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Elodie Cingal/ 06.33.55.39.43

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  • : En tant que psychologue psychothérapeute (N° ADELI 75 93 4781 8), j’ai eu l’occasion de travailler sur différents problèmes et différentes pathologies. Capable de m’intéresser à beaucoup de domaines, j’ai voulu créer un petit blog qui parle de la psychologie en générale et des sujets qui me tiennent à cœur à un moment donné. Téléphone : 06 33 55 39 43
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19 juin 2014 4 19 /06 /juin /2014 09:09
Etre parent solo et refaire sa vie quand l’autre parent est décédé!

Etre parent solo est déjà une épreuve en soi ! Mais l’être alors que l’autre parent est décédé devient insoutenable. Le décès de l’autre parent est évidement subi et plonge les enfants et soi-même dans une forme de sidération et d’effroi.

Malgré le temps qui passe, la blessure qui diminue, certaines angoisses demeurent et l’organisation de sa vie devient compliquée.

Etre parent solo suite au décès de l’autre parent, c’est être en charge TOUS les jours de son enfant et de toutes les contraintes liées à l’organisation de sa vie. Il n’y a pas de week-ends sur deux ou de soirées de répit. Il est difficile de rencontrer quelqu’un lorsque l’on n’a aucun moment pour soi. On peut compter sur la belle famille, mais il arrive (trop souvent malheureusement) que celle-ci déserte. On peut compter sur sa propre famille, mais déjà faut-il qu’elle soit géographiquement à proximité. Il est donc compliqué de s’aménager des moments pour rencontrer. Cette logistique infernale vient renforcer les angoisses et les habitudes prises immédiatement après le décès du parent.

1/ On se demande souvent s’il est bon pour l’enfant de voir sa maman ou son papa se remettre en couple ? Cet enfant qui a déjà subi la perte pourra-t-il supporter un nouveau changement dans son organisation familiale ?

Oui ! Il le pourra et c’est même bon pour lui que son parent veuf (ve) puisse aller chercher du réconfort auprès d’une autre personne. Tout d’abord, un parent accompagné est un meilleur parent ! Dès lors qu’il est heureux dans son couple, il transmet à son enfant les bons messages, ceux de la complicité, de la tendresse, du respect, de la bonne gestion des évènements et du stress occasionné, …. Alors qu’un parent seul tend à culpabiliser, à être débordé. L’enfant peut se donner la mission de soulager le parent solo et tente de se conformer à ce qu’il pense le moins pesant pour ce parent.

Bien évidement, être parent solo n’est pas un mal en soi. On peut être un parent solo et un bon parent. Il ne s’agit pas ici de culpabiliser les parents solos, il est question de s’autoriser à être à nouveau en couple si la rencontre l’a permis.

2/ Un parent solo a tendance à fusionner avec son ou l’un de ses enfants. Le fait de rencontrer quelqu’un permet de rendre à l’enfant sa place d’enfant et de respirer à nouveau. La fusion, qui est un processus normal entre un parent et son enfant, suite au deuil, doit à un moment disparaitre. Il est bon pour l’enfant et le parent qu’ils puissent chacun reprendre leur place. Cela ne se fera pas sans mal. Les réticences, d’ailleurs, ne viendront pas forcément de l’enfant. Elles peuvent venir de l’adulte qui se sent responsable de maintenir avec l’enfant cette place consolatrice de l’absence du parent décédé.

3/ Refaire sa vie n’est pas remplacer le parent décédé !! Il arrive que l’on ne veuille pas présenter quelqu’un à son enfant de peur que celui-ci ne pense qu’on veut remplacer son parent décédé par un(e) autre. Or, il n’est est rien ! Si l’on ne doit pas créer un culte du parent décédé, on ne doit pas non plus l’annuler. Le parent décédé existe et existera toujours. Il a sa place de parent et reste constitutif du développement de l’enfant. L’enfant acceptera plus facilement cet(te) autre si vous ne parlez pas de beau-parent au départ mais d’amoureux. Il sera même surement heureux de l’arrivée de cet amoureux s’il entend que son parent décédé conserve une place dans votre cœur et le sien. Parler du parent décédé au présent, dire ce qu’il aurait souhaité comme éducation pour son enfant. Quoiqu’il arrive, dans la famille recomposée, le beau-parent ne doit jamais arriver en conquérant et imposer sa loi. Il doit tenter de se faire à la dynamique préexistante. Pour résumer, il ne doit jamais être une menace pour le parent absent (séparation ou décès).

4/ Cela permet de démystifier le parent décédé. Tant que l’on est un parent seul, on tend à parler et à rappeler à l’enfant qui était l’autre parent. Cela est bien évidement nécessaire et constructif pour l’enfant et soi. Mais il arrive que cette mémoire de l’autre cache un besoin viscéral de le faire revivre encore et encore. L’enfant, par la force des choses, finit par « encenser » son parent absent. Il en développe une admiration qui l’emprisonne dans une image irréelle. Alors, l’enfant peut vivre sa vie d’enfant puis d’adulte à travers cette image admirative et fantasmée de ce parent. Le fait de donner à l’enfant un beau-parent peut permettre à l’enfant de se concentrer sur ce qu’il vit là et maintenant. Le mythe du parent absent perdure mais reprend progressivement une place équilibrée. C’est à travers le conflit dans la famille recomposée que l’on pourra comprendre que l’enfant résiste et ne peut accepter de perdre une seconde fois son parent. Il faut alors aller consulter pour son bien mais aussi pour favoriser la réussite de la recomposition familiale.

5/ La fratrie souffre différemment et aucun ne peut trouver une place satisfaisante. Lorsqu’un parent est triste, l’enfant tend à vouloir s’en occuper, le réconforter. Pour cela, il met en place des stratégies d’adaptation - se faire tout petit pour ne pas ajouter de problème, prendre en charge des taches d’adulte, devenir le confident du parent, ….etc. Il est évident que si l’un des enfants prend de la place auprès du parent, l’autre va s’effacer ou s’imposer. On retrouve alors des rivalités entre fratrie. Durant la période de deuil, le parent qui reste ne fait que ce qu’il peut. Il est en proie à la dépression et doit tenir pour les enfants. Durant cette période s’installe alors un fonctionnement qui peut être difficile pour les enfants. Lorsqu’un beau-parent entre dans la vie des enfants, chacun peut alors reprendre sa place. Le parent, allant mieux, peut redevenir un parent. Les enfants, confiant de voir leur parent plus solide, peuvent retrouver leur innocence. Parce qu’ils ont à nouveau chacun une place équilibré, ils peuvent à nouveau se faire confiance dans la fratrie. Une fois de plus, si des conflits s’installent dans cette recomposition, c’est que les enfants sont en insécurité et qu’ils peuvent avoir besoin d’aller voir un psy pour accepter ces changements.

De manière générale, les enfants se réjouissent que leur parent célibataire rencontre quelqu’un. Lorsque ce n’est pas le cas, c’est qu’il a une insécurité plus ou moins accessible. Dans le contexte où l’enfant a perdu l’un de ses parents, il a fait réellement face à l’imprévisible et à la perte. Il est forcément fragile et a besoin de stabilité de manière presque rigide. Lorsque son parent rencontre un(e) amoureux(se), c’est alors un nouveau changement, quelque chose qu’il ne peut contrôler. Le fait de se remettre en couple peut justement l’aider car cela permet d’identifier que l’enfant a su cacher sa détresse. La remise en couple est une excellente alerte et permet donc de mieux aider son enfant.

Image :  Illustration Séverine Carreau / secarr@free.fr

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Published by Elodie CINGAL - dans Homme - femme
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