qui ne sont pas compatibles avec une ouverture sur le monde. On doit alors (encore !!) se faire violence pour s’ouvrir. On doit trouver des solutions pratiques pour rencontrer, pour accueillir le désir de l’autre, désir de partager, …. Ces habitudes ont la peau dure et tendent à renforcer la peur de retourner dans la vie. Il ne s’agit pas de s’y précipiter, mais bien au contraire d’y aller progressivement et de constater qu’en réalité, on n’est pas en danger. Après cette période douloureuse, cette période où on a subi tant de douleur, on a peur de ne pas pouvoir s’échapper de situations difficiles. Or ces situations sont souvent imaginées. Par exemple, si j’accepte d’aller au restaurant avec cet homme et que je me rends compte au moment du dessert que je ne suis pas prête, comment faire ? J’imagine combien la situation sera compliquée. Alors, du coup, je refuse l’invitation. Il faut donc contrer ses peurs par l’ACTION, c’est qui permet de constater qu’en réalité il n’y a pas de danger, que l’on peut s’échapper. Mais surtout, cela permet de regoûter à la vie et de réaliser que l’on est vivant, … que cela se passe bien ou mal. L’action, c’est justement de prendre des risques. C’est accepter une invitation, c’est recommencer à s’habiller et se maquiller, c’est reprendre le sport ou la musique… L’action, c’est se mettre en situation de vivre malgré la peur de perdre à nouveau.

Pour cela, il suffit de se concentrer sur le présent et sur le plaisir de l’interaction. Les angoisses sont souvent le fruit du passé qui détermine l’approche du futur. Concentrez-vous sur ce que vous vivez là et maintenant.

Enfin, il est évident que vous ne rencontrerez pas d’emblée la bonne personne. Cela va décourager, questionner. Face aux échecs répétés dans la séduction, on tend à se dénigrer et à perdre en estime de soi. Tenez bon ! C’est normal de ne pas plaire à tout le monde. Si tomber amoureux était simple, ça se saurait ! Après un deuil, on reste fragile très longtemps, et chaque refus prend de la mesure. Tentez de prendre de la hauteur et de tirer le meilleur de chaque rencontre. En faire un jeu ou même un laboratoire dans lequel on s’expérimente, on s’apprend. C’est aussi l’occasion de réapprendre les codes de la séduction et de retourner dans le monde social.

Pour conclure, je dirais que d’avoir subi un décès est déjà suffisamment douloureux pour ne pas s’imposer de rester dans une bulle, aussi confortable soit-elle. Vivre est (bêtement) vital…. Surtout lorsque l’on a des enfants.

Image :  Illustration Séverine Carreau / secarr@free.fr

Partager cet article

Repost 0
Published by Elodie CINGAL - dans Homme - femme
commenter cet article

commentaires

sur la compatibilité des prénoms 19/05/2017 15:17

J’avoue que le fait de perdre un être cher est la plus pire des choses mais avec le temps, les sentiments finissent par s’estomper et on commence à penser un peu plus à nous et à notre avenir. Du coup, on apprend de nouveau à aimer, et à installer un lien pour qu’on soit plus compatible avec la nouvelle personne.

flex 12/03/2017 20:04

J'ai moi aussi perdu mon fiancé il y a 4 ans, et votre article ainsi que tous ces commentaires font vraiment du bien. Je réalise que je ne suis pas seule.

Il y a beaucoup de sites ou d'articles sur les étapes du deuil, mais après? J'ai surmonté le deuil, mais je ne m'y retrouve toujours pas. Je suis une personne totalement différente, je fais beaucoup d'efforts pour "revivre" mais rien de marche plus comme avant, rien ne marche tout court d'ailleurs ! Même avec toute la bonne volonté du monde...

Je réalise petit à petit qu'il faut beaucoup plus de temps que ce qu'on imagine. Il ne suffit pas d'avoir fait son deuil pour avoir une vie normale, plaire comme avant. Je suis toujours aussi perdue mais je comprends pourquoi, et je vois que je ne suis pas la seule à vivre ce cauchemar.

Gildas 20/12/2016 11:39

Je viens de lire cet article et je dois avouer que je m'y retrouve totalement. Je suis un homme veuf depuis 10 ans. Ma femme est décédée à l'âge de 35 ans et nos enfants avaient 4 et 10 ans. J'ai été dévasté les 4 première années et puis il m'a semblé que je reprenais goût à la vie. J'ai "dragué" une maman divorcé lors de nos rencontres à l'école de ma fille et nous avons entamé une relation qui a duré 4 ans. Durant ces 4 années nous n'avons jamais vécus ensemble sauf aux vacances et durant les week-end. En lisant votre article je me rend compte que j'étais dans un conflit de loyauté par rapport aux enfants. J'aimais cette femme mais je souhaitais élever mes enfants comme leur mère les auraient élevés.Finalement cette femme a mis fin brutalement à notre relation me plongeant à nouveau dans un deuil d'une autre nature mais un deuil malgré tout avec les 5 phases que l'on connait. Aujourd'hui les enfant ont grandis (20 et 14 ans) et je ressent le besoin de vivre en permanence avec quelqu'un. Je crois que cet échec a été pour moi le révélateur d'un état psychologique dont je n'avais pas conscience. J'aurais du consulter un psychologue il à a de nombreuses années.

yaya 23/01/2016 21:33

je me suis coupé de beaucoup de gens après le départ de ma femme qui n'avait pas 40 ans , le principal c'est la stabilité au quotidien , votre vie explose et on ce lasse vite des conseils , les gens pensent à votre place et c'est très frustrant , j'ai déjà trouvais la paix dans cette sorte de solitude , pour l'instant l'important ce sont nos trois enfants , les choses ne sont pas simples , vous avez 25 années de partage avec une personne , vous avez ensuite plusieur années de vie en célibataire , alors retrouver une femme , je n'y pense meme pas , je ne veux pas prendre de risques qui concernerait toute la famille , les enfants on aussi besoin d'etre rassurés et protégés , personne ne peut dire qui arrivera dans notre famille , je n'est pas confiance et je veux avant tout garder ce petit cercle familiale avec mes enfants et le souvenir de leur maman .

anonyme 03/09/2015 18:21

J'ai perdu ma femme début juillet elle avait 34 ans une femme pleine de vie, nous avons un petit gars de 6 ans maintenant je me retrouve seul avec mon petit garçon mais je m'accroche chaque jour est un combat mais je lâche rien . Je sais quelle sera toujours la quelque part autour de nous pour nous guidés dans notre vies je l'aime et l'aimerai pour l'éternité, mais je sais aussi que je retrouverai l'amour un jour. tôt ou tard et par la même occasion le bonheur d'aimer à nouveau.
je souhaite beaucoup de courage au personnes qui son dans mon cas.
même dans la tempête de la nuit et la tourmente le lendemain il y aura toujours le soleil.