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Elodie Cingal/ 06.33.55.39.43

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  • : En tant que psychologue psychothérapeute (N° ADELI 75 93 4781 8), j’ai eu l’occasion de travailler sur différents problèmes et différentes pathologies. Capable de m’intéresser à beaucoup de domaines, j’ai voulu créer un petit blog qui parle de la psychologie en générale et des sujets qui me tiennent à cœur à un moment donné. Téléphone : 06 33 55 39 43
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13 mars 2014 4 13 /03 /mars /2014 09:22
Ces parents qui ont 4 jours par mois avec leur enfant !

Dans 70% des cas environ, la résidence des enfants est exclusivement confiée à la mère. Les enfants sont donc 13 nuits chez maman puis 2 nuits chez papa, puis cela recommence. En général, le parent non gardien va les chercher les vendredis à la sortie des classes et les ramène chez la maman le dimanche soir vers 18-19h selon le jugement.

Lorsque les deux parents ont choisi ensemble ce mode de garde et qu’ils s’entendent pour maintenir le lien par le téléphone, skype et que le parent gardien valorise l’autre parent auprès de l’enfant, ce mode de garde peut être satisfaisant. Aucun message négatif et sentiment lourd d’absence est ressenti des deux cotés. L’enfant ou le parent pourra manquer à l’autre mais cela arrive même dans les familles non séparées. L’absence n’est pas forcément nocive.

S’il n’existe aucune communication entre les deux parents, si la guerre est installée, le parent non gardien n’a pas accès à la vie quotidienne de son enfant. Alors, ce mode de garde est fragile pour la relation parent/enfant mais aussi pour ce parent non gardien qui a des difficultés à trouver sa place.

Très souvent, ce parent non gardien ne recevant son enfant que 4 jours par mois n’investit pas les placards de son enfant. Il récupère un sac de vêtements préparé par l’autre parent.

Très souvent, ce parent non gardien, si l’espace de son foyer n’est pas suffisant, n’aura pas détaché une chambre pour l’enfant.

Très souvent, ce parent non gardien aura surinvesti l’achat de jouets dont l’enfant ne se servira quasi jamais ou n’aura que le strict minimum pour occuper l’enfant.

Très souvent, ce parent non gardien sera très sérieux pour faire faire les devoirs à son enfant afin de compenser son absence ou au contraire il se dira que des devoirs ratés une fois tous les 15 jours, ce n’est pas grave !

Très souvent, ce parent non gardien sera à cheval sur la politesse et l’éducation de son enfant au risque de faire le contraire de chez l’autre parent et de passer pour un tyran. Ou il se dira qu’en 4 jours, il n’a pas beaucoup de temps pour participer à l’éducation de son enfant, donc à quoi bon ? Autant rester « cool » !

Très souvent, ce parent non gardien, parce qu’il manque de temps avec son enfant, n’amenera pas son enfant au sport ou à son activité parascolaire le samedi.

Très souvent, ce parent non gardien n’offrira pas à son enfant la possibilité d’aller aux anniversaires des copains parce les copains le voient plus que lui.

Très souvent, ce parent non gardien ne partagera pas sa vie sociale avec son enfant car 4 jours, ce n’est que pour lui. Ou très souvent, il surinvestit le social pour que l’enfant puisse tout partager de sa vie.

Très souvent, ce parent non gardien fera dix millions de choses durant le we, à se ruiner, à s’épuiser pour créer des souvenirs avec son enfant.

Très souvent, ce parent non gardien commencera à perdre le sourire le dimanche vers 16h quand il comprendra que la fin du we approche.

Ce que l’on voit ici, c’est que ces parent non gardien sont démunis. Soit ils surcompensent soit ils s’effacent. Chacun fait ce qu’il peut avec sa souffrance et sa peur de disparaître. Certains se soumettent et ne parvenant plus à créer du lien avec leur enfant, se retirent progressivement de sa vie. D’autres surcompensent, espérant que ce lien ne disparaisse jamais.

Ce que l’on peut noter dans ce système de garde, c’est que le parent non gardien perd de sa parentalité. Il est soit idéal (celui qui surcompense), fantastique, énergétique, aimant, … soit négligent (celui qui disparaît) car il ne parvient pas à trouver une place de père et de ce fait à en donner une à son enfant.

Image : http://fr.freepik.com/

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Published by Elodie CINGAL - dans Séparation - divorce
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commentaires

easy2family 12/05/2014 01:13

Merci pour cet article qui décrit bien la situation de millier de familles recomposés qui n'est souvent pas très facile à gérer.
Même si l'exemple cité en haut se veux un peut généraliste, puisque chaque histoire et chaque expérience est unique, néanmoins cela éclaire sur le dilemme face aux quel les parent (ici l'homme) éprouve dans l'éducation des enfants quand le temps de garde est restreint.
Une chose est sur on ne peut pas rester le même face à une situation pareille.

Fil 01/04/2014 23:51

Papa non gardien pour le bien de mon enfant de 4 ans, je peux juste dire que mon sacrifice en temps passé et d'ailleurs jugé et acté n'est que le résultat de la politique familiale française qui juge les pères avant même d'avoir analysé la situation et qui programme les avocats et jaf à encenser les mères.
Situation acceptée non digérée, mais qui donc vérifie la hauteur de nos peines à tous, enfants, pères et mères. Le lien, 4 jours par mois, rares acceptations téléphoniques, comment une mère se sent-elle en regardant son téléphone sonner sans vouloir répondre, punir le père? Punir l'enfant en pensant le préserver? Le préserver de quoi, du manque qu'elle entretient? La nature humaine n'est plus humaine. J'aime fortement mon fils, je lui transmets mes valeurs et la curiosité du monde, mais trop peu, tout ça à cause d'un modèle familial matriarcal qui prend les enfants à leur père, pour satisfaire une volonté profonde de se sentir utile et forte. La séparation est un choix personnel, l'état n'y peut rien et fait avec. Mais les pères doivent faire avec moins que avec, à part être un distributeur à billets, et accepter les conditions, les chantages, les pressions pour profiter de moments si forts et si courts.
Le thème de la soumission pour ne pas être reléguer à l'oubli est vrai, tout cela plaît au parent gardien, et ronge le second.
Je souhaite à tous les pères aimants de ne jamais lâcher prises, de garder le contact, la complicité et l'éducation de nos anges. C'est ce qui nous tient debout, la loi du boomerang se produira bien un jour, mais à quoi bon? Quel temps de perdu?
Amitiés.

Jean Truppi 30/03/2014 14:09

Merci beaucoup Elodie pour votre article, quoi écrire d'autre, j'en ai les larmes aux yeux.
Bien à vous.
Jean.

Laurent 14/03/2014 21:44

Bonjour,
Moi pour mes garçons aujourd'hui je n'ais plus de place. Trop de souffrance.
Ils ont 6 et 9 ans.
Pendant toute cette période j'ai bien senti que ce n'était pas des relations papa enfant.
Uniquement des relations de copain, puisque tous ce que j'ai pu construire était cassé le dimanche soir par la maman.

Giacomo 23/05/2017 13:14

Bonjour,
ça c'est vraiment le pire... mon ex femme est aussi du style à dire des choses sur moi en semaine et je me retrouve avec ma fille de 4 ans qui me balance des phrases toutes faite qu'une enfant de 4 ans ne pourrait même pas imaginer dans sa tête. C'est vrm très triste... mais un jours ça lui retomber dessus, j'en suis sur.
Continuer à voir vos enfants. Ils en ont de tt façon besoin (et vous aussi). Mais comme le dit l'article, il ne faut tomber dans les extrême de papa gâteau ou papa tyran. Courage!

www.desparentsautop.com

jean luc 14/03/2014 01:08

Tu a tout a fait raison et cela a un nom l alienation parentale
bien connu dans certain pays mais pas en frace
cela fait trop peur

Elodie cingal 14/03/2014 10:12

Jean-Luc, mon article n'a rien à voir avec l’aliénation parentale. Il faut faire attention à ne pas tout mettre dans le même panier.