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Elodie Cingal/ 06.33.55.39.43

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  • : En tant que psychologue psychothérapeute (N° ADELI 75 93 4781 8), j’ai eu l’occasion de travailler sur différents problèmes et différentes pathologies. Capable de m’intéresser à beaucoup de domaines, j’ai voulu créer un petit blog qui parle de la psychologie en générale et des sujets qui me tiennent à cœur à un moment donné. Téléphone : 06 33 55 39 43
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13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 08:29
Et si se séparer était finalement un geste parental ?

Qu’est ce qu’être un bon parent ? Nous savons tous aujourd’hui qu’il n’existe pas de parent parfait. Nous savons tous également qu’un parent satisfaisant pour tel enfant ne l’est pas pour tel autre. Etre parent, c’est aussi s’adapter à la personnalité d’un enfant. Dès lors, nous comprenons que malgré toute notre bonne volonté, être parent est compliqué et non inné.

Heureusement, la société et notre propre famille nous ont donnés des indications, des indices pour nous approcher au mieux de ce qui fait du bien aux enfants. Par exemple, aimer est essentiel. Encourager, ne pas dénigrer, accompagner, écouter, se rendre disponible, être cohérent dans son système d’éducation, établir des règles ou un cadre…etc sont des bases pour que l’enfant se développe dans un environnement serein.

Nous savons également tous que deux parents unis, ensemble et stables sont importants voire essentiels pour que l’enfant grandisse en sécurité.

Or, dans notre société actuelle, divorcer/ se séparer devient banal. Cela n’empêche que tout parent se reproche, se déteste même, de faire subir à son enfant cette situation. La culpabilité revient systématiquement. Les questions autour de la douleur infligée à l’enfant sont systématiques.

Et pourtant, il est possible que se séparer soit un geste parental. En effet, dans mon article « cerveau & Psycho – les dix commandements de la parentalité », http://psy-conseil-divorce.over-blog.com/article-cerveau-psycho-n-44-bimestriel-mars-avri-77250116.html, je mets en avant les 10 compétences parentales les plus importantes pour l’équilibre d’un enfant.

Les trois compétences les plus marquantes par ordre d’importance sont :

1/ Amour et affection : Témoigner amour et affection à son enfant lui permettra de développer une bonne estime de soi et un narcissisme fort.

2/ Gestion du stress : Que se passe t-il lorsque l’on est stressé ? On n’est plus disponible pour l’enfant et donc on lui montre moins d’amour et d’affection. De plus, lorsque notre tête est prise par un stress, l’enfant par mimétisme se sent concerné. Il peut même se rendre responsable. 3/Compétences relationnelles : Montrer à son enfant que papa et maman s’aiment et se respectent. L’enfant observe la qualité de vos relations conjugales et se basent sur vos interactions pour comprendre les relations humaines. Si votre enfant vous entend insulter l’autre ou vous faire insulter, un conflit de loyauté naitra dans un premier temps puis un dysfonctionnement affectif qui sera la marque de ses relations futures.

Si un couple se sépare, c’est qu’il y a une raison. Aujourd’hui, on se sépare principalement par désamour. Or, le désamour a mille formes dans le couple – l’indifférence, le conflit, la hargne, l’isolement, l’évitement, les insultes, l’énervement, la dépression, la colère, l’absence, le harcèlement…. Avant de prendre la décision de se séparer, on hésite et on hésite d’autant plus qu’il y a des enfants. On prend donc son temps, temps durant lequel l’enfant voit, entend, sent et subit la situation. Bien sur, il se taira et tentera de distraire les parents pour les réunir, ou il s’isolera pour moins subir la situation, ou il deviendra nerveux….

L’enfant, durant cette phase de pré-séparation, n’a plus accès à ses parents. Mais surtout, il a accès à des parents qui n’appliquent plus les trois compétences les plus importantes.

1/ Amour et affection : bien que dans ces contextes de désamour, on ne cesse pas d’aimer ses enfants, on n’est moins ou plus dans la démonstration. On est préoccupé par la situation. On souffre du désamour. On compense en surinvestissant l’enfant qui peut étouffer. Ou on se montre plus absent et l’enfant cherche à trouver une nouvelle place.

2/ Gestion du stress : il existe deux sortes de stress, le bon et le mauvais. Face à une situation menaçante, notre corps se met en alerte et nous fait stresser. Le bon stress entraîne la poussée d’énergie dont nous avons besoin pour échapper ou pour nous confronter à la situation. Une fois, la situation réglée, le stress disparait. Un parent satisfaisant va alors enseigner à son enfant à ne pas paniquer face aux situations menaçantes mais surtout à réguler ses émotions face à l’environnement qui est majoritairement imprévisible. Le mauvais stress, c’est lorsque l’on a une réponse inadéquate par rapport à la situation ou lorsque l’on n’arrive pas à se réguler une fois la situation réglée. Dans les périodes de désamour, le stress est permanent et la régulation des émotions est très difficile. Il est quasi impossible pour les deux parents de s’échapper. L’enfant subit alors de manière répétée du mauvais stress et n’apprend pas à se réguler. Il ne pourra alors que mettre en place des stratégies de défense qui deviendront son système de fonctionnement si la situation dure.

3/Compétences relationnelles : Quand on ne s’aime plus, voire ne se supporte plus, on montre à son enfant tout sauf cette bienveillance, solidarité entre adulte dont il a tant besoin. Le respect n’existe plus. Parfois même les règles de base de politesse ont disparu. L’enfant n’apprend donc pas la communication consensuelle. Il n’acquiert pas ou difficilement l’empathie, la conscience de soi et de l’autre. Il a des difficultés à se situer par rapport aux autres. Et enfin, sa perception de la réalité est perturbée car il grandit dans un environnement ou seule la pulsion est exprimée. Il n’y a plus de filtre social.

Lorsque l’on comprend l’impact que cette période a sur l’enfant, ne lui est-il pas plus favorable que ses deux parents se séparent ? Le plus difficile au fond est de comprendre le caractère inévitable de la séparation. Cette période traine car on refuse l’inévitable ! Une fois la séparation acceptée, celle-ci prend malheureusement tout son sens, et ce, même pour les enfants !

Certes, se séparer a un impact sur l’enfant. Mais des deux situations, c’est peut-être la « moins mauvaise » à long terme. Après, à charge pour ces deux parents de penser à l’enfant sur leur manière de se séparer. Si se séparer devient un simple prolongement de ce désamour et que le conflit s’installe alors l’enfant ne tire aucun bénéfice à la séparation. Il vit donc une double peine. Se séparer doit mettre un terme au conflit et non pas l’attiser. Il est donc important de tenter de vite digérer la situation de désamour et de séparation pour pouvoir retrouver ces trois compétences si essentielles à la vie de l’enfant.

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Published by Elodie CINGAL - dans Séparation - divorce
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commentaires

Anonyme 21/03/2016 11:52

Du haut de ses 6 ans il m'a demandé pourquoi son papa et moi n'étions pas séparés :O Je vous assure que ça vous retourne

Caro 13/02/2014 12:49

J'ai connu ça et je suis d'accord. Quand le désamour est arrivé, on croit à une mauvaise période alors on attend...puis ça ne s'arrange pas et on s'égaré et il faut partir. Le père de mes enfants voulait que l'on reste ensemble pour "les enfants". J'ai refusé, je voulais que nos enfants aient l'image d'un couple amoureux et pas de deux associés et je savais qu'un jour on finirait par ce détester...alors je suis partie pour sauver ce qu'il rester de respectable dans notre couple. Pour les autres je suis la garce qui a quitter un très gentil mari. Tant pis, mes enfants sont heureux, nous nous entendons très bien avec leur papa et G refait ma vie. Je ne regrette rien. Les enfants ne doivent pas servir d'excuses ou se sentir responsables de quoi que ce soit.