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Elodie Cingal/ 06.33.55.39.43

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  • : En tant que psychologue psychothérapeute (N° ADELI 75 93 4781 8), j’ai eu l’occasion de travailler sur différents problèmes et différentes pathologies. Capable de m’intéresser à beaucoup de domaines, j’ai voulu créer un petit blog qui parle de la psychologie en générale et des sujets qui me tiennent à cœur à un moment donné. Téléphone : 06 33 55 39 43
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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 11:20
Les conséquences sur les enfants  de la maltraitance psychologique entre les parents :

Quand une personne est maltraitée dans son, couple, j’entends régulièrement « tant que cela ne touche pas mes enfants, ce n’est pas grave !! ». Ce qui pousse les victimes à se séparer, homme ou femme, c’est lorsque l’auteur de violence commence à s’en prendre aux enfants. Cependant et malheureusement, l’enfant peut ne pas être maltraité directement et pour autant en souffrir. Il est donc important de comprendre en quoi le fait d’être témoin de violence psychologique heurte les enfants.

Un article simple sur les conséquences sur les enfants de la maltraitance psychologique au sein du couple me semble indispensable. Je ne vais m’intéresser qu’à la maltraitance psychologique entre les parents et non celle physique car il existe déjà beaucoup d’informations sur le sujet, dont https://www.youtube.com/watch?v=tJg5m6yNAh4.

Cet article n’a pas pour but de culpabiliser les parents qui n’ont pas pu identifier cette violence suffisamment tôt. N’oublions pas que personne n’est à l’abri d’en être victime. Et cette violence est la plus difficile à identifier, la plus perfide. Il est donc très difficile de s’en dégager.

Il est possible de parler de maltraitance psychologique dans le couple lorsque l’on retrouve de manière répétée et dans la durée :

-une dimension de haine d’un parent envers l’autre se manifestant par le déni de la subjectivité vécue (nier ce que l’autre peut ressentir, le narguer, se moquer….),

-une forme d’intrusion physique (pénétrer une pièce intime, ne pas respecter une distance avec l’autre..)

-Une intrusion psychologique (être imprévisible, instabilité émotionnelle, valeur changeante…) ,

-du rejet, de l’indifférence, de la dévalorisation, des humiliations de toutes sortes…

Il en résulte inévitablement une grande souffrance narcissique chez la victime et une forme de plaisir lié à la maltraitance de la part de son auteur.

La souffrance narcissique est un désinvestissement de l’intérêt que l’on se porte qui permet de se sentir bien dans sa peau. L’estime de soi diminue, la croyance en le fait de mériter l’amour de l’autre disparait et il n’y a plus de sentiment d’unité et cohésion de soi.

Si l’on prend en compte le fait que la victime de maltraitance psychologique finit par être l’ombre d’elle-même et que l’auteur de violence n’est pas fiable, que se passe t-il pour l’enfant qui regarde ces deux parents fragiles au quotidien ?

Un enfant a besoin de sécurité psychique avant tout. Il doit pouvoir s’en remettre aux adultes qui l’entourent pour pouvoir se construire. Il grandit par identification (projection et introjection des traits de personnalités, des émotions, de la gestion du stress…. ). Or, dans une famille où un parent n’est plus et un autre qui est dans la toute puissance, l’enfant passe au second plan.

Aucun parent ne parvient à le voir. Sa demande est nulle et non avenue.

La victime estimera la demande de l’enfant en fonction l’auteur de violence. Elle se positionnera avant tout dans l’évitement de ce qui activera sa colère. Et celui-ci n’entendra que ce qui servira son plaisir à faire mal. L’enfant est donc tantôt source de problème pour l’un et tantôt excuse de maltraitance pour l’autre. L’enfant reste quoiqu’il arrive au second plan et il n’est pas pris en compte pour lui-même.

Cela n’est pas sans effet sur lui. Il ne peut intégrer les interdits fondateurs de sa personnalité. Plus simplement il grandit et intègre des règles contradictoires qui empêchent une unité psychique.

On retrouve souvent des enfants qui se transforment en tornade anxieuse et qui créé de la destruction. L’école les signale régulièrement pour un souci d’agressivité, pour irrespect, pour comportement excessif et inapproprié… les parents, grands-parents, voisins n’en peuvent plus de devoir les canaliser.

Il n’y pas de tempérance chez ces enfants. Mais surtout il y a une grande souffrance intériorisée qui ne peut s’exprimer que par un comportement inapproprié.

Ces enfants finissent souvent pas s’identifier à l’un des parents pour pouvoir survivre.

Comme une stratégie d’adaptation, ils choisissent celui qui leur semblera le plus réconfortant ou le moins menaçant selon ses prédispositions. Dans le cas de l’identification au parent lésé, l’enfant se sentira responsable de devoir l’aider. Il aura à long terme un très fort sentiment d’échec et d’impuissance. Il se pensera peu méritant de l’amour d’autrui.

Dans le cas de l’identification à l’auteur de violence, on va se retrouver avec une dynamique de violence familiale. L’enfant participera activement à faire souffrir l’autre parent. Il ressentira une forte culpabilité et une très grande rigidité dans l’acceptation de la différence chez l’autre. Il aura un fort besoin de contrôle sur les autres. Il ne sera pas systématiquement violent mais il présentera plutôt une méfiance dans ses relations aux autres.

Les deux enfants seront quoiqu’il arrive fragiles d’un point de vue narcissique et auront des relations à autrui très insécures.

Dans une fratrie, il n’est pas rare de voir des enfants se désolidariser pour s’identifier à chacun des parents. L’enfant ne trouve alors de réconfort auprès de personne.

J’ose donc dire au parent qui a le sentiment que quelque chose ne va pas dans son couple de ne pas attendre. S’il sent que la relation glisse, qu’il s’aime de moins en moins, qu’il a le sentiment de toujours mal faire, qu’il aille consulter un psy pour comprendre s’il y a un problème de maltraitance psychologique.

Le discours commun à toutes les victimes, c’est qu’elles n’ont pas écouté leur intuition et s’en sont remises à l’auteur de violence. VERIFIEZ, il y a aussi ce petit enfant au milieu.

Image : http://www.yvelines.fr/2012/10/05/le-dialogue-pour-resoudre-les-conflits/

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Published by Elodie CINGAL - dans Mauvais traitement
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